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Vos règles à travers les années sont-elles normales?

Il est commun pour les règles de changer au cours des années de fertilité. Voici comment savoir si ces changements sont normaux ou pas.

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Vos règles sont-elles normales?

Même si le mot «menstruation» vient de la même racine latine que «mois», les périodes menstruelles sont rarement aussi régulières et prévisibles que les mois. En fait, il est très courant pour elles de changer tout au long de vos années de fertilité. Elles sont le reflet de votre santé physique et émotionnelle et de vos changements hormonaux. Donc, le moment, le débit et la durée durant votre adolescence et la vingtaine peuvent changer à la trentaine, puis à nouveau à la quarantaine. Vous pourriez ne plus avoir de crampes ou être intriguée par des cycles irréguliers ou inquiète parce que vous vous mettez à avoir besoin de tampons super absorbants.

De la puberté à la ménopause, vous passerez probablement l’équivalent de cinq années entières menstruée, il est donc important de savoir quels changements sont normaux (la plupart le sont) et ceux qui devraient vous inciter à consulter un professionnel de la santé.

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Vos règles à l’adolescence et durant la vingtaine

Typiquement: des menstruations aléatoires, irrégulières et spasmodiques sont habituelles durant l’adolescence et le jeune âge adulte. Il est vrai que le cycle «moyen» (du jour 1 d’une menstruation au jour 1 de l’autre) est de 28 jours avec saignements durant quatre jours, selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Mais il peut s’écouler de 10 à 12 ans après la première menstruation, qui se produit généralement entre 10 et 14 ans, avant que la coordination du système reproducteur de la jeune femme atteigne une certaine régularité, dit la Dre Jerilynn Prior, endocrinologue de Vancouver et directrice scientifique du Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research à l’Université de la Colombie-Britannique. Il est donc normal pour les cycles de varier de 21 jours à 35 jours et pour le saignement de durer entre deux et six jours, dit Prior.

Les crampes douloureuses qui sont une caractéristique de ce groupe d’âge touchent de nombreuses femmes de moins de 30 ans. Renesha Monaco, 22 ans, de Toronto, ressent des crampes très douloureuses le premier jour de chaque cycle. «Je dois planifier ma vie en fonction de mes règles, d’habitude je ne peux pas travailler», dit cette représentante de promotions-radio. «La mère de mon fiancé dit qu’elle a vécu la même chose jusqu’à ce qu’elle ait un bébé.»

La future belle-mère de Monaco a vu juste, dit Prior. «Les crampes menstruelles sont liées à une pression plus élevée à l’intérieur de l’utérus quand le muscle de la paroi utérine se contracte avec l’écoulement. Les jeunes femmes qui n’ont pas eu de grossesse ou ont porté un stérilet connaissent un resserrement du col de l’utérus, ce qui entraîne une pression plus forte et plus de crampes.» Mais même les femmes qui n’ont jamais été enceintes peuvent connaître une amélioration après l’âge de 30 ans. Prior dit que la recherche semble démontrer que le cycle des jeunes femmes montre un niveau plus élevé d’œstrogène, mais plus bas de progestérone.

Cet environnement hormonal encourage la formation de prostaglandines, des acides gras qui favorisent les contractions utérines, ce qui provoque les crampes. Prior affirme que la clé est de devancer la douleur. «À partir du moment où vous ressentez cette lourdeur pelvienne, avant le début des crampes et des douleurs, prenez deux comprimés d’ibuprofène, puis une dose normale tous les quatre à six heures.»

Il n’est pas rare que les jeunes femmes aient aussi de longues périodes sans menstruations. «Je n’ai pas eu de règles durant les neuf mois de ma première année d’université», affirme Prior. Les causes de l’absence ou des retards de menstruations (outre la grossesse) sont le stress en raison d’un changement, d’une rupture majeure ou d’une maladie, un trouble de l’alimentation, ou tout simplement une carence en calories ou en protéines. Des menstruations minimes, qui ne durent guère plus d’un jour ou deux et qui ne demandent que le port d’un protège-dessous sont normales chez une jeune femme mince et active. Si vous prenez des contraceptifs oraux, quelques taches au milieu du mois sont généralement le fait d’un anovulant à faible dose ou oublié.

