Risquez-vous de souffrir du syndrome du canal carpien?

Le syndrome du canal carpien est une douleur réelle et les femmes sont trois fois plus susceptibles d’en souffrir que les hommes. Découvrez-en les causes et les traitements.

Risquez-vous de souffrir du syndrome du canal carpien?

Vous ressentez des douleurs, des picotements ou un engourdissement dans les poignets, les mains et les doigts? Ce pourrait être les signes précurseurs de l’arthrite ou il pourrait s’agir du syndrome du canal carpien (SCC). Celui-ci présente des symptômes inflammatoires analogues. En fait, l’arthrite peut être un élément déclencheur du SCC, une pathologie qui touche plus d’un Canadien sur 20 et peut être diagnostiquée chez les adultes de tout âge. En plus des symptômes ci-dessus, le SCC provoque des picotements, des sensations de brûlure et «une difficulté à ramasser des objets.»

«Le syndrome se développe à la suite d’une pression sur le nerf médian du poignet», explique le Dr Thomas Goetz, assistant professeur au département d’orthopédie à l’Université de la Colombie-Britannique et chirurgien à l’hôpital St-Paul de Vancouver. «Ce nerf se trouve dans le canal carpien, un passage étroit à travers lequel les tendons qui contrôlent le mouvement des doigts passent aussi.» Le pincement du nerf restreint son approvisionnement en sang et en oxygène et, si rien n’est tenté, cette carence peut entraîner une perte de force musculaire et même l’atrophie.

Les causes du syndrome du canal carpien

Un SCC grave peut survenir après une blessure au poignet, comme une chute ou un accident, qui comprime l’espace dans le canal carpien. Habituellement, les symptômes sont progressifs, en raison d’une prédisposition qui provoque l’enflure de l’espace interstitiel (l’espace entre les cellules et les tendons) et l’apparition de tissus anormaux, laissant moins de place pour le nerf médian. Le diabète est la cause la plus fréquente, mais les anomalies comme la polyarthrite rhumatoïde, l’hypothyroïdie congénitale (et des petits poignets avec un étroit tunnel carpien) peuvent aussi déclencher cette réaction. En outre, «il a tendance à survenir chez les femmes qui sont enceintes, allaitantes ou en périménopause, parce que leurs hormones causent beaucoup d’accumulation de liquide», explique le Dr Jean-Paul Brutus, un chirurgien de la main en pratique privée à Montréal. «Les femmes sont trois fois plus susceptibles de développer le SCC, peut-être parce que le canal carpien lui-même est plus petit chez les femmes que chez les hommes

Les chercheurs ne peuvent affirmer avec certitude si le SCC est provoqué par des mouvements répétitifs, comme taper sur un clavier, le travail avec des outils qui vibrent ou la pratique de sports, comme le tennis. «Il ne fait aucun doute que certaines activités peuvent l’aggraver», déclare Goetz. «Mais il y a débat pour établir si elles sont une cause ou ont tout simplement agi comme déclencheurs chez les personnes prédisposées, pour les rendre symptomatiques.» C’est pourquoi, si vous croyez souffrir de SCC, il recommande d’abord d’éviter les activités aggravantes et d’apporter des modifications ergonomiques à votre poste de travail. «Parfois, cela suffit pour contrôler la situation», dit-il.

Les traitements pour le syndrome du canal carpien

Si la douleur ou des picotements vous réveillent la nuit ou limitent vos activités normales et si reposer vos mains quelques jours ne vous apporte aucun soulagement, voyez votre médecin. Il vous orientera vers un spécialiste pour un diagnostic. Ce spécialiste peut effectuer un test de conduction nerveuse pour découvrir d’éventuelles anomalies dans la réponse musculaire et, surtout si la cause est une pathologie à court terme, peut la traiter avec une attelle (qui soutient le poignet pour aider à la guérison) ou une injection de cortisone (qui réduira l’inflammation pour un maximum de neuf mois). «Lorsque les symptômes sont bénins, les malades trouvent le soulagement en étirant leurs poignets et les muscles de l’avant-bras, dit Brutus. Mais la physiothérapie aide seulement aux stades très précoces.»

