Cancer du poumon

On ne s’étonne pas que la cigarette cause environ 90% de tous les cancers primitifs du poumon. Cependant, cette maladie peut également résulter d’une exposition à des polluants atmosphérique ou à des substances toxiques industrielles, telles que l’amiante et le radon.

Cancer du poumon

Ce qu’est le cancer du poumon

Respirer de tels poisons pendant des années entraîne des mutations génétiques qui provoquent une multiplication incontrôlée des cellules des poumons; elles finissent par former une tumeur, ou carcinome. Le cancer peut s’étendre aux vaisseaux sanguins et aux ganglions lymphatiques, puis former des métastases dans les os, le cerveau, le foie et d’autres sites du corps. D’autres cancers peuvent également gagner les poumons après avoir évolué dans une autre partie du corps; on parle alors de cancer secondaire du poumon.

Les tumeurs du poumons peuvent se développer pendant des années avant d’être décelées. Lorsque les symptômes apparaissent, ils se manifestent par de la toux, de l’essoufflement, des traces de sang dans les expectorations, des douleurs à la poitrine, une perte d’appétit et des pneumonies récurrentes. Le cancer du poumon prend principalement deux formes: le cancer à petites cellules et le cancer è grandes cellules. Ce dernier, qui compte pour environ 75% des cas, se divise en trois catégories: le carcinome malpighien (ou carcinome épidermoïde) débute habituellement dans une voie aérienne majeure et peut se développer lentement ou rapidement; l’adénocarcinome peut apparaître n’importe où dans le poumon; il varie en taille et en rapidité de développement. Le carcinome à grosses cellules proprement dit est généralement assez gros lorsqu’on le découvre. Quant au cancer à petites cellules, il est particulièrement agressif et a généralement formé des métastases au moment où il est diagnostiqué.

Une fois le type de cancer identifié, on détermine son stade en tenant compte de la taille de la tumeur et de son évolution (s’il s’est étendu ou non aux ganglions et a gagné ou non d’autres parties du corps). Le cancer è grosses cellules possède quatre stades (I à IV), le cancer à petites cellules, deux (localisé ou disséminé). Plus le stade est précoce, plus les perspectives à long terme sont bonnes.

Traitement du cancer du poumon

L’objectif, dans le cas du cancer à grosses cellules de stade précoce, est d’enlever la tumeur et de guérir le cancer. Bien que le traitement ne puisse guérir un cancer qui s’est étendu à d’autres parties du corps, il peut en maîtriser les symptômes; c’est ce qu’on appelle les soins palliatifs. Pour le cancer secondaire, on traitera et la tumeur primitive et la tumeur du poumon. L’intervention chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie et les essais cliniques constituent les principaux traitements. Votre médecin vous en recommandera un seul ou plus d’un en association.

Médicaments contre le cancer du poumon

Dans les stades I et II, l’ablation de la tumeur par intervention chirurgicale pourrait suffire à elle seule à assurer la survie. Par contre, pour les stades avancés, la chimiothérapie (administration de médicaments anticancéreux par voie orale ou intraveineuse) permettra d’éradiquer les foyers microscopiques de cancer dans d’autres parties du corps. Pour maîtriser temporairement le cancer è petites cellules, qui est susceptible de s’étendre è d’autres organes, la chimiothérapie est le traitement standard. On pourra aussi y avoir recours pour soulager les symptômes dans les stades avancés du cancer à grosses cellules. Habituellement, on associe le cisplatine (Platinol) ou le carboplatine (Paraplatin), deux dérivés du platine, à d’autres médicaments, notamment l’étoposide (VePesid) et le paclitaxel (Taxol). Il est fréquent que la chimiothérapie cause, quoique temporairement, de la nausée, de la fatigue et la chute des cheveux, en plus de prédisposer aux infections. Certains médicaments peuvent atténuer ces effets indésirables.

De nombreuses personnes éprouvent de la douleur en conséquence des traitements ou du fait que la maladie se propage. Si c’est le cas, demandez à votre médecin de vous prescrire des antidouleur. Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas recevoir le traitement standard, vous pourriez envisager de participer à un essai clinique.

Changements dans le mode de vie

Voici ce que vous devriez faire pour participer activement à votre traitement:

  • Cessez de fumer. Votre traitement n’en sera que plus efficace, votre état de santé s’en trouvera amélioré et vous diminuerez votre risque de récidive.
  • Demandez du soutien. Quand on a le cancer du poumon, on fait face à des enjeux émotionnels et pratiques dont il vaut mieux ne pas se charger seul. Demandez le soutien des membres de votre famille, d’amis, d’un thérapeute, ou participez à un groupe d’entraide pour cancéreux.
  • N’ignorez pas votre dépression. Jumelé aux rigueurs du traitement, le cancer du poumon peut mener è la dépression. Parlez-en à votre médecin et, le cas échéant, demandez-lui de vous traiter pour ce problème.
  • Adoptez une alimentation riche en nutriments. Il se peut que vous n’ayez pas beaucoup d’appétit, auquel cas vous devriez prendre, au cours de la journée, de nombreux petits repas riches en protéines et en calories.