Les raisons de s’inquiéter: Demandez une consultation pour toute nouvelle douleur pelvienne, en particulier à d’autres moments de votre cycle. «Vous avez besoin d’éliminer la possibilité de maladies transmissibles sexuellement ou de maladies inflammatoires pelviennes, ou encore de problèmes sous-jacents, comme l’endométriose ou le syndrome du côlon irritable», dit Jennifer Tomiuk, infirmière praticienne à la Clinique de santé des femmes de Winnipeg.

Si votre cycle est plus long que 35 jours ou si vous êtes des mois sans menstruations (sans être enceinte ni allaitante), vous pourriez ne pas produire assez d’œstrogènes et être exposée à un risque futur d’ostéoporose. Ou alors, ce peut être une maladie de la thyroïde, le diabète ou le syndrome des ovaires polykystiques, qui peuvent tous causer des absences de menstruations, dit Tomiuk.

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Vos règles à 30 ans

Typiquement: la période de 30 à 35 ans pourrait bien représenter vos années les plus régulières (en dehors de la grossesse) alors que vos hormones sont un peu plus prévisibles. «Les années de la trentaine marquent, en quelque sorte, le moment de référence des menstruations», précise Prior. «Mais même alors, il peut y avoir bien des variations.»

Erika Shrestha, 37 ans, mère deux enfants, de Newmarket en Ontario, pourrait régler sa montre sur ses menstruations. «Elles viennent tous les 28 jours, à l’heure près», dit-elle. «Mais la période prémenstruelle est affreuse. La veille, je me change en un véritable assassin!» Les sautes d’humeur, les seins douloureux, les ballonnements, les fringales et les problèmes de sommeil typiques du syndrome prémenstruel (SPM) peuvent s’aggraver à la fin de la trentaine si l’ovulation devient plus erratique, ce qui provoque des hauts et des bas de l’œstrogène. Couper le sel, la caféine et éviter le stress peut aider, selon des chercheurs de la Clinique Mayo.

Si vous souffrez de crampes, essayez l’ibuprofène, dont Prior dit qu’il réduit la douleur, mais diminue aussi l’écoulement du quart à la moitié. Si le flux est abondant, elle suggère de prendre de l’ibuprofène au début de l’ovulation pour éviter la formation de prostaglandines. Des menstruations particulièrement abondantes inhabituelles pourraient signifier que vous n’avez pas ovulé ou même que vous avez fait une fausse couche précoce, avant même de savoir que vous étiez enceinte.

Les crampes ont tendance à être considérablement moins fortes durant cette décennie, à moins que vous développiez une endométriose, affection où les cellules de la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus. «L’endométriose peut provoquer des crampes, des menstruations abondantes», explique Tomiuk. Elle est plus fréquente chez les femmes de plus de 30 ans, ne nécessite pas forcément une intervention et se résout à la ménopause, lorsque l’œstrogène diminue. Si cela ne s’améliore pas, un traitement médicamenteux, à base d’hormones, est une solution. La chirurgie – ablation de l’utérus et hystérectomie – est efficace, mais en dernier recours absolu.

Les raisons de s’inquiéter: des pertes à mi-cycle, si elles n’indiquent pas l’oubli d’anovulant, suggèrent la présence d’un polype du col utérin, une lésion bénigne, habituellement détectée lors d’un examen et qui s’enlève facilement.

Des menstruations moins régulières dans la trentaine peuvent indiquer une insuffisance ovarienne prématurée, liée à une ménopause précoce. Pour la plupart des femmes, ce n’est pas un problème, mais si vous avez besoin d’aide en raison de problèmes d’infertilité, prenez des notes sur les dates de vos menstruations.

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Vos règles à 40 ans

Typiquement: cycle plus long, plus court, plus lourd, plus léger, la variation est à l’honneur alors que vous vous dirigez vers la préménopause, les 6 à 10 années de détraquement hormonal qui précèdent la fin des menstruations. Vous pouvez constater que vos menstruations viennent toutes les trois semaines ou, au contraire, sont plus espacées. Puis, soudain, vous redevenez régulière pendant quelques cycles, jusqu’à ce que ça déraille à nouveau. Vos symptômes prémenstruels pourraient s’intensifier, avec des moments pires que d’autres. De même pour les crampes. Vous pourriez ressentir une douleur qui irradie jusque dans le dos et les cuisses, probablement en raison du niveau d’oestrogène qui monte puis chute rapidement, alors que l’ovulation devient intermittente.

