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Secrets de beauté du monde entier

L’immigration a transformé la société canadienne en une riche mosaïque culturelle où nous pouvons toutes puiser de précieuses leçons de beauté. Essayez les traditions ci-dessous ‘ souvent transmises de mère en fille depuis des générations ‘sont naturelles et économiques.

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Nigeria

La Nigériane Maobong Oku vit à Vancouver depuis 14 ans, mais reste fidèle au beurre miraculeux du karité, un arbre originaire de la vaste ceinture semi-aride qui traverse une vingtaine de pays africains du Sénégal au Soudan et qu’on appelle Sahel.

« Nous nous en servons aussi bien pour cuisiner que pour hydrater la peau et revitaliser la chevelure, explique Oku, une enseignante de 41 ans, mère de deux enfants, qui danse et joue du tambour dans une troupe africaine traditionnelle. Il apaise les éruptions cutanées comme l’eczéma et l’acné, et soigne même le rhume. »

Les Sahéliennes récoltent les noix du karité depuis des siècles. Elle les font sécher, les broient, puis les font bouillir. L’huile qui remonte à la surface est barattée jusqu’à ce qu’elle ait la consistance du beurre mou. Cette crème riche en émollients naturels possède des propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires et antimicrobiennes scientifiquement prouvées. Selon une étude récente, elle a aussi une action décongestionnante qui justifie la coutume africaine de s’en mettre autour du nez quand on a le rhume.

« Nous buvons du beurre de karité fondu et salé pour calmer la toux, ajoute Oku qui rapporte toujours une provision de beurre artisanal de ses voyages annuels à Calabar, sa ville natale. C’est le meilleur hydratant qui soit ; il donne de l’éclat au teint. »

Au Canada, on trouve du beurre de karité fin dans beaucoup de magasins dont la chaîne Body Shop, qui s’approvisionne auprès d’une coopérative de commerce équitable ghanéenne. La société montréalaise Flash Beauté achète le beurre bio pur de sa gamme Kariderm (vendue sur la Toile et dans des boutiques d’alimentation naturelle partout au Canada) à une coopérative de femmes du Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest.

Recette de beauté.  Crème corporelle parfumée : placez un petit bol de beurre de karité pur dans un grand bol d’eau chaude. Ajoutez quelques gouttes de vos huiles essentielles préférées. Remuez. En fondant, le beurre formera une crème satinée.

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Inde

Dans tout le sud de l’Asie, la farine de pois chiches (qu’on appelle là-bas besan ou farine gram) est largement employée pour nettoyer et exfolier, resserrer les pores dilatés, adoucir l’épiderme et combattre l’acné. Kiran Kshatriya a quitté l’Inde pour le Canada quand elle était enfant. Elle vit à présent à Victoria. Tous les jours, cette mère de deux ados âgée de 49 ans se nettoie le visage avec une pâte de farine de pois chiches délayée à l’eau ou au thé vert tiède. Elle frotte pour la faire pénétrer, puis se rince le visage. Elle tient ce petit secret des femmes de sa famille. « La peau devient très douce et délicate », dit Kshatriya, qui donne des leçons de danse bollywoodienne dans un centre de loisirs et des cours à l’école de gestion d’un collège communautaire local. En Asie du Sud, les femmes ont également coutume d’appliquer une pâte de farine de pois chiches et de jus de citron sur la peau des genoux et les coudes pour la blanchir.

Au Canada, on trouve de la farine de pois chiches dans les boutiques d’aliments naturels, dans certains supermarchés desservant une clientèle ethnique et dans tous les magasins des grands centres urbains fréquentés par des Canadiens d’origine indienne.

Recette de beauté. Masque rajeunissant : prenez de la farine de pois chiches, ajoutez-y une pincée de curcuma, quelques gouttes de jus de citron, du lait et de d’huile d’olive en quantités égales jusqu’à ce que le mélange fasse une pâte. Appliquez sur le visage, laissez reposer 15 minutes, puis rincez.

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Russie

Les clientes torontoises d’Anna Kalashnikov ont bien du mal à croire que leur esthéticienne, qui est aussi diététicienne holistique agréée, a presque 50 ans et une fille de 22 ans. L’un des secrets de cette immigrée russe qui a quitté son pays natal en 1999 ? Tous les soirs, elle boit un verre de kéfir, un lait fermenté acidulé semblable au yaourt que les habitants du Caucase font depuis des siècles.

Le kéfir est une boisson hypocalorique riche en bactéries probiotiques, en calcium, en protéines, en vitamines (B notamment) et en nutriments de toutes sortes. Des recherches ont révélé qu’il facilite la digestion, ce qui, selon Kalashnikov, donne plus de couleur et de douceur à la peau. « Le kéfir est un élixir de jeunesse », affirme-t-elle. Dans les pays slaves, il a des applications topiques comme revitalisant capillaire, démaquillant et masque éclaircissant.

Beaucoup d’épiceries et de magasins d’aliments naturels vendent du kéfir, mais Kalashnikov fait le sien en ajoutant de la levure à du lait et en laissant le mélange reposer dans un pot de verre fermé.

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Japon

Depuis des siècles, les Japonais cultivent le rituel du bain ; ils y voient une forme de méditation propre à laver l’âme aussi bien que le corps. C’est cette tradition qui manque le plus à Ryoko Wada, peintre de kimonos et coordonnatrice des ventes de lingerie à Montréal, depuis qu’elle a immigré au Canada il y a 10 ans – et c’est cette ambiance qu’elle recrée dans sa salle de bains tous les soirs avant d’aller au lit.

