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Opioïdes: entre risques, dépendance et légalisation

Est-il vraiment risqué de prendre des opioïdes? Nous posons la question à Daniel Kalla, urgentiste et auteur de thriller.

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Contre la douleur, moins d’opioïdes.Victor Moussa/Shutterstock

Il est souvent question d’abus à propos des opioïdes. Mais est-il possible d’en prendre sans risque?

Bien sûr. Nous donnons du fentanyl aux patients hospitalisés pour le drainage d’un abcès, par exemple, ou après une ablation de la vésicule biliaire pour soulager la douleur postopératoire. C’est sans risque quand c’est administré correctement. Mais certains médecins ont prescrit trop librement des opioïdes pour soulager des douleurs chroniques. Après quelque temps, la douleur disparaît alors que l’accoutumance reste. Et quand les patients ne peuvent plus s’en procurer légalement ou que la dose ne suffit pas pour planer, ils se tournent vers les revendeurs.

Évitez de raconter l’un de ces mensonges fréquents à votre médecin.

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Le cas des antipsychotiques au Canada.Scotyard/Shutterstock

À quel moment la surconsommation d’opioïdes est-elle devenue une crise au Canada?

Il y a environ six ans, nous avons vu les surdoses monter en flèche. À l’hôpital Saint-Paul de Vancouver, ville qui est sans doute l’épicentre de la crise au pays, j’ai commencé à traiter de 10 à 20 cas par jour au lieu de 3 ou 4.

C’est la faute du fentanyl. Il est 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, et les versions illégales en circulation sont jusqu’à 100 fois plus puissantes encore. Aux urgences, nous soignions des «habitués» – des consommateurs de longue date qui se présentaient de temps en temps. Avec l’arrivée du fentanyl, beaucoup ont disparu.

Voici les questions que vous devez poser à votre médecin avant de prendre des analgésiques.

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Les massothérapeutes peuvent savoir si vous travaillez à l’ordinateur.ISTOCK/THINKSTOCK

Comment en êtes-vous venu au roman?

Écrire est ma façon de me défouler, d’évacuer les frustrations que mon travail m’inflige. The Last High, qui est tout récent, parle justement de la crise des opioïdes, une tragédie dont j’observe le déroulement depuis 20 ans, au tout premier rang. Elle m’a durement touché sur le plan personnel comme professionnel, et j’avais donc très envie de la raconter.

Certains ont choisi de faire l’essai du CBD contre la douleur chronique et l’anxiété.

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Les vitamines et les minéraux sont essentiels à la santé.SAYAN PUANGKHAM/SHUTTERSTOCK

Beaucoup sont persuadés qu’ils ne peuvent pas devenir accros. Est-ce que cela fait partie du problème?

Oui. Chacun se fait une idée de ce qu’est un toxicomane, et ce profil ne ressemble ni à lui-même ni à ses proches. Cette conviction est dangereuse parce qu’elle rend moins sensible à la détresse d’autrui et donne un sentiment d’invulnérabilité qui fragilise.
C’est entre autres ce qui m’a poussé à faire de mon héroïne une urgentiste toxicologue. La trame de fond, c’est qu’elle et son partenaire ont consommé du fentanyl pris à l’hôpital, et il est mort dans ses bras.

Certains facteurs – l’hérédité, la pauvreté, la maladie mentale – peuvent rendre quelqu’un plus vulnérable, mais il faut savoir que personne n’est complètement à l’abri.

Vous serez surpris d’apprendre que ces traits particuliers sont héréditaires.

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Si vous êtes victime de cambriolage, appelez immédiatement la police.Schmidt Alex/Shutterstock

Au-delà de ce que vous a appris votre travail, avez-vous fait des recherches pour ce roman?

J’ai un ami dans la police qui m’a donné un cours intensif sur le milieu qui alimente la crise des opioïdes. Il m’a décrit l’attitude cavalière des trafiquants et des organisations criminelles. La vie d’autrui n’a pas d’importance pour ces gens-là, donc l’offre ne se tarira jamais.

Selon une nouvelle étude, les opioïdes ne seraient pas essentiels contre la douleur.

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Parlez médication avec votre médecin pour arrêter de vapoter.TheCorgi/Shutterstock

Que faire alors? Légaliser la consommation pour la réduire?

Tout à fait. On ne soigne pas une maladie en en faisant un délit. Rares sont les drogués qui auraient choisi cette vie-là. Nous devons nous attacher à faire baisser la demande en traitant les victimes de dépendance, y compris en leur donnant légalement accès aux drogues dont ils ont besoin ainsi qu’à des services de désintoxication et de rééducation financés par l’État. La police n’a rien à voir dans tout ça.

Assurez-vous de savoir reconnaître les signes que vos médicaments vous rendent malades.

Contenu original Selection du Reader’s Digest