Si vous présentez des symptômes bénins, le Dr Brutus recommande de tendre les poignets, les mains et les doigts vers l’arrière (comme si vous marchiez sur les mains) et de tenir pour le compte de cinq. Relâchez et serrez les poings avant de plier les poignets vers le bas. Maintenez la position pour un nouveau compte de cinq, puis redressez les poignets et détendez-les en comptant jusqu’à cinq. Répétez cet exercice 10 fois, plusieurs fois par semaine.

Les chirurgies pour le syndrome du canal carpien

Lorsque ces techniques non opératoires n’entraînent pas d’amélioration dans les quatre à six semaines, une intervention chirurgicale pour libérer le canal carpien est l’option suivante. Goetz recommande une intervention chirurgicale lorsque les symptômes ne disparaissent pas et quand il y a engourdissement continu (une indication que le nerf subit des dommages permanents).

L’approche traditionnelle est une chirurgie ouverte du tunnel carpien, au cours de laquelle on pratique une incision de 3 cm à 4 cm dans la paume de la main au-dessus du canal carpien, pour couper le ligament carpien transverse et accorder plus d’espace au nerf médian. Une technique récente, moins invasive, est l’opération par endoscopie qui vise le même but, mais est réalisée à travers une petite incision (1 cm) dans l’avant-bras et à l’aide d’un endoscope, un appareil de vision muni d’une minuscule caméra.

Les deux chirurgies, réalisées sous anesthésie locale, demandent moins de 10 minutes et, à moins que des lésions nerveuses permanentes n’existent, soulagent de l’engourdissement sur le champ. La douleur et la faiblesse se résorbent plus progressivement. La principale différence entre les deux procédures est le temps de guérison : il faut environ huit semaines pour se remettre complètement de la chirurgie ouverte, tandis que les patients opérés par endoscopie ont besoin de moitié moins de temps et éprouvent moins de douleur. «Un autre avantage de la méthode endoscopique, c’est que vous pouvez faire les deux mains du coup», dit Brutus, alors qu’avec la chirurgie ouverte, les opérations ont habituellement lieu à deux ou trois semaines d’intervalle, afin d’éviter l’infection de la plaie. À long terme, cependant, des études menées par des chercheurs de l’Université McMaster à Hamilton, en Ontario., le Centre de santé St-Joseph de London, en Ontario et l’Université de Lund en Suède n’ont démontré aucune différence dans les résultats ou la satisfaction des patients de deux options chirurgicales.

En ce qui a trait à la sécurité opératoire, la méthode endoscopique présente un taux de complications légèrement plus élevé, dit Goetz et l’étude de London a également constaté une incidence légèrement plus élevée de libération incomplète du nerf médian. «Vous ne pouvez pas voir le ligament ainsi que vous le pouvez avec la chirurgie traditionnelle, parfois une deuxième intervention chirurgicale est nécessaire.» Les complications pour les deux techniques sont l’infection mineure, en particulier chez les personnes atteintes de diabète et une légère augmentation de la douleur au poignet pour un maximum de trois mois.

Parce que les chirurgiens ont moins de formation pour effectuer la libération du canal carpien par voie endoscopique et en raison d’un accès limité aux salles d’opération avec l’équipement nécessaire, un patient peut attendre jusqu’à deux ans avant d’être convoqué pour cette chirurgie, au Canada. Devant l’accès limité aux soins, les patients avec des symptômes graves peuvent choisir de se rendre dans des centres médicaux privés. En Colombie-Britannique et au Québec, par exemple, le coût est d’environ 3000$. «Toutefois, de nouveaux modèles de financement des gouvernements pour réduire les temps d’attente ont rendu l’accès en temps opportun à la chirurgie endoscopique plus courant», a déclaré Goetz.

Comment faire pour empêcher le SCC?

‘ Étirez les avant-bras et les poignets plusieurs fois par jour.
‘ Évitez les mouvements répétitifs du poignet, comme la saisie forcée ou le fait de plier les poignets vers le haut et vers le bas, sans périodes de repos régulières.
‘ Si vous tapez pendant de longues heures, vérifier l’ergonomie de votre poste de travail et apporter des modifications si nécessaire. Un tapis de clavier peut garder les poignets droits et prévenir la compression causée par l’appui contre le bord d’un bureau.
‘ Assurez-vous que toutes les maladies inflammatoires, comme le diabète ou l’arthrite, sont sous le contrôle.
‘ Cessez de fumer. Parce que cela diminue l’approvisionnement en sang et en oxygène aux tissus, et peut provoquer une pression sur le nerf médian.

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