Chef en herbe

Comment encourager les talents culinaires de son enfant.

Chef en herbe

À trois ans, j’ai demandé à ma mère quand je pourrais cuisiner. «Quand tu pourras lire les recettes», m’a-t-elle répondu. Je me suis donc dirigée à pas hésitants vers le coin où elle gardait une pile de livres de cuisine et j’ai entrepris d’apprendre à lire.

Mon fils Willem a montré le même intérêt précoce pour la cuisine. A cette différence près que c’étaient les couteaux qui le fascinaient. Les vrais, pas le truc en plastique que j’avais payé 25 cents dans une vente-débarras!

Nous nous sommes d’abord attaqués à des légumes tendres. Très absorbé, Willem retenait les ingrédients avec son index, lequel index je surveillais de très près. Je le laissais ensuite approcher son tabouret de la cuisinière et, avec la lame du couteau, récupérer les légumes hachés sur la planche à découper pour les jeter dans la marmite d’une main inexpérimentée mais relativement précise.

À quatre ans, enchanté par un publireportage qu’il a vu à la télé, il a demandé un petit hachoir pour Noël. Quand il a découvert que l’appareil ne fonctionnait pas tel que promis, il était littéralement anéanti.

Aujourd’hui, mon fils est toujours fasciné par les couteaux, mais il s’intéresse à tous les aspects de la cuisine. Il observe les chefs avec le respect que les enfants plus âgés réservent à leurs héros sportifs et aux vedettes rock. Quand nous allons à la bibliothèque, il demande à feuilleter les livres de contes et de cuisine.
Bien qu’il accepte de m’aider, il préfère le rôle de chef à celui de marmiton. Au début, je grinçais des dents quand il voulait faire les choses à sa manière, par exemple mélanger dans un bol des ingrédients n’ayant pas la moindre affinité entre eux et les servir à quiconque avait l’infortune de passer à la maison. Je l’encourageais dans ses expériences tout en essayant de limiter les dégâts et le gaspillage, mais j’ai vite compris que si c’était le prix à payer pour que son amour de la cuisine l’accompagne tout au long de son existence, ça en valait le coup. Après tout, pourquoi ne pas apprendre à nos enfants à cuisiner à un âge où il est encore possible de passer du temps avec eux et d’éveiller leur intérêt? Sans compter que les jeunes esprits créatifs sont dénués de tout préjugé culinaire.

À mon sens, faire la cuisine est l’une des activités familiales les plus intéressantes. C’est amusant, on peut le faire à tout âge et, en prime, on y gagne un repas tout prêt ou un lot de biscuits chauds au parfum réconfortant.

Au fond, ce qui compte, ce n’est pas seulement ce qu’on mange, mais la façon dont on le prépare.

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