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11 maladies déclenchées par un déséquilibre de la flore intestinale

L’impact sur la santé des milliards d’organismes microscopiques du microbiome (ou flore intestinale) est de mieux en mieux déchiffré par les scientifiques. Voici le rôle nocif joué par les bactéries intestinales (ou bactéries entériques) dans plusieurs maladies.

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Les bactéries intestinales peuvent provoquer une infection au C. difficile.

Infection à la bactérie Clostridium difficile (C. difficile)

L’exemple classique d’une maladie provoquée par le microbiome intestinal (environnement bactérien du système digestif) est l’infection au C. difficile. Cette bactérie provoque la diarrhée, des crampes abdominales, de la fièvre, et dans les cas graves, une insuffisance rénale.

«Elle peut se produire au moment de la prise d’antibiotiques puissants qui éliminent la flore intestinale normale», explique le Dr Purna Kashyap, gastroentérologue et co-directeur des études sur le microbiome à la Clinique Mayo. «La perturbation du microbiome causée par des antibiotiques ou une hospitalisation disperse et supprime certaines bactéries. La perte de cette diversité bactérienne crée un vide que les bactéries pathogènes opportunistes, tel le C. difficile, envahissent.»

L’utilisation d’autres types d’antibiotiques pour combattre l’infection a récemment fait place à une approche avant-gardiste en bactériothérapie fécale. Elle consiste à transplanter des selles de donneurs sains dans le côlon d’un patient atteint de la bactérie C. difficile, avec un taux de réussite de 90%, selon la Clinique Mayo. «On peut ainsi combler toutes les zones intestinales désertées et ciblées par la bactérie C. difficile en créant un microbiome sain qui la repousse.»

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Les bactéries intestinales peuvent s'attaquer au côlon.Africa Studio/Shutterstock

Cancer du côlon

Des scientifiques ont découvert que les toxines produites par deux types de bactéries, E. coli et B. fragilis, s’aggloméraient dans le côlon pour attaquer l’ADN, selon un article du New York Times. Dans une étude publiée en 2018 dans la revue Science, les chercheurs qui ont fait cette découverte estiment qu’elle pourrait permettre, à court terme, de créer un test de dépistage des patients à risque de faire un cancer du côlon, et éventuellement d’élaborer un vaccin contre celui-ci.

D’après le Dr Kashyap, une meilleure connaissance du microbiome pourrait être très utile à l’avenir pour détecter et éventuellement prévenir les maladies. «Cela pourrait devenir un des paramètres à surveiller chez les patients», souligne-t-il.

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Les bactéries intestinales tiennent un rôle dans le syndrome du côlon irritable.PannrayS/Shutterstock

Syndrome du côlon irritable (SCI)

Ce trouble digestif chronique peut causer des douleurs et malaises abdominaux violents, ainsi que la diarrhée ou la constipation. La cause n’est malheureusement pas connue des chercheurs, ce qui rend incertain un traitement autre que le contrôle des aliments déclencheurs et le contrôle du stress.

Le Dr Kashyap explique que le microbiome tient un rôle extrêmement important dans la vitesse d’expulsion intestinale des éléments digérés, une des causes majeures du SCI. Le défi consiste à identifier quelle est la bactérie en amont du problème. «On commence à regarder au-delà de la seule composition du microbiome. On s’est mis à étudier le fonctionnement des bactéries, pour évaluer à quel point elles peuvent provoquer ou perpétuer ce syndrome.»

Le jeûne serait un moyen curatif potentiel. Dans une étude, les chercheurs ont supervisé 58 patients souffrant de SCI, répartis en deux groupes. L’un des deux groupes a pris des médicaments et suivi une psychothérapie pour réduire les symptômes du SCI. L’autre a jeûné pendant 10 jours en ne buvant que de l’eau. Le deuxième groupe a réussi à améliorer sept des dix symptômes visés.

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Les bactéries intestinales joueraient un rôle dans les maladies inflammatoires de l'intestin.aslysun/Shutterstock

Maladies inflammatoires de l’intestin (MII)

Les deux MII les plus courantes sont la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, qui sont toutes deux graves. Ces inflammations chroniques peuvent même être fatales au moment des crises. Elles sont partiellement héréditaires, mais leur origine demeure essentiellement inconnue.

Le Dr Kashyap souligne le rôle important du microbiome: «On a découvert que les gens qui en souffraient présentaient une composition microbienne particulière de leur flore intestinale. Leurs bactéries intestinales produiraient des substances qui favorisent l’inflammation; celles-ci pourraient entrer en interaction avec le système immunitaire pour déclencher l’inflammation. Il est certain que les microbes détiennent une infinité de moyens pour affecter leur hôte.»

Les chercheurs ont tenté de traiter des patients par greffe fécale (qu’on nomme aussi transplantation fécale ou bactériothérapie fécale, sans le succès obtenu avec l’infection au C. difficile). Le Dr Kashyap se dit optimiste sur le nouvel intérêt porté aux choix de greffes dans le traitement de l’inflammation. Selon lui, les médecins devraient se concentrer davantage sur les types de bactéries en jeu. «Le choix du donneur peut être déterminant pour les patients atteints de MII. Il faut peut-être répéter la procédure, ou changer de formulation.»

