Cancer de la peau

La peau est composée de nombreux types de cellules ‘ basales, squameuses, mélanocytes, etc., – qui se développent puis disparaissent avec le temps. Cependant, il arrive que leur développement soit anormal (c’est-à-dire qu’elles mutent) et qu’elles se multiplient de manière incontrôlée: c’est le cancer de la peau.

Cancer de la peau

Ce qu’est le cancer de la peau

La peau est composée de nombreux types de cellules ‘ basales, squameuses, mélanocytes, etc., – qui se développent puis disparaissent avec le temps. Cependant, il arrive que leur développement soit anormal (c’est-à-dire qu’elles mutent) et qu’elles se multiplient de manière incontrôlée: c’est le cancer de la peau. Les dommages résultant d’une trop grande exposition au soleil en sont la principale cause, bien que d’autres facteurs, par exemple le type de peau, l’hérédité et l’exposition aux polluants en provenance de l’environnement, interviennent également.

Le carcinome basocellulaire (ou basaliome) est la forme la plus fréquente de ce cancer. Il se produit dans la couche superficielle (ou épiderme) de la peau. Les cellules se réunissent en grappes et se répliquent, croissant lentement et formant de petites excroissances translucides et indolores. Elles apparaissent habituellement sur le visage, bien que toute partie du corps ayant été exposée au soleil soit vulnérable: oreilles, cou, dos, poitrine, bras, jambes. Il est rare que ce cancer se forme dans les couches plus profondes de la peau ou s’étende aux organes internes.

Le carcinome malpighien se forme également dans l’épiderme. Au stade précancéreux, il se présente sous forme de lésions portant le nom de «kératones actiniques ou séniles» (plus communément appelées «taches solaires»). Le carcinome malpighien peut d’abord se manifester sous forme de petites excroissances rougeâtres qui, à l’occasion, crèvent (s’ulcèrent). Il est relativement rare que ce cancer s’étende à d’autres parties du corps mais lorsque cela se produit, il peut être mortel. Le risque est plus élevé si les lésions apparaissent sur le pénis ou la vulve en conséquence d’une infection à certaines souches de condylomes.

Le mélanome malin est beaucoup moins fréquent mais nettement plus dangereux. Il prend naissance dans les mélanocytes. Ces cellules produisent de la mélanine, pigment qui donne leur couleur à la peau, aux cheveux et aux yeux, et qui se trouve en grande concentration dans les grains de beauté. Ce pigment joue un rôle primordiale puisque, en favorisant le bronzage de la peau, il la protège contre les effets dangereux du rayonnement ultraviolet. Les mélanocytes qui se multiplient trop rapidement et forment des taches irrégulières, de couleur brun clair à noir, signalent un problème. Cette transformation peut se produire sur le site d’un grain de beauté, sur la peau ou, plus rarement, dans un oeil ou sous les ongles. S’il n’est pas traité, le mélanome pénétrera dans les couches profondes de la peau et s’étendra éventuellement (c’est-à-dire qu’il métastasera) à des organes internes en empruntant le système lymphatique ou le système sanguin.

Traitement du cancer de la peau

Le traitement du cancer de la peau vise à mettre un frein au développement de la malignité. L’approche à laquelle aura recours votre médecin dépendra du type particulier de lésion dont vous souffrez. Pour la majorité des cas de carcinomes basocellulaire et malpighien qui ne se sont pas étendus, la stratégie est la même: détruire la lésion en la brûlant, la congelant ou la curetant. Ces interventions, qui ne sont habituellement pas douloureuses, sont pratiquées au bureau du médecin sous anesthésie locale.

Pour les carcinomes basocellulaire et malpighien qui se sont étendus, on a habituellement recours à des interventions non chirurgicales (médication, radiothérapie et autres). Pour décider du traitement approprié, votre médecin évaluera différents facteurs, par exemple le site de la lésion, sa profondeur et la rapidité à laquelle elle évolue. Avant de commencer le traitement, assurez-vous que le diagnostic de cancer de la peau que vous avez reçu a été confirmé par une biopsie, laquelle consiste en un analyse en laboratoire du tissu excisé.

