La thermopompe, bien plus que de l’air chaud

En optant pour une thermopompe, nous avons fait des économies et réduit notre empreinte carbone.

Thermopompe: Illustration d'une maison avec une thermopompe.Illustration de Chanelle Nibbelink

Pour tout vous avouer, j’ai appris à apprécier ce moment où, chaque mois, mon fournisseur de gaz naturel m’envoie un courriel pour me rappeler de vérifier le compteur de notre maison à Toronto et de relever un nombre qui ne bouge pratiquement pas ces jours-ci. À l’été 2022, ma femme et moi avons fait installer une thermopompe et un chauffe-eau à haut rendement (avec un réservoir), tous deux électriques.

Depuis, nous consommons en moyenne 4 m2 de gaz naturel par mois. Par comparaison, en mars 2022, nous en avons brûlé 357 m3. Il avait fait très froid et la chaudière, un vieil appareil ventru tapi dans un coin de la cave, fonctionnait à pleine capacité.

Aujourd’hui, notre nouvelle thermopompe à air, qui ressemble à un gros compresseur bibloc (ces unités de refroidissement et de chauffage de plus en plus populaires fixées au mur extérieur des maisons), fait l’essentiel du travail. Elle utilise les électrons captés dans l’air ambiant qui nous viennent notamment du réseau électrique de la province.

En réalité, l’installation de la thermopompe n’était pas prévue. En 2021, après l’annonce par les libéraux fédéraux de l’instauration de la subvention canadienne pour des maisons plus vertes, nous avions accepté de faire vérifier notre consommation d’énergie dans l’espoir de pouvoir bénéficier de subventions à la rénovation domiciliaire pour rendre notre maison plus écoénergétique – les sommes allouées, qui pouvaient s’élever à 5000$ à l’époque, atteignent aujourd’hui jusqu’à 6500$. Le vérificateur a suggéré l’ajout de revêtements isolants, le blocage des courants d’air et l’achat d’un chauffe-eau électrique.

Mais quelle est la température idéale pour la maison en hiver?

Le processus d’installation

Une fois terminées les tâches faciles, nous nous sommes attaqués au plus dur. Remplacer le chauffe-eau au gaz n’était pas une mince affaire: il fallait racheter le bail et remplacer le panneau électrique qui datait vraisemblablement de la Seconde Guerre mondiale.

Le vérificateur nous a recommandé un installateur qui a à son tour a suggéré l’achat d’un chauffe-eau électrique relié à une thermopompe. Le nouveau réservoir est de la même taille que l’ancien et nous n’avons pas à attendre que l’eau chauffe, ce qui est le cas avec les chauffe-eau sans réservoir. Le coût de l’amélioration du système et du remplacement du panneau s’élevait à environ 12 000$, moins l’aide financière de 2000$ de la subvention pour des maisons plus vertes. Le changement ayant eu lieu durant l’été, notre consommation de gaz est aussitôt tombée à zéro.

Enhardis, nous avons décidé de nous procurer une thermopompe qui permettrait à la fois de chauffer et de rafraîchir la maison. La technologie a fait ses preuves et fonctionne sur le même principe que le réfrigérateur. Les pompes à chaleur captent et concentrent l’énergie de l’air extérieur ambiant, même quand il fait froid, la transforment en chaleur et soufflent l’air chaud à l’intérieur de la maison. L’été, elles font le contraire avec l’air chaud à l’intérieur et remplacent les climatiseurs.

Des avantages financiers et écologiques

Pour nos besoins, il y avait deux options possibles: la source froide, qui opère jusqu’à -30°C et remplace la chaudière alimentée au gaz, et l’hybride avec une pompe qui s’active jusqu’à -10°C avant de passer le relais à la chaudière, les jours de grand froid. Nous ne pouvions nous offrir la première – l’unité est coûteuse et il aurait fallu racheter le bail pour la chaudière. Mais la solution hybride nous a paru financièrement acceptable – les modèles que nous avions retenus coûtaient entre 6000$ et 8000$. Nous avons finalement choisi un Mits Air. La thermopompe est reliée à un thermostat intelligent et à la chaudière au gaz haute performance qui n’a que 5 ans.

Pour ce qui est des coûts d’opération, la facture de gaz bimestrielle a dégringolé, bien que les tarifs aient bondi et qu’il faille encore payer pour le raccordement et la location de la chaudière (environ 150$ au total tous les deux mois). Pendant les mois d’hiver, la facture d’électricité a augmenté de 1,5 à 2,5 fois le montant moyen de la facture mensuelle avant l’installation de la thermopompe, mais elle est revenue à un niveau normal pendant presque tout le reste de l’année (grâce à l’ombre de plusieurs grands arbres, nous utilisons rarement la climatisation). Après une année complète, nous avions dépensé 1600$ de moins pour l’énergie qu’avant l’installation de la thermopompe.

C’est sans compter un avantage bien plus édifiant. En mars 2022, avec sa chaudière et son chauffe-eau au gaz, notre foyer émettait environ 700 kg de carbone. Entre juillet 2022 et mars 2023, nos émissions se sont élevées à un peu plus de 13 kg un contraste saisissant et une réduction de 98%!

On ne peut pas parler d’une consommation énergétique nette proche de zéro, mais on n’en est pas loin et c’est drôlement encourageant.

Une thermopompe à l'hiver.guteksk7/Shutterstock

Vous envisagez l’achat d’une pompe?

Les conseils d’Erik Janssen, spécialiste en thermopompes et scientifique à l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région:

  • N’attendez pas que votre chaudière au gaz ait rendu l’âme. Mieux vaut s’y prendre quelques années d’avance pour ne pas avoir à décider en situation de crise.
  • Choisissez une entreprise qui a déjà installé des thermopompes.
  • Déterminez la taille de la thermopompe en fonction de votre intérieur. Assurez-vous que les conduits soient adaptés au flux d’air nécessaire.
  • Vérifiez les niveaux sonores indiqués sur la fiche technique. Le bourdonnement des gros ventilateurs des thermopompes est plus fort que celui d’une chaudière au gaz.
  • Profitez des mesures incitatives proposées par les trois paliers de gouvernement et les fournisseurs d’énergie électrique ou de gaz. Les remboursements font la différence. «Ce n’est plus réservé qu’aux personnes soucieuses de l’environnement», reconnaît Erik Janssen.

© 2023, John Lorinc. Tiré de “What I Learned from My First Winter with A Heat Pump”, par John Lorinc, Châtelaine (6 avril 2023), chatelaine.com

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Contenu original Selection du Reader’s Digest