Diabète de type 2

Environ deux millions de Canadiens souffrent d’une forme ou d’une autre de diabète, maladie qui se caractérise par une glycémie (taux de glucose sanguin) élevée. Quand on mange, l’organisme transforme les glucides en glucose qui est évacué du sang vers les cellules par l’insuline, hormone secrétée par le pancréas. Or, lorsqu’on souffre d’un trouble insulinique, le glucose reste dans le sang et les cellules sont ainsi privées de leur carburant. Il en résulte une glycémie élevée.

Diabète de type 2

Ce qu’est le diabète de type 2

Le diabète de type 2 est la forme la plus commune de diabète apparaissant à l’âge adulte; on le traite avec des médicaments mais aussi en surveillant étroitement son alimentation et son poids. Il survient lorsque l’organisme ne produit pas suffisamment d’insuline et que les cellules ne répondent plus à l’insuline qu’il produit. C’est le pancréas, organe situé à l’arrière de l’abdomen, qui secrète l’insuline, hormone intervenant dans l’utilisation du sucre (glucose) par l’organisme. Quand on manque de cette hormone, le glucose s’accumule dans le sang au lieu de nourrir les cellules. La glycémie est alors trop élevée, ce qui entraîne de nombreuses complications. S’il n’est pas traité, le diabète peut causer des lésions aux yeux, aux reins, aux nerfs et aux vaisseaux sanguins. De fait, les diabétiques courent deux à quatre fois plus de risques que les non diabétiques de subir un ACV ou de souffrir de cardiopathie. Près de 50% des diabétiques ont des problèmes neurologiques pouvant mener à l’amputation d’un pied ou d’une jambe. Au Canada, le diabète est la septième cause de décès par maladie.

Personnes à risque de diabète de type 2

On attribue deux causes principales à ce diabète. La première est génétique: si vous avez des antécédents familiaux, vous êtes plus susceptible d’en souffrir. La seconde est liée au mode de vie: à la longue, les mauvaises habitudes alimentaires et un excès de poids provoquent un déséquilibre du système de régulation du glucose dans l’organisme. Le diabète de type 2 est en cause dans 90 à 95% de tous les cas de diabète.

Traitement du diabète de type 2

Le diabète de type 2 est une maladie grave mais vous pouvez en atténuer sensiblement les effets néfastes si vous la prenez en charge. En étant proactif, vous pourriez même diminuer, voire arrêter, votre médication et limiter considérablement les complications. Votre objectif, au quotidien, sera de maintenir votre glycémie dans des limites normales et d’améliorer la capacité de votre organisme à utiliser l’insuline. De nombreuses personnes visent à un contrôle serré de leur glycémie, prenant tous les moyens nécessaires (alimentation, médicaments, mesures fréquentes de la glycémie) pour éviter qu’elle ne fluctue trop. Manger mieux, faire régulièrement de l’exercice et perdre du poids sont des stratégies très efficaces pour soigner ce diabète. Cependant, vous devrez probablement prendre des médicaments antidiabétiques par voie orale, à moins que vous fassiez partie des 40% de ceux qui ont besoin d’injections d’insuline.

Il est important que vous consultiez votre médecin régulièrement (au moins quatre fois par année, sans compter les visites aux spécialistes) et que vous fassiez appel aux services d’une équipe de professionnels qui vous aidera à mettre au point un plan d’action. Comme le diabète touche l’ensemble de l’organisme, il est important d’être à l’affût des complications possibles et de prendre les mesures préventives qui s’imposent. Pour amoindrir certains risques qui y sont associés, vous devrez peut-être prendre des médicaments pour le coeur et la pression artérielle, ainsi que pour faire baisser votre taux de cholestérol; vos yeux, vos reins, vos nerfs et vos pieds auront peut-être aussi besoin de soins particuliers.

Médicaments contre le diabète de type 2

Les six principales familles de médicaments antidiabétiques oraux agissent par différents mécanismes et en divers endroits de l’organisme. Ils ont toutefois tous pour objectif une bonne maîtrise de la glycémie. Ils n’agissent que si le pancréas secrète toujours de l’insuline. On les prescrit seuls, en association ou jumelés à l’insuline. Le médecin ne recommandera les injections d’insuline que si les médicaments oraux perdent de leur efficacité. 

Depuis plus de 30 ans, ce sont les sulfonylurées (Glucotrol, DiaBeta et autres) que l’on prescrit en premier lieu contre le diabète. En poussant l’organisme à secréter plus d’insuline, ils font baisser la glycémie. Cependant, ils provoquent l’hypoglycémie (faible taux de sucre sanguin), effet secondaire qui est loin d’être négligeable. À la longue, il se peut que la sulfonylurée que vous prenez ne fasse plus baisser suffisamment votre glycémie; vous devrez alors essayer autre chose.