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Les bactéries intestinales peuvent impacter la sclérose en plaques.Halfpoint/Shutterstock

Sclérose en plaques (SP)

L’impact des bactéries intestinales pourrait dépasser le système digestif. Les chercheurs découvrent que le microbiome peut activer de façon inappropriée le système immunitaire ailleurs dans l’organisme. La sclérose en plaques (SP), qui s’accompagne de symptômes de tremblements, de fatigue et de problèmes cognitifs, survient lorsque le système immunitaire attaque la gaine de myéline des neurones.

Une étude faite en 2017 a découvert la présence récurrente de deux types de bactéries chez les gens atteints de SP, dont les souches peuvent causer des modifications cellulaires dans un sang sain. Le risque d’une réaction auto-immunitaire dangereuse est alors plus élevé, selon STAT News.

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Les bactéries intestinales peuvent impacter la polyarthrite rhumatoïde.Suphaksorn Thongwongboot/Shutterstock

Polyarthrite rhumatoïde (PR)

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une autre maladie auto-immune qui s’attaque principalement aux articulations, ainsi qu’à la peau, aux yeux, aux poumons, au cœur et aux vaisseaux sanguins. Deux études récentes se sont penchées sur le rôle du microbiome dans cette maladie. La première a décelé une présence plus fréquente chez les patients de bactéries intestinales rares. Dans la seconde, on a greffé une souche saine de bactéries sur des souris atteintes de PR, dont les symptômes ont régressé. Bien que les chercheurs ne comprennent pas bien la raison de cet impact positif, il semble acquis que le microbiome stimule le système immunitaire à attaquer toute menace à l’organisme.

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Les bactéries intestinales peuvent impacter les allergies.Amelia Fox/Shutterstock

Allergie

L’allergie est une des réactions du système immunitaire les plus courantes au pollen, aux aliments et à d’autres substances. Elle déclenche des troubles respiratoires, des réactions cutanées, de l’urticaire et d’autres symptômes. Selon des chercheurs, elle serait le résultat d’un mode de vie aseptisé inapproprié au développement immunitaire.

En effet, de nombreux enfants restent confinés à la maison, dans d’excellentes conditions de propreté: comme ils ne sont pas mis en contact avec des souches bactériennes variées, leur mécanisme de défense réagit avec excès aux microbes.

Des études récentes notent une relation complexe entre le microbiome et les microbes environnementaux. «Le mode de vie, l’environnement, l’urbanisation, l’alimentation et les antibiotiques ont un impact majeur sur le microbiome humain qui entraîne la défaillance de l’immunotolérance et accentue le risque d’allergies», selon cet article.

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Les bactéries intestinales peuvent favoriser l'obésité.eakasarn/Shutterstock

Obésité

Les chercheurs considèrent que l’obésité est un trouble métabolique. Ils cherchent à comprendre comment le microbiome peut favoriser un gain de poids. «Le lien le plus évident est celui du mode de digestion», souligne le Dr Kashyap. Certaines souches bactériennes récoltent plus de calories alimentaires que d’autres. Selon lui, cette énergie supplémentaire n’est probablement pas un vecteur majeur d’obésité. Par contre, d’autres bactéries gastro-intestinales sécréteraient des hormones qui augmentent la faim. «Il faut comprendre que les bactéries sont des éléments actifs de l’organisme.»

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Les bactéries intestinales peuvent impacter le diabète.Syda Productions/Shutterstock

Diabète

Les diabétiques ont un problème de production d’insuline – l’hormone responsable de la métabolisation du sucre. Les chercheurs leur recommandent de consommer beaucoup de fibres pour améliorer leur état de santé. Selon une étude récente, les fibres nourriraient les bactéries intestinales qui ont un effet sur le taux d’insuline, explique STAT News.

Les fibres sont aussi bénéfiques pour les non-diabétiques pour leur effet générateur de « bonnes » bactéries intestinales. «Mon conseil absolu après 10 années de recherche est de toujours penser à manger des fibres, conseille le Dr Kashyap. On parle des fibres alimentaires qui garantissent la diversité essentielle du microbiome.»

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Les bactéries intestinales peuvent impacter les maladies cardiovasculaires.VILevi/Shutterstock

Maladies cardiovasculaires

Ces maladies qui englobent le cœur et la circulation sanguine comprennent l’athérosclérose (accumulation de plaques), l’artériosclérose (calcification des artères) et la sténose valvulaire (rétrécissement par maladie inflammatoire), qui peuvent mener à un infarctus ou à un AVC.

Les études d’impact du microbiome sur ces maladies révèlent l’existence de certaines bactéries excrétant des substances chimiques qui nuisent à la capacité pour l’organisme d’éliminer le cholestérol, selon le magazine Atlantic.

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Les bactéries intestinales peuvent impacter la santé mentale.Marjan Apostolovic/Shutterstock

Santé mentale

«Certaines substances chimiques générées par les bactéries intestinales agissent comme des neurotransmetteurs capables d’envoyer des messages à travers le système nerveux», souligne le Dr Kashyap. Elles peuvent entrer en interaction avec le cerveau, entraînant une augmentation de l’anxiété et d’autres troubles mentaux.

La revue Scientific American rapporte le succès d’injections de souches bactériennes saines à des souris présentant des symptômes de dépression, d’anxiété et même d’autisme. Les chercheurs souhaitent pouvoir obtenir bientôt des résultats comparables chez les humains.

Adoptez dès maintenant ces habitudes pour garder votre cerveau en santé.

Contenu original Reader's Digest