Pour traiter un mélanome malin précoce (ou cancer localisé), on l’enlève par intervention chirurgicale. Vos chances de vous rétablir complètement sont excellentes: près de 95% des mélanomes malins superficiels sont guéris. Cependant, lorsque le cancer est plus profond (il suffit qu’il ait pénétré de quelques millimètres à peine dans vos ganglions), le traitement est complètement différent car il peut s’étendre rapidement et se révéler fatal. Bien que le mélanome ne compte que pour 4% des diagnostics de cancer de la peau, il est responsable de 80% des décès par ce cancer. L’intervention consiste d’abord à l’extraire mais on a également recours à la chimiothérapie ou à la radiothérapie afin de ralentir son développement et soulager le patient. Une fois que le mélanome s’est étendu, la guérison est rare; le dépistage précoce et l’extraction sont donc très importants.

Dans de très rares cas, le système immunitaire manifeste une telle résistance que le mélanome disparaît spontanément. Encouragés par ce phénomène, les chercheurs explorent actuellement le potentiel de l’immunothérapie médicamenteuse, des vaccins thérapeutiques et d’autres approches destinées à stimuler le système immunitaire des patients souffrant du mélanome malin. Les travaux préliminaires ayant porté sur ces nouveaux traitements, de même que sur leur innocuité, se révèlent très prometteurs.

Médicaments contre le cancer de la peau

Pour le carcinome basocellulaire, les crèmes d’ordonnance telles que le fluorouracil (Efudex, Fluoroplex) sont employées avec prudence car le cancer peut s’étendre sous la surface guérie de la peau. La crème à l’imiquimod (Aldara) suscite présentement un vif intérêt chez les chercheurs. Habituellement utilisée pour le traitement des condylomes, elle a fait l’objet d’études pilotes au cours desquelles elle a éliminé le carcinome basocellulaire superficiel chez près de 90% des patients.

Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des médicaments pour traiter les mélanomes de moins de 1,5 mm d’épaisseur, mais si le cancer s’est étendu, vous pourriez envisager la chimiothérapie afin de freiner la croissance de la tumeur et vous soulager. Gardez toutefois à l’esprit qu’aucun médicament ne peut guérir ce cancer et que tous provoquent des effets indésirables. Certains sont administrés par voie intraveineuse, d’autres par voie orale. La dacarbazine (DTIC) est couramment utilisée, bien que l’association de DTIC, de carmustine (BCNU), de cisplatine et de tamoxifène soit de plus en plus populaire. Partout dans le monde, les chercheurs expérimentent de nouvelles associations de médicaments.

Si votre mélanome en est à un stade avancé, vous pourriez explorer le champ de l’immunothérapie (qu’on appelle également thérapie biologique). Pour cette approche médicamenteuse, on a recours à l’interféron-alpha (Intron-A), l’interleukine-2 (IL-2) et le facteur onconécrosant-α (TNF). Ces substances chimiques naturellement présentes dans l’organisme sont produites en partie par les globules blancs. On les reproduit en laboratoire puis on les injecte sous forme de médicament afin d’inciter le système immunitaire à combattre le mélanome avec vigueur.

Dans les essais cliniques, on a obtenu une rémission à long terme (parfois pendant des années) chez environ 6% des patients qui prenaient l’Intron-A et l’IL-2, mais de nombreuses améliorations restent à apporter au traitement. L’agent le plus couramment utilisé, l’interféron-alpha, n’augmente la survie que de faon très modérée, sans compter qu’il peut être très toxique (plusieurs comparent ses effets à une poussée de grippe).

Des travaux expérimentaux associant l’immunothérapie et la vaccination antimélanome ont généré beaucoup d’enthousiasme. Contrairement au vaccin antigrippal, ces médicaments sont  administrés dans le but de prévenir non pas la maladie mais plutôt son aggravation. Le produit injecté contient des antigènes, fragments de mélanomes se comportant comme de petits drapeaux situés à la surface de la cellule qui signalent la présence d’envahisseurs étrangers. En bombardant l’organisme avec ces antigènes, on espère que le système immunitaire réagira en lançant sa propre attaque contre les mélanomes. Bien qu’il n’existe pas encore de vaccins homologués dans le commerce, le succès obtenu dans les essais cliniques suscite beaucoup d’intérêt pour cette approche thérapeutique.