La metformine sous forme orale (Glucophage) a pour effet d’augmenter la sensibilité de l’organisme à l’insuline (que ce soit celle que vous secrétez ou celle qui est administrée sous forme d’injection). Elle agit en diminuant la production et la libération du glucose par le foie et en augmentant son utilisation par les cellules musculaires. On l’administre soit seule, avant de prescrire une sulfonylurée, soit en association avec cette dernière afin d’accroître son effet hypoglycémiant. Malgré cela, le Glucophage ne provoque pas l’hypoglycémie. Par contre, vous pourriez perdre l’appétit et, par conséquent, maigrir. Ce médicament peut également causer de la diarrhée mais cet effet est temporaire.

Tout comme les sulfonylurées, les méglitinides (par exemple, le Prandin stimulent la sécrétion d’insuline par le pancréas. Elles agissent rapidement mais leur effet est de courte durée; il faut donc les prendre avant chaque repas. Elles ont toutefois comme principal effet indésirable de provoque l’hypoglycémie. D’autres médicaments doivent être pris en mangeant. C’est le cas des inhibiteurs de l’alpha-glucosidase (Precose, Glyset), qui retardent la digestion des glucides et du sucre raffiné, atténuant l’élévation de la glycémie qui se produit normalement après avoir mangé. Comme ils interfèrent avec la digestion, certaines personnes éprouvent de la flatulence et des ballonnements, mais cet effet disparaît généralement au bout de quelque temps. 

Relativement nouveaux et plutôt chers, les thiazolidinédiones (TZD), ou glitazones, activent certains gènes intervenant dans la synthèse et le métabolisme des gras, contrant ainsi la résistance des cellules musculaires à l’insuline.

Starlix, un nouveau médicament dérivé de la D-phénylalanine, stimule la libération d’insuline par le pancréas et, par conséquent, abaisse la glycémie. D’action rapide, il prévient l’élévation de la glycémie qui se produit après avoir mangé. Il présente peu de risque de provoquer l’hypoglycémie.

Changements dans le mode de vie

Pour garder le diabète sous contrôle, il est essentiel d’adopter un mode de vie sain. Une bonne alimentation et la perte de poids, le cas échéant, sont les éléments les plus importants, et les plus exigeants, à cet égard. Il est facile d’avaler des pilules, mais beaucoup plus difficile de changer des habitudes alimentaires déficientes, surtout lorsqu’elles existent depuis longtemps. Une diététicienne pourra vous aider à mettre au point un programme répondant à vos besoins. Malheureusement, plus de la moitié des diabétiques abandonnent le régime alimentaire qu’on leur a prescrit; en comptant sur la chance et les médicaments, ils risquent tôt ou tard de rencontrer de graves problèmes.

Le régime pour diabétiques se fonde sur les principes de l’alimentation saine, à laquelle il faut ajouter la restriction calorique. Les glucides devraient constituer 50% de votre apport calorique, les gras, 30% et les protéines, 20%. Lorsqu’on prend l’habitude d’un tel régime, on se rend compte que si tout le monde mangeait ainsi, il y aurait nettement moins d’obésité et de diabète. Sans compter qu’un tel programme alimentaire contribue à diminuer le risque de souffrir de cardiopathie et de cancer. Le véritable défi à relever, c’est de réduire les portions.

Si vous êtes en surpoids, la perte de quelques kilos contribuera à améliorer votre glycémie: il suffit de perdre l’équivalent de 10% de son poids corporel pour ralentir la progression du diabète. S’il est difficile pour vous de perdre du poids, vous pourriez vous inscrire à un groupe de soutien, par exemple Weight Watchers, et demander à votre médecin de vous informer sur les nouveaux médicaments amaigrissants, notamment le Meridia ou le Xénical. L’exercice régulier conjugué à la restriction calorique vous fera perdre du poids encore plus rapidement. Pour un diabétique, l’exercice offre un avantage supplémentaire: il contribue à augmenter la sensibilité des cellules à l’insuline et leur permet d’utiliser plus efficacement le glucose. Trois séances hebdomadaires d’une demi-heure chacune vous seront, certes, utiles, mais vous obtiendrez de meilleurs résultats en effectuant une séance d’exercices vigoureux tous les jours. Optez pour l’aérobique, par exemple le vélo, la natation ou la marche, plutôt que pour des exercices de musculation, comme les poids et haltères.

