Femmes de glace

Excellent pour le cardio, le hockey renforce aussi les jambes, les abdos, les muscles du dos… et séduit de plus en plus de femmes!

Femmes de glace

Allez dans n’importe quelle arena, n’importe quel soir. Vous verrez des équipes féminines foncer sur la glace et lancer la rondelle en s’amusant ferme. Le hockey récréatif féminin a beau être un volet restreint de la scène sportive canadienne, il se porte bien. Selon Hockey Canada, environ 16 000 femmes de plus de 18 ans ont régulièrement chaussé leurs patins de hockey en 2007-2008. Chaque année, des milliers de nouvelles adhérentes s’inscrivent à un club. Et comme plus de 60 000 filles de moins de 18 ans jouent actuellement au hockey, le nombre d’adultes ne peut que continuer à augmenter.

    Pourquoi ce sport fait-il tant de recrues parmi les femmes? « C’est une activité où je m’investis totalement. En entrant sur la patinoire, j’oublie tout », répond T.A. Loeffler, professeur à l’école de cinétique humaine à l’Université Memorial de St. John’s, qui joue au hockey pour son plaisir et étudie le jeu professionnellement. « Il faut à la fois patiner, passer la rondelle, jouer en équipe. C’est un merveilleux moyen de se mettre en forme, bien plus stimulant que l’exercice. »

Avantages physiques. Plusieurs éléments font du hockey un excellent exercice. D’abord, l’alternance de périodes d’activités courtes mais intenses avec des périodes de récupération. Généralement, les joueurs sont une minute sur la glace, passent quelques minutes sur le banc, puis retournent sur la glace. « Le rythme cardiaque et le métabolisme restent élevés tout au long de la partie, et aussi dans les 15 à 30 minutes qui suivent la fin du jeu », dit Michael Bracko, physiologiste des sports de Calgary et directeur de l’Institut de recherche sur le hockey. « On brûle beaucoup de calories : environ 400 par heure selon l’âge, le poids et la forme physique. Et bien sûr, ce sport renforce le cœur. »

    Le patinage renforce aussi les muscles des jambes (particulièrement les quadriceps, principaux muscles des cuisses) et les muscles fessiers. « De plus, les muscles du milieu du corps sont sollicités presque à chaque seconde passée sur la glace. C’est donc un excellent exercice pour les abdominaux et le dos », ajoute Bracko.

Avantages psychologiques. Pour beaucoup de femmes, le hockey est aussi un puissant facteur d’équilibre mental. Loeffler a questionné des femmes de 38 à 56 ans qui pratiquent le hockey récréatif. Pendant toute leur enfance, on leur a répété que le hockey était « un jeu de garçon ». Puis elles ont découvert que la pratique du sport national a un profond effet psychologique. « Celles qui jouent au hockey ont une meilleure image d’elles-mêmes, dit-elle. Et pas seulement à cause de l’appartenance à une équipe. Ce sport les aide à enrichir leurs liens avec leurs enfants ou leurs conjoints, s’ils jouent aussi au hockey. Et cela les reconnecte aussi avec un élément-clé de la culture canadienne. » Sans compter que sur la patinoire, tous les types de silhouettes sont admis. Avec l’épaisseur de l’équipement, tout le monde est sur le même plan, et les femmes sont moins soucieuses de leur apparence sur la glace qu’à la piscine ou au gym.

Prévention des blessures et entraînement. La mise en échec est interdite dans le hockey féminin, mais ce sport reste très physique. Il y a de nombreux chocs entre adversaires (pour s’emparer de la rondelle), sur la glace et contre la bande. « Au hockey féminin, on essaie de prévenir les blessures en haut du corps, surtout aux épaules », dit Bracko. Il recommande quatre exercices à pratiquer au gym, sur les machines de musculation, pour renforcer le haut du corps : développé debout ou assise pour les pectoraux, tirages horizontaux à poignée double, développé pour les épaules et appareil à poulie haute.

    Sur la glace, le corps est constamment penché en avant. Sur le banc, il est donc important de se reposer le dos en restant assise droite ou appuyée contre le dossier. Enfin, comme le hockey est un sport intense sur le plan cardio-vasculaire, il est essentiel d’avoir l’accord de son cardiologue avant de se lancer sur la glace, si l’on est le moindrement à risque.

Conseil olympique. Pour ménager son cœur et améliorer son jeu, il est conseillé de suivre l’exemple des joueuses de haut niveau qui adoptent un entraînement diversifié. « On ne s’enlise jamais dans la routine », dit Becky Kellar, 33 ans, deux fois médaillée d’or olympique, joueuse de défense dans l’équipe nationale féminine. « On fait beaucoup de cardio, beaucoup de musculation. On s’est aussi entraîné en piscine, on a fait du yoga, et maintenant, on est plusieurs à faire de la boxe. C’est excellent, ça aide à acquérir un bon « jeu de jambes ».

    Mais qu’on taquine la rondelle dans une modeste équipe locale ou qu’on prenne part à une compétition internationale, il y a une chose immuable : l’esprit d’équipe. « C’est toujours formidable de retrouver les filles, dit Kellar. Qu’on soit sur la glace ou en train de blaguer au vestiaire, il y a entre nous une solidarité qui rend ce sport vraiment agréable. »

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