Êtes-vous accro au sexe?

La dépendance sexuelle semble se propager aussi rapidement que la peste dans le star-système américain. David Duchovny (Personnage principal de The X-Files et de Californication), Lindsay Lohan et Tiger Woods ont tous fait un tour en réhabilitation pour vaincre cette «maladie». Loin d’être exclusive aux célébrités, la dépendance sexuelle ternit l’existence de ceux qui en sont atteints. Comment savoir si vous en souffrez?

Êtes-vous accro au sexe?

Quand le sexe empiète sur les activités quotidiennes et guide votre vie, il y a lieu de s’inquiéter. Au même titre que le jeu pathologique et la toxicomanie, la dépendance sexuelle est caractérisée par des besoins impossibles à réprimer. Cette hypersexualité peut se manifester de différentes manières: des comportements masturbatoires obsessifs, fréquentation abusive de bars de danseuses, recours fréquent au services de prostituées ou encore, aventures en série. Une grande activité sexuelle ne rime pas nécessairement avec dépendance sexuelle. «Les mots clés pour déterminer s’il y a un problème sont compulsion et obsession. Quand on entre dans un mode où la sexualité devient un échappatoire, là, il faut s’inquiéter», affirme la sexologue clinicienne, Julie Pelletier.

Julie Pelletier se rappelle d’un patient qui est entré dans son bureau avec l’impression d’avoir perdu sa liberté. Le sexe était devenu maître de sa vie. À la mort de sa femme, l’homme s’est mis à téléphoner à des escortes. Les rendez-vous devenaient de plus en plus rapprochés et le besoin de plus en plus incontrôlable. Il téléphonait même pendant ses heures de travail. «Il avait tellement de difficultés à composer avec son deuil, que sa tristesse s’est reportée sur sa sexualité. C’était sa manière de décompenser», explique Julie Pelletier.

La manifestation de la sexualité est souvent la pointe de l’iceberg. «Les symptômes apparaissent là, mais l’anxiété est plus souvent qu’autrement, sous-jacente à la dépendance sexuelle», estime Julie Pelletier. Les comportements compulsifs deviennent une manière d’apaiser les souffrances.

Selon les observations cliniques de la sexologue, les hommes seraient plus nombreux à vivre de la dépendance sexuelle. «Environ huit patients sur dix qui se font traiter pour ça sont des hommes.» Des chiffres qui peuvent s’expliquer d’un point de vue physiologique: la testostérone est la principale hormone mâle, mais aussi celle du désir. L’homme serait ainsi plus susceptible de soulager ses tensions par la sexualité.

Les individus qui souffrent d’une forme de dépendance sexuelle vivent souvent avec un sentiment de honte qui les empêche de consulter. «Quand l’équilibre de notre vie est perturbée, il faut aller chercher de l’aide. La dépendance sexuelle ne va pas se régler avec le temps, insiste Julie Pelletier en ajoutant que les pronostiques sont assez bon. Les gens s’en sortent la plupart du temps». Mais lutter contre la dépendance demande toujours un bon lot de motivation et de réflexion. C’est un travail sur soi de longue haleine.

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