À quoi ressemblent les 12 villes les plus polluées après la quarantaine

Los Angeles, New Delhi et Pékin ont une chose en commun: elles sont parmi les métropoles les plus polluées dans le monde. Avec des pans entiers de l’économie fermés et un tiers de la population mondiale confiné, les villes les plus polluées du monde ont un vent d’espoir. Ces mégapoles connaissent un ciel plus clair et respirent de l’air frais pour la première fois depuis des décennies.

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Les villes les plus polluées après la quarantaine.KENNY HUNG PHOTOGRAPHY/GETTY IMAGES

Un soupir de pollution

Les émissions automobiles et les usines provoquent un smog intense, qui occulte les gratte-ciels et les sites historiques dans des villes surpeuplées et industrielles. La pollution atmosphérique est responsable de millions de décès chaque année dans le monde. Le Clean Air Act, promulgué en 1963 et considérablement modifié en 1970, a nettement amélioré la qualité de l’air aux États-Unis au cours des cinquante dernières années. Avant le Clean Air Act, les fumées nocives des installations industrielles recouvraient le pays d’un air toxique aggravant les conditions d’asthme et d’emphysème. D’autres pays continuent de lutter contre le smog avec des restrictions sur les véhicules et des réglementations industrielles.

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Pékin, en Chine, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Pékin, Chine

Selon l’imagerie satellite de l’Agence spatiale européenne, des mesures strictes et des fermetures d’usines plus tôt cette année ont provoqué une «réduction spectaculaire des concentrations de dioxyde d’azote — celles libérées par les centrales électriques, les installations industrielles et les véhicules dans toutes les grandes villes chinoises», apportant un ciel clair à Pékin.

De plus, la campagne antipollution du président Xi Jinping qui a débuté en 2013, avec la fermeture des centrales au charbon à Pékin, a réduit de plus de moitié les niveaux de PM2,5 (matière connue pour causer des problèmes cardiovasculaires et respiratoires). Par contre, jusqu’à la pandémie de coronavirus, la pollution demeurait un problème important dans la capitale.

«La qualité de l’air à Pékin est devenue incroyable. Le ciel est clair depuis des semaines», lance David Roye, professeur de chirurgie orthopédique à l’Université Columbia. Il est arrivé à Pékin le 19 février 2020 afin de travailler dans son entreprise de technologie médicale, JuniperMD, où il est médecin-chef.

Lors de précédentes visites en Chine, il peinait à voir les montagnes à l’ouest de la ville. Maintenant, il peut les voir clairement de son appartement tous les matins.

«Au cours des 80 derniers jours, je n’ai connu aucun jour pollué à Pékin et c’est merveilleux d’être ici. Avant, je ne m’entraînais qu’au gymnase de l’hôtel, mais maintenant je cours, je marche dans les parcs, j’escalade: c’est donc une expérience totalement différente», explique le docteur Roye.

Retrouvez les villes les plus (et les moins) polluées du monde.

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New Delhi, en Inde, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

New Delhi, Inde

Les 21 millions d’habitants de New Delhi, la capitale la plus polluée du monde, bénéficient également d’un répit du smog constant qui emplit l’air de la ville. La capitale tentaculaire de l’Inde connaît la plus longue période d’air pur jamais enregistrée et une baisse de 60% de la pollution atmosphérique. Le pays à combustibles fossiles, avec une population de 1,3 milliard d’habitants, a mis en œuvre le plus grand arrêt mondial le 25 mars 2020 afin de freiner la propagation du coronavirus.

Dans une ville où les gens vérifient l’AQI (indice de qualité de l’air) avant de s’aventurer à l’extérieur, c’est une pause qui est plus que bienvenue. Avant la pandémie de COVID-19, la pollution des industries, de la construction, de l’agriculture et des véhicules a englouti la mégapole avec un niveau malsain de smog gris pendant des mois.

