Une nouvelle façon de contrer la gueule de bois

Vous avez trop bu hier? Un nouveau composé originaire de la Chine pourrait vous aider à combattre votre gueule de bois.

Une nouvelle façon de contrer la gueule de bois

Des chercheurs de l’Université de Californie, à Los Angeles, ont isolé l’extrait d’une plante qui en plus de combattre la gueule de bois, pourrait servir comme traitement contre l’alcoolisme.

Sa nature

Le composé, un flavonoïde appelé dihyDromyricetin (DHM), est produit naturellement dans le fruit de l’hovène sucré, un arbre originaire d’Asie. Grâce à ses propriétés aromatiques, ce fruit est utilisé depuis des siècles dans la cuisine chinoise, selon la Dre Jing Liang, chercheuse principale. Elle a participé à de nombreuses soirées organisées en Chine où les gens qui avaient consommé de l’alcool ne semblaient pas en manifester les effets; elle en a déduit que l’épice culinaire contrecarrait les effets de l’alcool. «J’ai décidé d’analyser les herbes médicinales, puis j’ai découvert ce composé portant le nom DHM», explique-t-elle.

Ses effets

Dre Jing Liang a procédé à des expérimentations animales qui ont été publiées dans la revue The Journal of Neuroscience. Les résultats semblent montrer que le composé DHM peut prévenir la dépendance à l’alcool et ses effets, ainsi qu’atténuer les effets de la gueule de bois. Le DHM se lie à deux récepteurs particuliers du cerveau, empêchant ainsi l’alcool d’agir sur ces récepteurs. De plus, selon la chercheuse, le DHM ne cause pas d’effets secondaires comme c’est le cas des traitements pharmaceutiques actuels. «Il fait effet à petite dose», et peut être pris pendant que l’on consomme de l’alcool.

Le composé DHM peut aussi augmenter l’activité des enzymes qui métabolisent l’alcool en aidant l’organisme à l’éliminer plus rapidement et à atténuer ses effets sur le foie et les autres organes.

Quand sera-t-il sur le marché?

Selon le Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies, l’alcoolisme coûte aux Canadiens 14,6 milliards de dollars chaque année. Il existe des médicaments, tels que le disulfiram et le naltrexone, qui réduisent l’envie de boire et qui aident à prévenir les rechutes, mais ceux-ci ne sont pas des panacées, explique Rob Gilbert, chercheur clinicien et expert en dépendance de Dalhousie University’s School of Sciences, à Halifax. Leur efficacité pourrait être minime et dépendre des gènes de la personne. «Il est difficile de prédire si un médicament sera efficace chez certaines personnes», constate-t-il. Ces médicaments peuvent aussi avoir des effets secondaires comme la nausée et l’anxiété.

Le chercheur rappelle que les expérimentations animales ne sont pas toujours transposables chez l’humain. «Nous en sommes encore au premier stade. La poursuite des recherches en vaut cependant la peine, mais je reste prudent jusqu’à ce qu’on arrive aux essais cliniques sur les humains», ajoute-t-il.

La Dre Jing Liang envisage de commencer des essais chez l’humain et s’attend à ce que la prise du DHM prévienne l’ivresse, l’envie de boire et la gueule de bois sévère.

Des thés et des extraits à base d’hovène existent déjà en Asie. Ils sont en vente aux États-Unis et sont utilisés pour contrer la gueule de bois et pour favoriser la santé du foie. La chercheuse espère mettre le DHM sous sa forme pure sur les marchés américains cette année, et obtenir l’autorisation de vente pour le Canada.

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