La thérapie cognitivo-comportementale ou comment reprogrammer son cerveau

La thérapie cognitivo-comportementale est aussi efficace que les médicaments pour le traitement de la dépression.

Illustration de Delphine Meier pour l'article Reprogrammer son cerveauIllustration de Delphine Meier

Qu’est-ce que la thérapie cognitivo-comportementale?

Au début des années 1960, le psychologue américain Aaron T. Beck a voulu évaluer de manière plus scientifique l’efficacité de la psychanalyse sur des patients souffrant de dépression. Ses recherches ont plutôt montré que la manière qu’a la psychanalyse de voir la dépression comme une agression réprimée dirigée vers soi-même était erronée. Ses observations ont en effet révélé que ce sont nos pensées négatives actuelles qui déterminent nos réponses. Et que ces «pensées automatiques» sont elles-mêmes modelées par nos convictions, la perception que nous avons de nous-même, des autres et du monde qui nous entoure. Par exemple, si celui qui pense être un raté échoue lors d’un test, il se dira: «Bien sûr que j’ai échoué puisque je suis un raté – à quoi bon persévérer?» Il se sentira sans doute déprimé et démotivé, ce qui ne l’encouragera pas à modifier ce qui devrait l’être pour obtenir de meilleurs résultats au test suivant. Et s’il échoue de nouveau, cela ancrera sa conviction négative fondamentale. Le cycle peut ainsi se reproduire indéfiniment.

Aaron Beck a mis au point la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) afin d’aider les patients à reconnaître leurs modèles négatifs de pensée, à les évaluer, à les remettre en question, puis à modifier leur comportement. La TCC est depuis devenue le traitement de référence en matière de troubles anxieux et dépressifs.

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En quoi consiste-t-elle, et comment savoir si elle nous convient?

Une thérapie cognitivo-comportementale dure généralement entre 12 et 20 séances. L’objectif final est de fournir au patient les outils dont il a besoin pour devenir son propre thérapeute. Pour mener tout cela à bien, les thérapeutes donnent souvent des « devoirs » à leurs patients afin de les aider à se concentrer sur leurs pensées entre les séances. Tenir un journal, par exemple, peut aider un patient à garder la trace des événements qui déclenchent en lui une certaine réponse et à reconnaître ses modèles négatifs de pensée.

Si la TCC est considérée comme un traitement de première ligne de l’anxiété et de la dépression, elle se montre aussi efficace pour les troubles de la dépendance, les problèmes de gestion de la colère et les troubles alimentaires. Étonnamment, des recherches indiquent qu’elle pourrait également être bénéfique dans le cas de maladies considérées comme plutôt physiques que psychologiques, par exemple le syndrome du côlon irritable et la fibromyalgie, en aidant les patients à maîtriser leur réaction à la douleur.

Cependant, en raison de sa brièveté, la TCC ne convient pas toujours aux patients voulant régler des problèmes du passé ou qui désirent des consultations régulières. Dans ces cas, une thérapie psychodynamique ou de groupe serait préférable. Voyez avec votre médecin de famille quel type de thérapie serait le plus adapté à vos besoins.

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Quelle est l’efficacité de la TCC si on la compare à celle des médicaments?

La dépression est souvent traitée au moyen de médicaments, comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Mais selon un article publié dans Cognitive Therapy and Research analysant les 50 dernières années de recherches en TCC, cette thérapie est au moins aussi efficace que les médicaments dans la plupart des cas. Il semble que les patients dépressifs traités avec succès par la TCC ont plus de deux fois moins de risques de faire une rechute que les sujets traités par des médicaments. Cela peut s’expliquer en considérant la dépression comme « une adaptation évolutive ayant forcé nos ancêtres à réfléchir en profondeur à des problèmes sociaux complexes jusqu’à parvenir à une solution ». Ainsi, notent les chercheurs, les thérapies qui tablent sur la fonction utile de la dépression auront tendance à être plus efficaces que celles qui se contentent d’en supprimer les symptômes, comme les médicaments.

Greg Dubord, directeur de CBT Canada, remarque toutefois que certaines mala­dies – la schizophrénie, les troubles bipolaires et certaines formes de dépression chronique – nécessitent presque toujours une combinaison de médicaments et de thérapie. Et il conseille aux patients de garder en tête la quantité de travail personnel que cela implique et de se demander s’ils ont le temps et l’énergie de fournir l’effort.

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