«La fameuse bannière rouge menaçante est partie! Celle qui indiquait comment chaque inspiration était une explosion toxique sur les poumons. Elle est remplacée par un vert sain et gai», a écrit The Guardian.

Pendant ce temps, les vaches errantes de Delhi profitent de routes sans voiture — voici ce que les animaux ont pu faire pendant la quarantaine.

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Los Angeles, aux États-Unis, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Los Angeles, Californie, États-Unis

La métropole du sud de la Californie est tristement célèbre pour son trafic sans fin et la brume brunâtre qui remplit la vallée, donnant à L.A. le surnom de «Smell-A». Cependant, Los Angeles a profité d’une longue période d’air pur en mars 2020 en raison du confinement imposé à la grandeur de l’État. Citant les conclusions d’IQAir, une société suisse de technologie de la qualité de l’air, CNN a rapporté: «Los Angeles a connu l’un des airs les plus purs de toutes les grandes villes du monde.»

Selon CNN, Yifang Zhu, professeure de sciences de la santé environnementale à la Fielding School of Public Health de l’UCLA, a constaté une «amélioration de 20% de la qualité globale de l’air en Californie du Sud», du 16 mars au 6 avril 2020. L’équipe du docteure Zhu a également confirmé une baisse de 40% des niveaux de PM2,5 en raison d’une réduction importante du trafic automobile.

Les résidents se réjouissent de voir un ciel clair. Sandy Stefan, qui vit dans le Grand Los Angeles depuis des décennies, dit: «La seule fois où j’ai conduit jusqu’à la côte ouest pour aller voir ma fille, je me suis sentie comme en 1978 lorsque j’ai aménagé ici – pas de voitures et une superbe vision.»

Theresa Christine, qui vit à East Hollywood, affirme que le smog a considérablement diminué. «Je peux voir une partie des collines d’Hollywood de ma cour, dont je ne savais même pas l’existence auparavant. Je ne l’avais jamais remarqué parce que la pollution était vraiment intense!»

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Dhaka, au Bangladesh, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Dhaka, Bangladesh

La capitale du Bangladesh est parmi les villes les plus polluées au monde, se classant au sommet de l’indice de qualité de l’air (IQA) d’IQAir. Le score de Dhaka est généralement compris entre 260 et 319.

Un score supérieur à 150 signifie que la qualité de l’air peut potentiellement causer des effets négatifs sur la santé des groupes plus vulnérables. Le 29 mars, pendant un bref instant, l’AQI se situait à 91, a rapporté le Daily Star.

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Jakarta, en Indonésie, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Jakarta, Indonésie

Jakarta se classe parmi les villes les plus polluées au monde aux côtés de Delhi et de Pékin. La situation y est tellement préoccupante, qu’un groupe de militants locaux, lassés de respirer de l’air nocif a poursuivi le gouvernement indonésien l’année dernière pour son inaction contre la pollution. En juin dernier, Jakarta a enregistré un score de 240 AQI. Les résidents ont commencé à publier des images de la ville enveloppée de smog avec le mot-clic #SetorFotoPolusi.

Le trafic intense, les centrales au charbon et la combustion des déchets sont quelques coupables du problème croissant de pollution de la ville. Selon le Jakarta Post, l’agence de l’environnement de Jakarta a signalé une légère amélioration de la qualité de l’air après la mise en place de restrictions pour le coronavirus fin mars 2020. Début mai, l’AQI de Jakarta ne dépassait pas le 150!

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São Paulo, au Brésil, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

São Paulo, Brésil

La ville la plus peuplée d’Amérique du Sud, São Paulo, subit des embouteillages et de lourdes conditions de smog depuis plusieurs années. Devenue l’épicentre des cas de coronavirus au pays, la ville a pris des mesures drastiques pour limiter la propagation. La voilà qui profite désormais des conséquences involontaires (mais très appréciées) d’un air plus pur.