Pour le traitement d’un mélanome qui s’est étendu ou est réapparu sur un bras ou une jambe, informez-vous sur la perfusion régionale en chimiothérapie anticancéreuse. Cette technique consiste  à infuser le médicament  dans la région touchée, protégeant le reste de l’organisme des effets toxiques de la chimiothérapie.

Changements dans le mode de vie

Évitez toute exposition aux rayons ultraviolets. Inspectez régulièrement votre peau afin d’y déceler les changements suspects et prévoyez régulièrement rencontrer un dermatologue pour passer un examen cutané.

En conclusion, le plus tôt un cancer de la peau est décelé, meilleures sont les chances de l’éliminer en laissant un minimum de cicatrices et, dans le cas du mélanome malin, de rester en vie.

Interventions pour le traitement du cancer de la peau

Quel que soit le type de cancer de la peau, le traitement auquel on aura recours dépendra de la biopsie et du diagnostic.

Carcinome basocellulaire. Une des approches les plus courantes est l’excision chirurgicale qui consiste à extraire la tumeur et à refermer la plaie au moyen de points de suture. L’analyse de laboratoire déterminera si les marges du tissu excisé sont exemptes de cellules cancéreuses. L’excision présente légèrement moins de risques de récurrence que la destruction du tissu.

Selon le type de lésion cancéreuse, votre médecin pourrait recommander un curetage et une électrodesiccation. Il s’agit d’enlever la tumeur avec une curette, instrument acéré en forme d’anneau. Puis, la base de la tumeur est cautérisée au moyen d’une baguette électrique. Comme le succès de cette intervention dépend entièrement de l’adresse du médecin, essayez d’en trouver un qui l’a pratiquée quelques centaines de fois. Il faut habituellement trois cycles de traitement pour la mener à bien. En conséquence de ce traitement, vous aurez probablement un large cicatrice pâle.

Pour les lésions de la tête et du cou, où les cicatrices peuvent constituer un véritable problème esthétique, la chirurgie micrographique de Mohs pourrait être votre meilleure solution. Elle convient également pour les cancers cutanés qui sont susceptibles de réapparaître (ou qui sont déjà réapparus) en dépit des traitements classiques, pour les lésions avec tissu cicatriciel sur marges non définies ainsi que pour les cancers qui évoluent très rapidement ou de manière incontrôlée. Inventée dans les années 1930 par le docteur Frederic E. Mohs, cette intervention consiste à enlever la tumeur graduellement, couche par couche. Chacune des séances effectuées par le médecin donne lieu à une analyse au microscope du tissu excisé. Le traitement se poursuit jusqu’à ce que l’analyse révèle qu’on a atteint une couche de tissu non cancéreuse. Cette intervention est celle qui présente le taux de succès le plus élevé et la perte de tissu la plus faible, avantage de taille en ce qui concerne les cancers cutanés du visage (paupières, lèvres, tempes, nez, oreilles). Son taux de succès pour les carcinomes basocellulaires est de 99%. Assurez-vous de trouver un dermatologue qui a reçu une formation spécialisée dans ce genre d’intervention chirurgicale.

Pour les petits carcinomes basocellulaires de la tête et du cou, la cryochirurgie est souvent indiquée. Elle consiste à appliquer de l’azote liquide sur la tumeur afin de la congeler et de détruire les cellules malignes. Au moment de la décongélation, le tissu détruit tombe. Vous éprouverez peut-être un peu de douleur et de l’enflure pendant un certain temps, et il se peut qu’il faille plus d’une séance pour en venir à bout. Une cicatrice blanche pourrait se former sur la région traitée. Quant à la thérapie au laser, elle consiste à concentrer un faisceau lumineux sur les cellules cancéreuses pour les enlever ou les détruire. On a recours à cette technique que pour les cancers de la peau très superficiels.

Stades avancés du carcinome basocellulaire. Si le carcinome basocellulaire s’est beaucoup développé et se révèle difficile à traiter, votre médecin pourrait recommander la radiothérapie. Certains médecins préfèrent l’administrer à la suite d’une intervention chirurgicale afin de s’assurer que toutes les cellules cancéreuses soient détruites. On y a recours un peu plus fréquemment pour le carcinome malpéghien car il comporte un bien plus grand risque de maladie grave à tous les stades.

