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Cancer du sein: les bonnes nouvelles

On assiste présentement à des avancées spectaculaires dans la lutte contre le cancer du sein. Voilà de quoi nous réjouir!

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L’avancée la plus prometteuse en matière de prévention

« La majorité des décès consécutifs au cancer sont dus à des métastases (propagation à partir de la tumeur primaire). Pourtant, il n’existe pour l’heure aucun médicament approuvé dont on ait démontré l’efficacité dans leur traitement », explique le docteur Vivek Mittal, professeur agrégé en biologie et développement cellulaire au département de chirurgie cardiothoracique et directeur du Neuberger Berman Foundation Lung Cancer Laboratory du collège médical Weill Cornell de New-York. Au printemps 2013, les chercheurs de Weill ont pu expliquer pourquoi le cancer ne se propageait pas chez certains sujets. Ils ont en effet découvert que ces derniers présentaient deux protéines importantes qui « empoisonnaient le milieu » en créant un micro-environnement hostile aux cellules cancéreuses: elles ne peuvent alors s’établir et se développer dans les organes éloignés. Les chercheurs croient qu’un médicament composé de ces protéines aurait le potentiel de bloquer le cancer.

« Nous avons du boulot à faire pour exploiter cette avenue mais, jusqu’à présent, nos découvertes nous emballent », explique le chercheur. Elles pourraient également mener à un test permettant de déterminer si un cancer se propagera ou non.

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La découverte la plus étonnante en matière de prévention

Au début de 2013, les résultats d’une étude publiée dans Cancer Causes & Control et menée auprès de 1200 femmes en santé indiquaient que celles qui présentaient un faible taux sanguin de vitamine D au cours des trois mois précédant le diagnostic couraient trois fois plus de risque de souffrir du cancer du sein que celles chez qui ce taux était le plus élevé. « C’est durant cette période de trois mois que la tumeur cherche le plus activement à mobiliser les vaisseaux sanguins nécessaires à son développement », souligne Cedric Garland, principal investigateur de l’étude, et professeur au département de médecine familiale et préventive de l’université de la Californie à San Diego. Selon la docteure Sandhya Pruthi, professeure agrégée à la clinique Mayo de Rochester (Minnesota), il existe en effet une forte corrélation entre la présence de cette vitamine et la prévention du cancer du sein. La Société canadienne du cancer recommande d’en prendre 1000 UI par jour durant l’hiver et tout au long de l’année si vous êtes âgée de plus de 50 ans, avez la peau foncée, portez des vêtements couvrant la plus grande partie de votre peau ou sortez peu à l’extérieur. D’autres organismes, dont le National Academy of Sciences Institute of Medicine des États-Unis, recommandent d’en prendre jusqu’à 4000 UI.

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Le meilleur espoir en matière de prévention chez les femmes post-ménopausées

L’exémestane (Aromasin), médicament qui fait baisser le taux d’oestrogène dans l’organisme, est administré aux femmes atteintes de cancer du sein dans le but de prévenir les rechutes. Il y a quelques années, on a également démontré lors d’un essai clinique de grande envergure qu’il diminuait de 65% l’incidence de ce cancer chez les femmes ménopausées en santé présentant un risque élevé. En prime, il provoque peu d’effets indésirables. Les seuls autres médicaments du commerce qui préviennent ce cancer sont le tamoxifène et le raloxifène, deux modulateurs de l’oestrogène présentant des effets indésirables chez la plupart des femmes. Sandhya Pruthi croit qu’une analyse sanguine personnalisée pourrait peut-être aider les médecins à identifier les femmes qui seraient le plus susceptibles de bénéficier des effets du médicament pour la prévention de ce cancer.

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Avancée importante en matière de dépistage

Actuellement, les médecins ont recours à un seul modèle (le modèle de Gail) pour évaluer le risque qu’une femme souffre de ce cancer, à l’exception de celles qui présentent des antécédents familiaux importants, pour lesquelles on préfère le modèle IBIS. Ces modèles s’appuient sur une série de questions auxquelles les femmes doivent répondre, mais ils ne sont pas aussi précis que le souhaiteraient les médecins. Or, l’an dernier, des chercheurs de l’Imperial College de Londres (Angleterre) et de la clinique Mayo ont découvert des indicateurs clairs donnant à penser qu’il existe des « commutateurs » épigénétiques, c’est-à-dire des agents capables d’activer les gènes dont l’expression est déterminante pour divers cancers, y compris celui du sein. On peut identifier ces indicateurs au moyen d’une simple analyse sanguine. « Cette découverte nous permettra d’offrir aux femmes des stratégies de prévention sur mesure en tenant compte de leur risque individuel, explique Sandhya Pruthi. On pourrait disposer de cette analyse sanguine d’ici quelques années. »