Au Japon, le bain rituel est pris au sento (bain public) et est obligatoirement précédé d’une douche. On commence par un vigoureux étrillage de toutes les parties du corps avec une brosse ou un louffa, suivi d’un rinçage à l’eau tiède. Ensuite, la baignoire est remplie de l’eau la plus chaude qu’on puisse supporter ; on peut y jeter des pétales de fleur ou des tranches d’agrume (les Japonais emploient un agrume particulier appelé yuzu).
Pour recréer l’ambiance du bain japonais à la maison, dit Wada, tamisez l’éclairage et évitez de lire ou d’écouter de la musique : coulez-vous dans l’eau chaude et méditez, tout simplement. « C’est un moment privilégié de détente et de préparation au sommeil, explique la jeune femme de 33 ans. L’humidité fait merveille pour l’épiderme. » À chacun de ses nombreux voyages d’affaires au Japon, elle va au sento de la source chaude locale et profite des vertus de son eau minéralisée en se retrempant dans l’ambiance du bain collectif.

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Brésil

Depuis neuf ans qu’elle a quitté São Paulo, Silvia Jones n’a pas perdu l’habitude ancestrale d’utiliser l’avocat comme produit de beauté topique et alimentaire. « Nous en faisons des masques faciaux, des shampoings, des revitalisants, des hydratants », dit cette adjointe de direction de 39 ans qui travaille dans une banque torontoise. Les Incas, les Mayas et les Aztèques révéraient l’avocat et attribuaient des vertus mystiques et aphrodisiaques à cette denrée essentielle du régime latino-américain, cultivée depuis au moins 500 av. J. C. Ce qui se comprend quand on sait que l’avocat est riche en graisses mono-insaturées et renferme 20 nutriments différents dont des vitamines A, B6, C et E, du zinc, du fer et du potassium. Les graisses de l’avocat abaissent le taux de cholestérol, réduisent l’inflammation, ralentissent la sécrétion d’insuline et stimulent la régénération cellulaire. Seul inconvénient : un gros avocat procure jusqu’à 400 calories.

Jones boit chaque matin la pulpe d’une moitié d’avocat mixée avec du lait et du sucre. Les cinq avocats qu’elle consomme sous forme liquide chaque semaine lui donnent une peau resplendissante, hydratée en profondeur comme en surface. Les principales variétés d’avocat importées au Canada sont le Hass à la peau noire et granuleuse et le Fuerte vert clair et lisse.

Silvia Jones boit un lait mousseux à l’avocat pour donner de l’éclat à son teint. Au Brésil, ce fruit riche en minéraux est réduit en purée et utilisé comme masque nourrissant.

Recette de beauté. Masque hydratant : broyez un avocat, ajoutez du miel, appliquez sur le visage, laissez reposer 15 minutes, puis rincez.

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Iran

L’origine de l’épilation au fil se perd dans la nuit des temps, mais Moe Razi, décoratrice d’origine iranienne, ne jure que par cette technique aussi douce que précise. Largement répandue au Moyen-Orient et dans le sud-est asiatique, elle consiste à tresser trois fils de coton très fins – un dans chaque main et le dernier entre les dents ou autour du cou – pour arracher délicatement des rangées complètes de poils (pour une démonstration, cliquer « threading » sur Youtube).

Razi a appris la technique de ses tantes et l’a mise en pratique au spa où elle était maquilleuse dans les années 1990. « Les fils ne tirent pas la peau comme la cire, explique la Torontoise de 32 ans, qui continue à rendre ce petit service à ses amies. C’est la méthode idéale pour les zones sensibles comme les sourcils. C’est plus rapide et moins douloureux que la pince à épiler. » L’épilation au fil est offerte dans des spas et des salons de beauté de beaucoup de villes canadiennes. Comptez une dizaine de dollars pour les sourcils.

L’épilation au sucre est autre méthode traditionnelle chaudement recommandée par Razi. On trouve des mélanges en pharmacie, mais vous pouvez aussi faire le vôtre en suivant la recette ci-dessous.

Recette de beauté.  Incorporez le jus d’un demi-citron à une tasse de sucre blanc et à une demi-tasse de miel. Faites chauffer au micro-ondes à haute température jusqu’à ce que le mélange commence à bouillir. Remuez. Quand la pâte a assez rafraîchi pour que vous puissiez la toucher, étendez-la sur vos jambes à l’aide d’une spatule. Recouvrez de bandes de coton, pressez bien, puis tirez d’un coup sec dans le sens contraire à celui de la pousse des poils.

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Allemagne

Sommelière dans un hôtel de l’île de Vancouver, Britta Giese connaît toutes sortes de remèdes traditionnels allemands comme la décoction de jus d’oignon bouilli contre le rhume. Quand elle retourne dans son pays natal, elle ne manque jamais d’acheter un assortiment de crèmes médicinales. Elle affectionne tout particulièrement la vieille coutume du bain de pieds.

« Beaucoup de ménages allemands ont une cuvette réservée à cet usage », dit l’immigrante de 40 ans arrivée au Canada il y a cinq ans. Giese trouve que les Canadiennes consacrent beaucoup moins de temps à soigner leurs pieds que les Allemandes. Après une journée passée debout à monter et descendre l’escalier du cellier, elle récupère en laissant ses pieds baigner 20 minutes dans une eau tiède additionnée de sel d’Epsom ou de bain comme le Foot Bath de Gehwol (marque allemande qu’on trouve au Canada dans les salons de beauté et les spas), qui contient de la lavande, des sels minéraux, de l’huile de thym et de romarin. Après, elle frotte la peau rêche à la pierre ponce et applique une riche crème hydratante.

Travaillant dans un restaurant, Britta Giese passe ses journées debout et prend quotidiennement un bain de pieds pour se soulager, comme bon nombre d’Allemandes.

 

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