Le cancer du sein : et si vous ne faisiez rien?

Voici les raisons pour lesquelles certaines femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce choisissent de ne rien faire.

Le cancer du sein : et si vous ne faisiez rien?

La couverturemagazine TIME, du 12 octobre,montre un torse de femme, la main sur un sein qu’elle cache avec la question: What if I decide to just do nothing? (que va-t-il se passer si je décide simplement de ne rien faire?) La question est déroutante parce que nous comprenons de quoi il s’agit: elle a le cancer du sein, et elle veut savoir s’il ne vaudrait pas mieux ne rien faire du tout.

Geste radical vs. Surtraitement
Ne rien faire devant un diagnostic de cancer du sein est une idée radicale, en particulier ce mois-ci, alors que nous sommes entourées de produits Ruban Rose et encouragées à participer à la «lutte» pour «battre» le cancer du sein. Quand on sait que le cancer du sein est le diagnostic de cancer le plus fréquent chez les Canadiennes et que 5 000 femmes en meurent au pays chaque année, il semble étonnant qu’une femme puisse choisir d’attendre et d’observer. Mais comme Siobhan O’Connor l’écrit dans son article du TIME, «Les médecins sont à repenser le traitement du cancer du sein», les recherches suggèrent que certaines femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce sont surtraitées.

C’est une nouvelle étude, publiée en août, qui a porté cet enjeu à l’attention du public. Publiée dans la revue JAMA Oncology, l’étude a suivi pendant 20 ans100 000 femmes à qui on avait diagnostiqué un carcinome canalaire in situ (CCIS), aussi appelé cancer du sein de stade0. Les chercheurs ont découvert que, peu importe le traitement (tumorectomie ou mastectomie, par exemple), les femmes avaient à peu près les mêmes chances de mourir du cancer du sein que la femme moyenne non atteinte d’un cancer (les femmes noires et celles de moins de 40 ans présentaient cependant un risque plus élevé).

D’autres options à part la chimio
Dans son article du TIME, la journaliste Siobhan O’Connor écrit que les avancées dans le dépistage génétique et une meilleure connaissance de la manière dont réagissent les différents types de cancers du sein amènent à croire que les femmes chez qui on a diagnostiqué des stades précoces de la maladie peuvent éviter les effets secondaires souvent débilitantsdes traitements agressifs. Par exemple, une nouvelle étude publiée le mois dernier laisse entendre que certaines femmes avec un cancer du sein à faible risque n’ont pas besoin de subir de chimiothérapie dans le cadre de leur traitement. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, a utilisé le test Oncotype Dx, qui se sert de la génétique pour déterminer la probabilité d’une récurrence du cancer. Les femmes dont les résultats au test étaient bas ont été traitées par hormonothérapie plutôt que par chimio. Lorsque les chercheurs ont fait un suivi cinq ans plus tard, ils ont constaté que le taux de survie de ces femmes était de 98%.

Bien sûr, il n’y a pas de solution unique et un traitement moins agressif n’est pas non plus la solution idéale pour toutes. Les antécédents familiaux, l’âge, l’origine ethnique et l’état de santé de la personne jouent un rôle dans la façon dont une femme et son médecin décident de procéder une fois le diagnostic de cancer établi.

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