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À venir prochainement : deux nouvelles technologies de dépistage par imagerie

La mammographie, technologie de dépistage standard, permet de dépister 85% des cancers du sein chez les femmes dont le tissu mammaire est essentiellement remplacé par de la graisse (c’est le cas de la plupart des femmes postménopausées) mais uniquement 60% d’entre eux chez celles dont les seins sont denses (c.-à-d. où le tissu mammaire prédomine). La tomosynthèse mammaire (TM) et l’imagerie gamma mammo-spécifique (IGMS) sont des technologies en développement qui pourraient permettre un meilleur dépistage chez ces dernières. Mais, selon Sandhya Pruthi, avant de les rendre accessibles au public (elles sont présentement expérimentées), les chercheurs veulent d’abord réduire leur radioactivité (qui est présentement deux fois plus élevée que celle d’une mammographie) et leur coût.

• La TM est semblable à la mammographie, à cette différence près qu’elle prend des images en trois dimensions sous forme de coupes qui peuvent ensuite être associées pour obtenir une vue plus détaillée. Selon Sandhya Pruthi, d’ici quelques années, elle pourrait être largement disponible en Amérique du Nord.
• L’IGMS a recours à une gamma-caméra pour déterminer comment un radiopharmaceutique injecté est absorbé dans le sein (il est plus concentré dans les tumeurs). Lors d’une étude, on a démontré que cette technologie permettait de dépister 100% des cas et que son taux de faux-positifs était tout à fait acceptable. «Nous espérons que l’IGMS révélera des choses qui pourrait échapper à la mammographie, souligne Sandhya Pruthi, mais, une fois de plus, il faudra réussir à en diminuer la radioactivité avant qu’elle ne soit largement accessible.» Vraisemblablement, la TM sera disponible avant.

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Outils pronostiques prometteurs

Durant le traitement, les médecins doivent être en mesure d’établir un pronostic de l’état du cancer et de prédire la réponse de la patiente aux traitements. À ce jour, les principales avancées proviennent des recherches sur le « profil d’expression génique ». Plus précisément, il s’agit de prélever un échantillon de cellules cancéreuses en vue d’analyser l’activité de 21 gènes qui déterminent la probabilité qu’une tumeur oestrogénodépendante positive (ou ER positive) – qu’on observe dans 75% de tous les cas de cancer du sein – se propage ou réapparaisse. Forts de cette connaissance, les médecins peuvent déterminer si une femme est susceptible ou non de bénéficier d’une chimiothérapie adjuvante et d’une hormonothérapie. Ainsi, selon le docteur Dennis Sgroi du Centre de traitement du cancer de l’hôpital général du Massachussetts (MGH) de Boston, la plupart des patientes atteintes d’un cancer ER positif connaissent une rémission durant les cinq années qui suivent le traitement mais la période durant laquelle elles risquent de faire une rechute est de quinze ans ou plus. Les chercheurs d’une étude publiée dans le Journal of The National Cancer Institute ont identifié un biomarqueur génétique qui permet de déterminer quelles femmes présentent un risque élevé et, par conséquent, bénéficieraient d’un traitement additionnel. « Cela signifie qu’environ 60% des femmes atteintes du cancer du sein le plus répandu n’auront pas à subir de traitement inutile et s’épargneront ainsi les effets secondaires qui y sont associés de même que les coûts », souligne Paul E. Goss, coauteur de l’étude et directeur du programme de recherche sur le cancer du sein du centre du MGH. « Mieux encore, on peut désormais identifier les 40% de patientes qui sont à risque de rechute et auront besoin d’un traitement continu; nombre d’entre elles échapperont à la mort par cancer du sein. »

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De l’espoir du coté d’un médicament «tireur d’élite»