En vieillissant, vous êtes plus susceptible de développer l’un des malaises gênants, mais généralement bénins, qui disparaissent après la ménopause. L’adénomyose se produit lorsque la muqueuse utérine se développe dans la paroi musculaire de l’utérus. Bien qu’inoffensive, elle peut entraîner des menstruations très douloureuses, prolongées et abondantes. Elle est différente de l’endométriose, mais les deux peuvent coexister et cesser après la ménopause, lorsque la maladie cesse de progresser, éliminant les symptômes. L’adénomyose est particulièrement fréquente chez les femmes qui ont eu une césarienne. Si les analgésiques en vente libre et un coussin chauffant n’aident pas, consultez un médecin, dit Tomiuk.

À la préménopause, une femme sur quatre a de grosses hémorragies, parfois accompagnées de caillots. Il s’agit d’un problème à partir du moment où vous devez changer de serviette hygiénique ou de tampon toutes les heures, pendant plusieurs heures, et si les caillots sont plus gros qu’une pièce d’un dollar.

Près de la moitié des femmes de moins de 50 ans ont des fibromes, des excroissances bénignes dans l’utérus, courantes à la quarantaine. «Les fibromes causent rarement des menstruations abondantes», explique Prior. Elle ajoute qu’au cours d’une étude sur 91 femmes ayant subi une hystérectomie en raison de saignements abondants, les fibromes n’avaient été un facteur déterminant que chez six d’entre elles.

Les raisons de s’inquiéter: à 43 ans, Pat Chiappetta a constaté que ses règles duraient seulement un jour ou deux et étaient sans douleur, mais que le saignement était si abondant que même les tampons très absorbants ne suffisaient pas. «Une fois où nous avions de la visite, je me suis levée et j’avais mouillé la chaise de sang», se souvient l’infirmière de santé publique d’Aurora, en Ontario. «C’était très embarrassant.» Au cours des mois suivants, elle est devenue de plus en plus épuisée, malgré la prise de suppléments de fer pour l’anémie. À trois reprises, elle a perdu connaissance et a été transportée dans trois hôpitaux différents. Chaque fois, les médecins ont exclu les problèmes cardiaques et l’ont renvoyée chez elle.

Enfin, elle a pu voir un gynécologue qui a diagnostiqué une hyperplasie (un revêtement utérin anormalement épaissi). Il a effectué, dans son cabinet, une réduction de la muqueuse en la raclant. «Du jour au lendemain, je suis passée de trois maxis serviettes au protège-slip.» Chiappetta, qui a maintenant 53 ans, ajoute: «Je suis infirmière et je devrais avoir mieux su, mais aucun médecin ne m’a jamais demandé de décrire mes menstruations. Je crois que c’est une question importante que les médecins devraient poser.»

Prior et Tomiuk sont d’accord: si votre saignement persiste et est exceptionnellement abondant, si vous ressentez une douleur nouvelle ou accrue ou si votre syndrome prémenstruel vous submerge, consultez un médecin.

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À 50 ans et plus

L’âge moyen de la ménopause (le moment où vous n’avez plus eu de menstruation depuis un an) est de 51 ans, ce qui signifie que de nombreuses femmes sont encore menstruées à la cinquantaine et que beaucoup d’autres arrêtent bien avant leur 50e anniversaire.

Si vous êtes dans la cinquantaine, que vous avez passé un an ou plus sans menstruations, mais recommencez à saigner, vous voudrez peut-être en parler à votre médecin. «Ce retour pourrait signifier la présence d’un cancer de l’endomètre, il est important de savoir si c’est normal ou pas», dit Prior. (Mais la situation probable est la suivante: Prior explique que 10 % des femmes devenues postménopausées dans la cinquantaine et 20 % des femmes devenues postménopausées dans la quarantaine connaissent une reprise après avoir passé plus d’un an sans menstruations.) Elle recommande de prêter attention à comment vous vous sentiez avant la menstruation. Si vous avez eu des ballonnements, des douleurs aux seins, des sautes d’humeur ou d’autres symptômes, c’est probablement normal.

Les autres causes de saignements vaginaux à ce stade de la vie comprennent la vaginite atrophique (sécheresse et amincissement des tissus vaginaux) et l’hyperplasie de l’endomètre (la surproduction de cellules de la muqueuse utérine). Mais ce sont probablement vos ovaires qui tentent un retour en scène et ce n’est pas rare du tout. Vérifiez auprès de votre médecin, juste pour être sûre.

 

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