Carcinome malpighien. Le traitement privilégié consiste en une simple excision au scalpel, bien que les petites lésions superficielles puissent être traitées avec succès au moyen du curetage et de l’électrodessication. On a également recours à la cryothérapie. Pour les lésions des lèvres, des oreilles, du nez ou des autres régions sensibles du visage, de même que les tumeurs et lésions qui sont réapparues, on a recours de préférence à la chirurgie micrographique de Mohs.  Bien qu’encore peu répandue, la thérapie photodynamique constitue un bon choix pour le traitement des carcinomes basocellulaires superficiels ou du carcinome malpighien. Le médecin applique, ou administre par voie orale, un produit chimique qui rend les cellules sensibles à une couleur spécifique de la lumière laser. Puis, il détruit les cellules cancéreuses au moyen du laser.

Mélanome malin. On l’excise par une intervention chirurgicale; par mesure de précaution, le chirurgien enlèvera au moins un centimètre de peau saine tout autour de la tumeur. Cette pratique vise à prévenir le développement des cellules cancéreuses qui pourraient subsister. Si on vous a enlevé un mélanome relativement superficiel, la plaie mettra une ou deux semaines à guérir. Évitez les exercices vigoureux durant cette période afin de favoriser la guérison de la plaie.

S’il existe la moindre possibilité qu’un mélanome malin se soit étendu à des ganglions lymphatiques, le chirurgien enlèvera ces derniers pour les examiner. Leur ablation pourrait contribuer à freiner la propagation du cancer dans le système lymphatique. S’il s’est déjà propagé, elle pourrait permettre de soulager votre douleur et d’accroître vos chances de survie. Quant à la radiothérapie, elle peut soulager les malaises causés par un mélanome métastasique mais elle ne le détruira pas.

Questions à poser à votre médecin

  • Quel est le meilleur facteur de protection solaire pour mon type de peau?
  • Compte tenu de mes antécédents, à quelle fréquence devrais-je me faire examiner par un dermatologue?
  • Quelles sont les chances que j’aie reçu un mauvais diagnostic de mélanome?

Vivre avec le cancer de la peau

Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux prendre en charge votre cancer de la peau:

  • Insistez pour obtenir un rendez-vous. Si vous découvrez quoi que ce soit de suspect sur votre peau, faites-vous examiner sans attendre et, au besoin, faites enlever la tumeur. Autant que possible, consultez un dermatologue spécialisé dans le type de cancer dont vous souffrez.
  • Renoncez au salon de bronzage et aux lampes solaires. Ni l’un ni les autres sont inoffensifs. On a découvert, lors d’une étude récente, que les personnes qui utilisaient un dispositif de bronzage, quel qu’il soit, couraient 2,5% plus de risque de souffrir du carcinome malpéghien et 1,5 fois plus de risques de souffrir du carcinome basocellulaire.
  • Demandez de l’aide. Un diagnostic de cancer de la peau, particulièrement de mélanome malin, peut être terrifiant. Parlez ouvertement avec votre médecin et demandez de l’aide à vos amis ou aux membres de votre famille, ou participez à un groupe de soutien. Pratiquez le yoga ou faites de l’exercice afin de mieux gérer votre stress.
  • Méfiez-vous de l’information présentée sur Internet. Dans une étude menée à l’université du Michigan, on a découvert que de nombreux sites populaires véhiculaient de l’information erronée sur le diagnostic et les divers traitements possibles du mélanome.
  • Si votre mélanome est à un stade avancé, demandez à participer à un essai clinique. C’est souvent une occasion unique de bénéficier des traitements les plus récents.
  • Faites du dépistage. Tous les mois, examinez votre peau, centimètre par centimètre, au moyen d’un miroir et demandez à quelqu’un d’autre d’examiner les endroits difficiles d’accès. Appelez sans délai votre médecin si vous observez des changements dans la forme, la couleur ou la taille d’une lésion. On a découvert lors d’une étude, que 57% des quelque 500 patients souffrant de mélanome avaient dépisté eux-mêmes leur cancer.
  • Conseillez aux membres de votre famille de passer régulièrement un test de dépistage du cancer de la peau, particulièrement si vous avez eu un mélanome, leur risque étant alors plus élevé.

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