Cette année, les autorités américaines et canadiennes ont approuvé l’essai d’un nouveau médicament unique dans sa catégorie chez les patientes atteintes de cancer du sein ou de l’ovaire. Il a été mis au point grâce à des dons et à des subventions. On a donné à ce médicament, le CFI-400945, le nom de « tireur d’élite » car il ne cible que les cellules cancéreuses. « La chimiothérapie classique n’est pas spécifique: c’est comme si vous lanciez une bombe dans une salle en espérant tuer plus de « méchants» que de « bons », explique le docteur Tak Mak, chercheur, cocréateur du médicament et directeur de l’institut de recherche Campbell sur les cancers héréditaires du centre de cancérologie Princess Margaret de Toronto. Le CFI-400945 cible une enzyme qui joue un rôle crucial dans la division cellulaire, particulièrement celle des cellules cancéreuses. En laboratoire, il a inhibé le développement des cancers du sein et de l’ovaire, de même que d’autres cancers. Selon le docteur Tak Mak, on saura dans deux ans s’il est utile chez les humains et, le cas échéant, il pourrait être disponible quatre à six ans plus tard.

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Deux autres traitements sélectifs encourageants

Au début de 2013, le Kadcyla (ou T-DM1) a été approuvé par la FDA américaine pour le traitement de patientes atteintes d’un cancer du sein métastasique HER-2 positif (ce qui correspond à 20 à 25% de tous les cas de cancer du sein), qu’on traitait auparavant avec l’herceptine. Le T-DM1 renferme un agent qui agit comme un GPS: il peut différencier les tissus malades des sains et, ainsi, épargner les cellules saines. Santé Canada devrait l’approuver d’ici la fin de l’année.

Imaginez si vous pouviez stimuler votre système immunitaire de sorte qu’il détruise les cellules cancéreuses avant qu’elles ne fassent leur sale boulot! C’est ce qu’on attend de l’interleukine-24, ou IL-24, du moins si on se fie aux études préliminaires menées au centre de cancérologie Massey et à l’Institut de médecine moléculaire de la Virginia Commonwealth University. Le gène exprimant l’IL-24 cible directement la tumeur, contournant les cellules saines et se servant comme véhicule d’un adénovirus modifié; dans des études animales, on a réussi ainsi à inhiber le développement de la tumeur. « Ce traitement pourrait un jour éradiquer les cancers du sein tant précoces qu’avancés, et même diminuer le risque de rechute », de dire Paul B. Fisher, codirecteur du programme de génétique moléculaire des cancers au centre Massey de la VCU.

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Un nouveau médicament pour prolonger la vie des patientes

La mTOR joue un rôle important dans la régulation de divers processus cellulaires normaux. Malheureusement, sa voie de signalisation est également très active dans de nombreuses cellules cancéreuses. Dans des études, l’évérolimus (Afinitor) a inhibé la mTOR, prolongeant de plus de quatre mois la période durant laquelle l’évolution de la maladie a été freinée. Au début de 2013, Santé Canada en a approuvé l’emploi chez les femmes post-ménopausées atteintes de cancer du sein avancé à récepteurs hormonaux positifs.

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Deux découvertes dans le traitement des cancer avancés ou difficiles a traiter

Les protéines PARP1, considérées comme les « petites aides » des cellules, ont pour rôle de réparer celles dont l’ADN est endommagé ou a muté. Cependant, elles pourraient aussi réparer les cellules cancéreuses détruites par la chimiothérapie ou la radiothérapie, ce qui n’est pas souhaitable. Des études préliminaires indiquent que les traitements classiques pourraient être plus efficaces s’ils étaient administrés en conjonction avec les inhibiteurs des PARP que seuls. On mène présentement des études chez les patientes souffrant de cancer de type BRCA1 et BRCA2 (tumeurs du sein résultant d’un défaut inhérent de ces gènes à réparer l’ADN et qui comptent pour environ 5% de tous les cas de cancer du sein). On cherche également à savoir si les inhibiteurs des PARP peuvent être efficaces dans d’autres types de cancer du sein. Quant aux épothilones, ils forment une nouvelle classe de médicaments qui préviennent la division des cellules cancéreuses. Celui de la marque Ixempra semble prometteur dans le traitement du cancer du sein métastasique résistant aux autres agents chimiothérapeutiques. Les patientes atteintes de cancer triple négatif (10 à 20% de tous les cas de cancer du sein), pour lesquelles on dispose de peu de traitements, pourraient aussi y réagir positivement.

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