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6 mythes sur la santé: vrais ou faux?

Les mythes sur la santé abondent et il est souvent difficile de différencier le vrai du faux. Découvrez six théories de plus en plus admises dans la sphère médicale.

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Mythe sur la santé : existe-t-il un lien entre inflammation et dépression?amphotora/iStock

Inflammation et dépression: mythe ou réalité?

Ces 50 dernières années, les psychiatres admettaient généralement que dépression et déséquilibre chimique cérébral, tel un déficit de sérotonine (« hormone du bonheur »), allaient de pair.

Mais cela n’expliquait pas la hausse constante de la dépression. Les cas ont plus que doublé entre 1991 et 2001, pour passer de 3,3 % à 7 % d’adultes touchés. Aujourd’hui, environ 10 % des Américains en souffrent. Là intervient la théorie de l’inflammation : après blessure ou exposition à des microbes pathogènes, le système immunitaire produit des cytokines, substances chimiques qui combattent l’inflammation et réparent les dégâts. Des spécialistes croient aujourd’hui que l’exposition chronique aux cytokines, à la suite d’une inflammation due au stress, à l’alimentation ou à des toxines environnementales, diminue la sérotonine et contribue à la dépression, explique le Dr Charles Raison, professeur à l’Université de l’Arizona.

Les scientifiques avaient déjà fait ce rapprochement dans les années 1980, en injectant des bactéries inflammatoires à des animaux qui avaient alors montré des signes de dépression : léthargie, perte d’appétit et isolement social. Des études ultérieures dirigées par le Dr Raison ont découvert chez les personnes déprimées des taux plus élevés de substances chimiques inflammatoires, telle la protéine C réactive. Intriguée, l’équipe du Dr Raison a donné de l’infliximab (un anti-inflammatoire contre les maladies auto-immunes) à des sujets souffrant de dépression grave ; ceux avec des taux élevés de protéine C réactive ont rapporté une plus grande amélioration de leurs symptômes de dépression que les autres.

L’inflammation n’est sans doute pas la cause primaire de la dépression, mais les spécialistes croient de plus en plus qu’elle peut la prolonger ou l’aggraver. Des anti-inflammatoires pourraient grandement influer sur l’humeur des patients dépressifs atteints d’inflammation. Ces 9 habitudes augmentent votre risque de dépression.

En pratique

Un mode de vie favorisant le bien-être émotionnel (alimentation saine, exercice, sommeil suffisant) réduit aussi le risque d’inflammation, et donc de dépression. Selon une étude espagnole sur plus de 10 000 sujets d’âge mûr, une alimentation riche en produits transformés double les risques de dépression par rapport à une alimentation méditerranéenne (riche en poisson, fruits et légumes, noix et graisses mono-insaturées comme celles de l’huile d’olive). Des exercices, comme la respiration profonde, la méditation en mouvement ou le yoga peuvent aussi réduire le risque d’inflammation. Selon une étude de 2013 de chercheurs de l’Université du Wisconsin à Madison, ces activités contribuent à atténuer l’inflammation causée par le stress chez les individus souffrant d’une maladie inflammatoire telle l’arthrite rhumatoïde ou l’asthme.

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Mythe sur la santé : existe-t-il un lien entre césariennes et problèmes de gluten?jonathansloane/iStock

Césariennes et problèmes de gluten: mythe ou réalité?


Des études démontrent un lien surprenant entre les bébés nés par césarienne, la maladie cœliaque et les allergies.

« La césarienne est une chirurgie en environnement stérile, explique Christine Johnson, épidémiologiste aux centres de santé Henry Ford à Detroit, alors qu’un bébé né par voie vaginale est exposé à d’innombrables bactéries pendant l’accouchement. Nous pensons aujourd’hui que cette exposition précoce aux bactéries est cruciale pour le système immunitaire. »

Selon une étude qu’elle a menée en 2013, les bébés nés par césarienne sont cinq fois plus enclins à certaines allergies s’ils sont exposés à des allergènes durant leur première année de vie. De même, selon une étude allemande, sur près de 2 000 enfants, les bébés nés par césarienne ont environ 80 % plus de risques de développer la maladie cœliaque, un trouble digestif lié à la consommation de gluten, une protéine présente dans le blé, le seigle et l’orge.

Ces résultats concordent avec l’hypothèse selon laquelle une non-exposition aux bactéries durant la petite enfance augmente la sensibilité allergique. « Sur le plan évolutionnaire, nos corps sont faits pour combattre l’infection », dit le Dr Todd Mahr, allergologue pédiatrique au centre médical Gunderson Lutheran à La Crosse, dans le Wisconsin, et porte-parole de l’American Academy of Pediatrics (AAP). « Un système immunitaire exposé de façon limitée aux germes et infections tend à réagir aux acariens, à certains aliments ou aux squames animales. »

En pratique
Évitez les césariennes de convenance mais, si vous devez en subir une pour des raisons médicales, tout n’est pas perdu. Selon plusieurs études, l’allaitement protège de la maladie cœliaque et des allergies. Demandez conseil à votre pédiatre sur l’addition d’aliments solides à la diète de votre bébé. Les dernières recherches démontrent que l’introduction progressive de gluten à partir de quatre mois plutôt que de six réduit nettement l’incidence de la maladie cœliaque, selon une étude suédoise publiée plus tôt cette année.