Santiago Marrodán, un guide-touristique à São Paulo, s’est promené pour la première fois depuis des semaines et n’en croyait pas ses yeux. «L’air est plus pur et le ciel est plus bleu! Cela ne me semblait pas réel parce que j’étais enfin heureux d’aller à l’extérieur. La pollution a probablement diminué parce qu’il y a moins de voitures dans la rue que d’habitude.»

L’autoroute João Goulart du centre-ville, surnommée Minhocão (le gros ver) est idyllique sans son trafic habituel pare-chocs à pare-chocs. Selon le rapport COVID-19 sur la qualité de l’air d’IQAir, la ville a connu une réduction de 32% de la pollution atmosphérique entre le 23 mars et le 13 avril 2020.

Une autre ville du Brésil fait partie des villes les plus peuplées de la planète.

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Bogota, en Colombie, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Bogotá, Colombie

Avant l’épidémie de COVID-19, Bogotá fermait ses routes aux voitures le dimanche pour contrôler la pollution de l’air, encourageant ses résidents à utiliser des vélos et des motos. La capitale de la Colombie, située en hauteur dans les Andes, a été mise en quarantaine le 24 mars, interrompant la majeure partie du trafic.

Depuis, il y a deux différences notables, selon Nathan Falde, résident de la banlieue de Bogotá depuis quatre ans. «La première est l’odeur. L’air à Bogota sent généralement la pollution, bien qu’il ne semble pas toujours pollué visuellement. Aujourd’hui, l’air n’est pas sans odeur, mais elles ne sont généralement pas aussi fortes qu’avant et on sent un peu de fraîcheur (qu’on ne sentait pas avant).»

Deuxièmement, Falde affirme voir plus clairement au loin. «Bogotá est nichée dans les contreforts des Andes; nous sommes à environ 8 600 pieds au-dessus du niveau de la mer et il y a des montagnes tout autour de nous dans toutes les directions. Il n’y a presque plus de brume maintenant, ce qui rend la vue lointaine nettement plus clair.»

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Bangkok, en Thaïlande, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Bangkok, Thaïlande

Les fermetures d’écoles ne sont pas nouvelles pour la capitale thaïlandaise. En effet, début 2019, Bangkok a fermé plus de 400 écoles pendant une semaine en raison de l’insalubrité de l’air. «Le gouvernement a essayé d’ensemencer des nuages ​​de pluie, de réduire la circulation et d’arroser les rues, mais avec peu de résultats», selon la BBC. Aujourd’hui, avec l’instauration du télétravail, d’un couvre-feu nocturne et de la fermeture de toutes les entreprises non-essentielles, la pollution de l’air a légèrement diminué. Channel News Asia a signalé qu’entre le 15 mars et le 10 avril 2020, les niveaux moyens de PM2,5 ont été réduits de 22% dans certaines parties de la capitale et de 15% dans les stations de surveillance de l’air dans d’autres régions.

Malgré le changement des niveaux de pollution, certains résidents ne voient pas de différence notable. «Vous pouvez vraiment sentir le smog dans l’air: l’odeur et les réactions allergiques, surtout si vous souffrez d’une maladie comme l’asthme», explique Amy Poulton, qui vit à Bangkok depuis plus d’un an.

Un récent rapport de Coconuts Bangkok attribue la majorité de la pollution atmosphérique à la pratique agricole de brûler les champs.

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Milan, en Italie, est l'une des villes les plus polluées.AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE JANNA BRANCOLINI

Milan, Italie

L’Italie a été le deuxième pays à être victime de nombreux cas de COVID-19, ce qui a conduit le gouvernement à mettre en place des mesures de confinement pour contrôler la propagation virale. Dans un pays où la moitié des voitures roulent au diesel, la quarantaine a fait baisser de manière importante de la pollution.

L’analyse des données du satellite Sentinel-5P de l’Agence spatiale européenne par le Washington Post a révélé que les concentrations de dioxyde d’azote, un polluant potentiellement dangereux pour les personnes souffrant d’asthme et d’inflammation des poumons, ont chuté de manière spectaculaire, en particulier dans le nord de l’Italie, entre le 1er janvier et le 12 mars 2020.