Interventions pour le traitement du cancer du poumon

Si vous en êtes è un stade précoce d’un cancer à grosses cellules et que votre fonction pulmonaire est bonne, on commencera probablement par pratiquer une intervention chirurgicale. Dans certains cas, les tumeurs de stade I et II peuvent être enlevées au moyen de la chirurgie seule. Pour les autres tumeurs, vous subirez probablement une intervention chirurgicale, suivie d’une radiothérapie, d’une chimiothérapie ou de nouveaux traitements expérimentés dans un essai clinique. A l’occasion, un cancer localisé à petites cellules peut être éliminé au moyen d’une intervention chirurgicale.

On dispose désormais de nouvelles techniques permettant de maîtriser les symptômes. Par exemple, le traitement au laser qui détruit les cellules cancéreuses au moyen d’une lumière intense. Si la tumeur est petite, on pourrait vous proposer la thérapie photodynamique (PDT). Pour ce traitement, le médecin vous injectera du porfimère sodique (Photofrin), médicament sensible à la lumière et qui est retenu dans les cellules cancéreuses. Une fois activé par le laser, il détruira les cellules anormales. On a recours è ces deux interventions pour éradiquer une tumeur obstruant une voie respiratoire.

En plus de l’intervention chirurgicale ou à sa place, vous pourriez recevoir une radiothérapie, traitement qui consiste è détruire les cellules cancéreuses au moyen de rayons à haute énergie. La radiothérapie est utile à bien des égards: elle peut, avant l’intervention chirurgicale, réduire la tumeur. Après l’intervention, elle peut contribuer è détruire le cancer dans les ganglions lymphatiques. Elle pourrait même éliminer la tumeur dans le cas d’un cancer à grosses cellules de stade précoce. Elle peut en outre réduire les tumeurs et soulager les symptômes tels que la douleur, les saignements et la difficulté  à avaler dans le cas des cancers à petites cellules de stade III et IV et de récidive. Jumelée à la chimiothérapie, elle permet d’allonger la vie des personnes ayant un cancer à petites cellules localisées. Enfin, le cancer des poumons qui s’est étendu au cerveau peut aussi être traité par radiothérapie. Si possible, adressez-vous à un hôpital qui utilise un tomodensitomètre pour guider l’intervention. Cela permet d’éviter d’exposer inutilement le poumon sain aux radiations.

Si la tumeur obstrue un des conduits menant aux poumons (une bronche), le médecin pourrait recommander la curiethérapie, qui consiste à implanter pendant quelques minutes des grains radioactifs directement sur le site de la tumeur. La thérapie au laser et la thérapie photodynamique constituent également de bonnes solutions, mais elles guérissent rarement un cancer. Lorsque le cancer s’est étendu, le meilleur traitement pourrait être la téléthérapie, qui consiste en une irradiation à distance, ou externe. Une nouvelle technique, la radiothérapie conformationnelle 3D fournit au médecin une image tridimensionnelle de la tumeur, ce qui lui permet de mieux cibler le traitement et d’éviter les lésions aux tissus sains. Pour le traitement de certaines tumeurs, le médecin pourrait également recommander la radiothérapie hyperfractionnée accélérée, qui consiste è administrer deux ou trois traitements par jour afin de raccourcir la durée totale de l’intervention. On a observé, au cours d’une étude, que, chez les personnes souffrant d’un cancer localisé et qui recevaient ce traitement, le taux de décès était de 24% plus faible que chez celles qui recevaient le traitement radiothérapique standard.

Questions à poser à votre médecin

  • L’intervention chirurgicale est-elle possible? Quelle incidence cela aura-t-il sur ma respiration?
  • Quelles sont les complications potentielles du traitement que vous me proposez?
  • Serait-il avantageux pour moi de recevoir mon traitement dans un centre majeur de traitement, et même dans un autre pays?

Vivre avec le cancer du poumon

Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux prendre en charge votre cancer du poumon:

  • Si vous devez subir une intervention chirurgicale, demandez à être traité par un chirurgien thoracique. On a montré, lors d’une étude, que le taux de mortalité était beaucoup plus élevé quand l’intervention était pratiquée par des chirurgiens généralistes plutôt que par des spécialistes.
  • Choisissez un hôpital où il se pratique beaucoup d’interventions semblables. Des chercheurs ayant analysé les dossiers de 76 hôpitaux effectuant des interventions chirurgicales pour le cancer du poumon ont découvert que plus un hôpital en pratiquait, meilleur était le taux de survie des patients.
  • Soulagez votre douleur. Si vous avez mal, n’hésitez pas à demander à votre médecin de vous prescrire un antidouleur efficace. Les résultats d’enquêtes indiquent que 42% des cancéreux ne sont pas convenablement traités pour la douleur, alors que 95% pourraient obtenir un soulagement.

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