Est-il possible de développer une dépendance au bronzage?

Le tabagisme n’est pas la seule dépendance pouvant mener au cancer et au vieillissement prématuré. Non seulement la dépendance au bronzage existe-t-elle, mais elle est aussi dangereuse.

Est-il possible de développer une dépendance au bronzage?

Elle vous contrôle. Votre vie est axée vers elle. Vous vous y adonnez encore, alors que vous vous étiez promis de cesser. Vous le faites, malgré que vous sachiez que cela vous est nuisible. Vous voulez arrêter, mais vous vous sentez impuissant à y arriver.

Vous pensez que nous parlons du crystal meth? Du crack? Non c’est de la lumière ultraviolette. Le croiriez-vous? Les scientifiques ont fait la preuve que les gens peuvent, en effet, devenir accros au bronzage, tanorexique.

La femme sur les fameuses affiches pour enfant «Just Say No» est Patricia Krentcil, la désormais tristement célèbre maman accro au bronzage, accusée plus tôt cette année d’avoir emmené son jeune enfant dans une cabine de bronzage avec elle. Beaucoup d’entre nous ont été choqués par les photos de cette femme du New Jersey au visage crevassé, coriace, au teint artificiellement brun, que des blogueurs ont comparé aux sacs à main Chanel et à l’écorce des arbres.

Mais si quelque chose de positif est ressorti de l’affaire Krentcil, c’est la prise de conscience que le bronzage peut constituer une dépendance réelle et dangereuse.

L’année dernière, une étude de l’University of Texas Southwestern Medical Center a démontré que l’utilisation des lits de bronzage met en action les centres de gratification du cerveau des utilisateurs. Ce mécanisme est semblable, disent les chercheurs, à la dépendance à la drogue et à l’alcool.

«Il y a maintenant des preuves d’une dépendance physiologique», dit le Dr Steve Feldman, dermatologue à la Wake Forest Baptist Medical Center à Winston-Salem, en Caroline du Nord. Nous savons, par exemple, que lorsque des cultures de cellules de peau humaine sont exposées à la lumière ultraviolette, elles libèrent des endorphines. Cette constatation peut expliquer pourquoi on se sent détendu et euphorique quand le soleil vous cuit la peau à la plage.

Cela a conduit Feldman à mener sa propre étude, avec deux lits de bronzage en apparence identiques, sauf que l’un bloquait la lumière UV et l’autre pas. Lorsque les deux lits ont été utilisés par des gens sans méfiance qui s’adonnent souvent au bronzage, ils ont affirmé qu’ils se sentaient mieux dans celui qui les inondait de rayons UV.

Si les effets physiques ne suffisent pas à vous séduire, il y a aussi le renforcement créé par l’apparence. «Si vous vivez dans une société qui croit qu’une peau bronzée va vous décrocher un rendez-vous galant samedi soir, alors il vous sera très difficile de mettre fin à la dépendance», souligne le Dr Feldman.

Tous ces facteurs pourraient expliquer pourquoi les salons de bronzage sont en plein essor malgré la connaissance des risques. Les personnes de moins de 30 ans qui s’adonnent au bronzage à l’intérieur, ne serait-ce que dix fois par an, sont huit fois plus à risque de développer un mélanome, ce cancer de la peau mortel qui fait plus de 900 victimes chaque année au Canada. Les lits de bronzage peuvent causer d’autres problèmes de santé comme des cancers de la peau, autres que le mélanome, des cataractes et une peau prématurément vieillie.

Mais, à l’instar des autres dépendances, le bronzage peut vous attirer en dépit de son caractère potentiellement mortel. «Un de mes collègues m’a raconté avoir extrait un mélanome sur une adolescente, puis d’avoir accompagné sa femme au salon de coiffure, dit le Dr Feldman. De l’arrière du salon, là où sont les lits de bronzage, il a vu sortir l’adolescente, avec ses points de suture.»

Encore une fois, à l’instar des autres dépendances, vous pouvez éprouver des symptômes de sevrage. Lorsque Feldman a effectué ses essais avec les sujets de test, il se doutait que ceux-ci sentiraient une différence entre les deux lits de bronzage. Il avait vu juste ‘ mais il a été surpris de les voir souffrir de symptômes, comme la nausée, la transpiration et l’anxiété.

Vous êtes maintenant convaincu d’arrêter de bronzer? Un thérapeute avec une expérience des assuétudes est en mesure de vous aider. Ou vous pouvez essayer de diminuer progressivement le nombre de vos séances de bronzage, jusqu’à ce que vous soyez en mesure d’y renoncer. Lorsque vous êtes à l’extérieur, appliquez un écran solaire qui protège la peau contre les rayons UVA et UVB, portez des vêtements et des chapeaux qui vous abritent du soleil et restez à l’ombre.

Vous pourriez ne pas être en mesure de renverser les dommages de bronzage, mais vous aurez plus de chances de rester dans le rose. «La peau est un organe plastique, explique le Dr Feldman, elle peut se remettre. Vous protéger dorénavant contre les rayons UV est un moyen simple de commencer à guérir la peau

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