Le désir au naturel

Bien avant l’invention des aphrodisiaques artificiels, nos ancêtres employaient des plantes, des parfums et des aliments pour arriver au même résultat. Était-ce efficace ?

Le désir au naturel

Votre vie sexuelle est-elle pleinement satisfaisante? Si la réponse est non, vous n’est pas une exception. Selon une enquête auprès d’environ 31 000 Américaines dont les résultats ont paru dans le numéro de novembre 2008 d’Obstetrics & Gynecology, plus du tiers des femmes sont en panne de désir. Rien d’étonnant qu’on trouve dans les pharmacies et magasins d’aliments naturels tant de produits aux noms suggestifs qui promettent de « ressusciter le désir », d’« accroître la lubrification » ou de « faciliter l’orgasme ». Est-ce de la publicité mensongère ou y a-t-il là-dedans un fond de vérité ?

Il n’y a pas de données probantes sur l’efficacité ou l’innocuité à long terme de ces produits naturels parce que les sociétés pharmaceutiques hésitent à financer des recherches sur quelque chose qu’elles ne peuvent pas breveter. « Ce que nous avons, affirme Sherry Torkos, pharmacienne holistique à Ridgeway, en Ontario, et auteure d’une encyclopédie canadienne de la médecine naturelle, c’est l’expérience millénaire d’autres cultures. » Quand une de ses clientes se plaint de ne plus avoir envie de faire l’amour, Torkos s’assure qu’elle n’a pas d’autres problèmes – déficience thyroïdienne ou stress chronique, par exemple – avant de lui suggérer un complément. À en juger par les commentaires qu’elle reçoit, « il y en a qui doivent marcher ».

Comment, on ne le sait pas encore, mais « des dizaines de substances peuvent avoir une action aphrodisiaque sur le cerveau », note le docteur Ray Sahelian, un médecin de Los Angeles également diplômé en diététique qui a signé un livre sur les aphrodisiaques naturels. « Ça existe », dit-il. Il a essayé. De fait, un petit nombre d’études médicales internationales font croire que certains composés et parfums tiennent leurs promesses.

  • En 2008, à l’université indienne de Banaras, des souris ont sécrété plus de testostérone après avoir reçu un extrait de fleur de giroflier (que la médecine indigène emploie contre les troubles sexuels masculins).
  • La même année, au Sri Lanka, un concentré de thé noir de Chine (Camellia sinensis) a eu un effet aphrodisiaque notable sur des rats
  • En 2007, des chercheurs d’une université napolitaine ont rapporté que la fonction sexuelle de femmes souffrant du syndrome métabolique (associant l’hypertension, la résistance à l’insuline, l’obésité abdominale et un taux anormal de cholestérol) s’était améliorée après deux années de régime méditerranéen (à base de fruits, de légumes, de noix, de grains entiers et d’huile d’olive).
  • Des recherches de la Smell & Taste Treatment and Research Foundation de Chicago ont révélé que l’irrigation sanguine du pénis augmentait après inhalation d’un mélange d’odeurs de tarte à la citrouille et de lavande. La tarte à la citrouille est souvent parfumée à la muscade, et des chercheurs ont constaté en 2005 que l’extrait de muscade accroissait l’appétit sexuel et la vigueur de leurs rats de laboratoire.

Quid des mollusques et du chocolat ? Sont-ils aphrodisiaques ? Oui et non. Des chercheurs italiens ont rapporté en 2005 n’avoir observé aucune différence significative entre des femmes qui mangeaient du chocolat tous les jours et d’autres qui n’en croquaient pas. Par contre, une étude italienne de 2004 a établi que trois espèces de moules méditerranéennes contiennent un acide aminé qui stimule la sécrétion hormonale, y compris celle de testostérone, chez les rats.

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