Un bémol : l’AAP déconseille de donner des aliments solides avant l’âge de quatre mois.

Consultez aussi la liste de ces 14 actes médicaux risqués qui comportent des dangers pour la santé.

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Mythe sur la santé : existe-t-il un lien entre un virus et l'obésité?Elena Nichizhenova/Shutterstock

Virus et obésité: mythe ou réalité?


Nik Dhurandhar, chercheur spécialisé en obésité, a eu cette idée il y a 25 ans, lors d’un dîner mondain à Mumbai, en Inde. « Un vétérinaire, vieil ami de la famille, parlait de milliers de poulets victimes d’un virus mais qui avaient beaucoup grossi. Je me suis dit : « Pourtant la logique voudrait plutôt qu’un poulet mourant perde du poids. » J’ai commencé à m’interroger. Était-il possible que les deux maladies soient liées ? »

Nik Dhurandhar a poursuivi l’étude du phénomène. Il a vite compris que les animaux infectés par le virus du rhume AD-36 prenaient du poids. En testant sa théorie sur plus de 500 personnes, il a découvert que 30 % des sujets obèses, contre seulement 11 % des sujets minces, avaient été exposés au virus AD-36. Depuis, des études de suivi menées par d’autres chercheurs ont donné des résultats similaires.

« Nous pensons que le virus infecte les cellules graisseuses, provoque leur division et accélère leur croissance », explique-t-il. Point positif, le virus semble améliorer les taux de cholestérol et de sucre dans le sang. « Le corps produit plus de cellules graisseuses, il y a donc moins de gras dans le foie et le sang », précise-t-il. Cela expliquerait pourquoi certains obèses sont moins enclins aux maladies cardiaques ou au diabète que leurs homologues plus minces. Le chercheur reconnaît que le virus n’est pas la seule cause de l’obésité, mais il expliquerait pourquoi certaines personnes peinent à perdre du poids. « Avoir le virus de l’obésité ne signifie pas qu’il est impossible de maigrir, juste qu’il faudra faire bien plus d’efforts », ajoute-t-il. Voici un mythe sur l’obésité auquel vous devez cesser de croire.

En pratique

Dans la prochaine décennie, les chercheurs espèrent avoir un vaccin contre l’obésité et immuniser les gens contre le AD-36. (Ils travaillent aussi à identifier d’autres virus liés à l’obésité humaine.) Il n’y a cependant aucune raison de se faire dépister pour ce virus : comme environ la moitié des obèses ne l’ont pas, il est clair que d’autres facteurs, par exemple le style de vie et la génétique, jouent un rôle plus important.

Apprenez-en plus sur l’obésité en 15 faits.

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Mythe sur la santé : existe-t-il un lien entre les rides et la fragilité osseuse?Ruslan Guzov/Shutterstock

Rides et fragilité osseuse: mythe ou réalité?


Selon la Fondation nationale de l’ostéoporose américaine, la fragilité osseuse de près d’une femme de plus de 50 ans sur deux est liée à cette maladie, mais le dépistage n’est pas systématique pour les femmes ménopausées à risque. La peau pourrait-elle être un indicateur d’ostéoporose ? En étudiant 100 femmes d’environ 50 ans en début de ménopause, des chercheurs de l’Université Yale ont découvert une corrélation entre nombre et profondeur de rides et faiblesse de densité osseuse, surtout au niveau des hanches et de la colonne. Découvrez ce que les rides du visage essaient de vous dire.

Les os et la peau contiennent tous deux des protéines de collagène, dont le nombre diminue avec l’âge, indique Lubna Pal, signataire de l’étude et responsable des recherches sur le syndrome des ovaires polykystiques à l’école de médecine de l’Université Yale. Elle s’y est intéressée il y a sept ans, quand elle a présenté une étude liant la réserve ovarienne (stockage d’ovules) et la densité osseuse. « Nombre de mes patientes approchaient de la ménopause et se plaignaient des changements affectant leur peau et leurs cheveux, explique-t-elle. Je me suis alors demandé si cela se répercutait à l’intérieur du corps : les collagènes dermique et osseux étaient-ils également touchés ? »

Pas de panique, cependant, si votre visage est très marqué. Lubna Pal précise que d’autres études sur le long terme sont nécessaires pour pleinement comprendre le lien entre rides et fractures. D’autres facteurs importants, comme l’exposition au soleil et la génétique, affectent l’état de votre peau, avertit Felicia Cosman, porte-parole de la Fondation nationale de l’ostéoporose américaine. Une scintigraphie osseuse n’est peut-être pas nécessaire.

En pratique

Si, à la ménopause, vous avez aussi une flopée de rides, demandez à votre médecin traitant si une ostéodensitométrie de base serait utile, surtout si vous présentez d’autres facteurs de risque : antécédents familiaux d’ostéoporose, surpoids, tabagisme, consommation excessive d’alcool (plus de deux verres par jour). Assurez-vous de connaitre ces 15 signaux annonciateurs de la ménopause.