Arrêtez de fumer. Réunis, le diabète et le tabagisme exercent des effets tellement néfastes sur la circulation qu’ils peuvent mener à l’amputation des orteils ou d’un pied. Le diabète augmente considérablement le risque de durcissement des artères (artériosclérose) qui mène à la crise cardiaque, à un ACV et au rétrécissement des artères apportant le sang aux poumons. Ce sont là les principales causes de décès chez les diabétiques. On peut les prévenir en arrêtant de fumer et en maîtrisant son taux de cholestérol et sa pression artérielle.

Questions à poser à votre médecin

  • Aurai-je besoin un jour d’insuline?
  • Comment puis-je savoir si je commence à souffrir des complications du diabète?
  • Devrais-je viser une maîtrise très étroite de ma glycémie?
  • A quelle fréquence dois-je passer le test d’hémoglobine A1c?

 

Vivre avec le diabète de type 2

Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux prendre en charge votre diabète de type 2:

  • Passez des examens complets. En plus du bilan de santé classique, faites-vous examiner les yeux par un ophtalmologiste et les pieds par un podiatre. N’oubliez pas de vous faire vacciner contre la grippe et demandez à votre médecin si vous devez recevoir une autre vaccination contre la pneumonie.
  • Passez une analyse d’hémoglobine A1c. En principe, tous les deux ou trois mois, le médecin devrait vous en faire passer une afin de lui permettre de vérifier si votre glycémie est maîtrisée sur le long terme. Une note de 8 ou plus indique qu’elle ne l’est pas. Idéalement, elle devrait se situer en bas de 7. Si votre médecin ne vous a jamais parlé de cette analyse, vous devriez songer à en consulter un autre, plus compétent.
  • Donnez à vos pieds les meilleurs soins possibles. Portez des chaussures de qualité, bien ajustées à vos pieds. Vous éviterez ainsi de nombreux problèmes.
  • Mangez à heures régulières. De nombreux aliments sont transformés en glucose dans l’organisme; il est essentiel que votre glycémie soit la plus stable possible. Autant que possible, prenez vos repas et vos collations toujours aux mêmes heures. Surveillez vos portions, qui ne devraient être ni trop grosses ni trop petites, et ne sautez pas de repas.

 

Prévention du diabète de type 2

  • Mangez sainement. En règle générale, l’alimentation devrait être composée à moitié de glucides (particulièrement les glucides complexes qui sont riches en fibres) et à 10 à 20% de protéines (viande, soya, produits laitiers). Choisissez des aliments protéinés pauvres en gras, particulièrement en gras saturés; le poulet et les autres volailles, les légumineuses et les produits laitiers maigres entrent dans cette catégorie.
  • Mangez à heures fixes. Évitez de repousser ou de sauter un repas et ne cédez pas aux fringales, au risque de faire fluctuer exagérément votre glycémie.
  • Perdez vos kilos en trop. Au moins 80% des personnes qui souffrent du diabète de type 2 font de l’embonpoint. Même si vous n’atteignez pas votre poids idéal, une perte équivalent à 10% de votre masse corporelle peut contribuer de façon considérable à faire baisser votre glycémie.
  • Faites de l’exercice. Cela améliorera la sensibilité de votre organisme à l’insuline, contribuera à maintenir votre glycémie dans des valeurs normales et pourra vous aider à perdre du poids. Une marche rapide d’une heure par jour pourrait diminuer de moitié votre risque de souffrir du diabète.
  • Faites mesurer votre glycémie veineuse. Cette analyse sanguine devrait faire partie intégrale de vos examens. On peut même la passer peu de temps après avoir mangé. Si le résultat est de 11,1 mmol/l ou plus, vous pourriez souffrir de diabète; le médecin vous fera passer d’autres examens pour s’en assurer. Même si votre glycémie veineuse n’est pas suffisamment élevée pour que vous soyez considéré comme diabétique, vous devrez tout de même prendre certaines précautions dans l’un ou l’autre des cas suivants : si les résultats de votre glycémie à jeun (c’est-à-dire après huit heures de jeûne) sont de 6,1 à 6,9 mmol/l, ou si les résultats de votre test oral de tolérance au glucose de deux heures sont de plus de 7,0 mmol/l. Ces résultats indiquent que votre organisme utilise mal l’insuline ou n’en secrète pas assez, ce qui augmente votre risque de diabète, de cardiopathie et de mort précoce. Dans les deux cas, suivez le régime et faites les exercices qui sont recommandés aux diabétiques; ces mesures pourraient contribuer à prévenir l’apparition du diabète.
  • Prenez de la vitamine E. Des experts recommandent d’en prendre de 200 à 400 mg par jour.
  • Gérez votre stress. Le stress et les difficultés à faire face peuvent avoir pour effet d’élever votre glycémie.

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