Janna Brancolini, une journaliste américaine qui habite maintenant à Milan, vit dans une rue bordée de grands carrefours. Avant l’épidémie, le bruit et les gaz d’échappement des voitures l’empêchaient de profiter de son balcon. Maintenant, elle peut y entendre les oiseaux chanter. «Un matin, environ cinq semaines après le confinement, je suis sortie boire mon café sur mon balcon et j’ai réalisé que l’air sentait la nature — cette merveilleuse odeur terreuse que vous sentez dans les bois juste avant qu’il ne pleuve.»

Milan a temporairement élargi les pistes cyclables de la ville de 35 km afin de réduire l’utilisation des transports en commun.

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Santiago, au Chili, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Santiago, Chili

Santiago souffre depuis longtemps de la pollution atmosphérique. Le nombre croissant de voitures, l'activité industrielle et les poêles à bois – particulièrement pendant l'hiver – ont contribué au smog. Afin de réduire la pollution atmosphérique, le gouvernement avait imposé plusieurs restrictions: notamment l’interdiction d’utiliser certains types de véhicules, interdit de brûler du bois pour se chauffer et de brûler des champs.

Aujourd’hui avec le confinement, les habitants de la capitale chilienne peuvent profiter de la beauté des montagnes et des glaciers en périphérie de la ville. En effet, la pollution de l'air a diminué d'un tiers depuis le confinement, selon un rapport publié par l'Université de Santiago. «Les Andes sont mieux visibles, les jours semblent plus clairs et le soleil paraît plus fort que la normale pour cette période de l'année», lance Eileen Smith, une écrivaine qui vit à Santiago depuis 16 ans.

En attendant de pouvoir reprendre l'avion, n'hésitez pas à tester l'une de ces 12 excursions à faire depuis la maison!

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Hanoi, au Vietnam, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Hanoi, Vietnam

L'année dernière, Hanoi a été classée parmi les villes les plus polluées selon l'indice AirVisual. Le gouvernement avait averti ses résidents de garder les fenêtres fermées et de ne pas faire d'exercice à l'extérieur. La pollution causée par la combustion de charbon et les incendies de restes de cultures dans les exploitations agricoles sont quelques-uns des facteurs qui contribuent au smog constant que la ville subit notamment en l'absence de pluie.

Début avril, le Vietnam Times a signalé que la qualité de l'air s'était considérablement améliorée grâce aux mesures liées à la COVID-19. En effet, les transports ont été réduits de moitié et les manufacturiers ont arrêté leurs productions. La dynamique capitale de Hanoi, avec Ho Chi Minh-Ville (couramment appelée Saigon), a connu un air beaucoup plus pur entre la fin mars et le mois d’avril. Effectivement, le niveau de PM2,5 dépassant de loin la recommandation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) était de 104,3 microgrammes par mètre cube et a chuté à 11,5 à la fin du mois de mars 2020.

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Séoul, en Corée du Sud, est l'une des villes les plus polluées.GETTY IMAGES (2)

Séoul, Corée du Sud

En mars 2019, la Corée du Sud a pris des mesures d'urgence pour faire face au «désastre social» de la pollution, après avoir constaté des niveaux records de poussière fine dans tout le pays, rapporte le journal The Guardian. Malgré des mesures visant à limiter l'utilisation des véhicules, à freiner le secteur de la construction et les centrales électriques au charbon, la ville n'a guère connu d'amélioration.

Près d'un an plus tard, en février 2020, la Corée du Sud a été confronté à l'une des plus importantes flambées de coronavirus à l'extérieur de la Chine continentale. Selon CNN, la nation a maîtrisé l’explosion des cas grâce à des séries massives de tests et des méthodes de géolocalisation. En prime, la capitale de Séoul «a connu une baisse de 54% des niveaux de PM2,5 du 26 février au 18 mars 2020 par rapport à l'année précédente».

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Contenu original Reader's Digest