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Mythe sur la santé : l'électricité rend-elle malade?Kanashkin Evgeniy/Shutterstock

Électricité, maladie et prise de poids: mythe ou réalité?


L’électricité nous permet de rester devant nos portables ou consoles de jeu jusqu’au petit matin mais, selon une étude britannique publiée l’an dernier dans le journal Bioessays, elle pourrait avoir une incidence importante sur notre santé et notre tour de taille. « Des millénaires durant, on s’est levé à l’aube et on a travailé surtout le jour. La nuit, il y avait peu à faire à part dormir », explique Cathy Wyse, responsable de l’étude et chercheuse universitaire à l’école des sciences biologiques de l’Université d’Aberdeen, en Écosse.

« Puis, au siècle dernier, on a commencé à dépendre de l’électricité et à se coucher tard, à contrepied du rythme circadien naturel, entraînant un déséquilibre hormonal, notamment au niveau de la mélatonine, de l’insuline et du cortisol. » Selon d’autres spécialistes, tout porte à croire que les taux de cancer du sein, maladie cardiaque et diabète sont plus élevés chez les travailleurs postés. Adoptez la tendance du sommeil sain pour une meilleure santé.

Mme Wyse a entrevu ce rapprochement entre électricité et santé dès 2005, en étudiant les effets du décalage horaire sur la performance des chevaux de course. Mais ce n’est que quelques années après qu’elle a découvert qu’une variation de la durée d’exposition à la lumière et à l’obscurité jouait sur la prise de poids de souris et réduisait leur espérance de vie. « Je me souviens d’avoir cru faire une erreur car les résultats étaient très homogènes, dit-elle. Mais j’ai obtenu les mêmes en répétant l’expérience sur d’autres animaux. » Une étude antérieure semble conforter cette théorie : s’éloigner de l’équateur, où jour et nuit sont immuables, pour aller vers le nord et des latitudes avec des fluctuations plus importantes augmenterait le risque de prise de poids.

En pratique

L’électricité ne disparaîtra pas, mais avoir un horaire de sommeil stable peut en limiter les effets sur la santé : couchez-vous et levez-vous à la même heure en semaine et les week-ends. Une étude de 2012 de l’Université de Munich a démontré qu’un horaire irrégulier augmentait le risque de prise de poids. Pour réduire au minimum les sources lumineuses dans votre chambre, couvrez vos réveils ou vos téléphones. Limitez aussi l’utilisation de la télé et de l’ordinateur le soir.

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Mythe sur la santé : existe-t-il un lien entre herpès et l'Alzheimer?ESB Professional/Shutterstock

Herpès et alzheimer: mythe ou réalité?


Ce petit bouton de fièvre pourrait-il être responsable de la destruction de votre mémoire ? Cela semble incroyable, mais les recherches menées depuis 20 ans suggèrent un lien entre le virus de l’herpès simplex (HSV-1) et la maladie d’Alzheimer. Ruth Itzhaki, neurobiologiste à l’Université de Manchester, au Royaume-Uni, s’est penchée sur cette théorie après avoir appris qu’une infection relativement rare appelée l’encéphalite de l’herpès touchait les mêmes zones du cerveau que l’alzheimer. Mme Itzhaki a poussé plus loin ses recherches sur le HSV-1. (Jusqu’à 90 % des Américains de plus de 50 ans y ont été exposés.)

En pratiquant des autopsies, la neurobiologiste a vu que le HSV-1 était présent dans le cerveau de près de 75 % des personnes âgées, y compris des patients atteints d’alzheimer, alors que des individus morts plus jeunes d’autres causes n’avaient aucune trace du virus. D’autres études ont révélé un lien similaire. Celle du centre médical de l’Université de Columbia, publiée ce printemps, a montré un lien entre le taux de HSV-1 dans le sang et le déclin cognitif de personnes âgées. Ruth Itzhaki veut à présent étudier l’effet de médicaments antiviraux prophylactiques oraux (tel le Valtrex) sur la progression de l’alzheimer.

Ces résultats sont frappants, mais avoir des boutons de fièvre ne vous condamne pas nécessairement à l’alzheimer. Toutefois, les porteurs du virus ayant d’autres facteurs de risque pourraient être sujets à la démence. Par exemple, selon les travaux de Mme Itzhaki, avoir à la fois le HSV-1 et le gène APOE, déjà lié à l’alzheimer, accroît le risque de développer cette maladie cérébrale.

En pratique

Près de 90 % de la population a été exposée au HSV-1 mais seuls 33 % des adultes de plus de 85 ans développent la maladie d’Alzheimer. Il est donc clair que le virus n’est qu’un des nombreux facteurs de risque accru. En attendant d’autres résultats, il vaut mieux tabler sur un mode de vie axé sur le maintien d’un poids santé et l’exercice régulier pour réduire les risques. Selon une étude de 2012 du centre médical de l’Université Rush de Chicago, plus l’activité physique est importante, moins les risques de développer l’alzheimer sont élevés. Adoptez ces 36 habitudes pour réduire votre risque d’Alzheimer.