Maladie d’Alzheimer

Il y a peu d’affections aussi déchirantes que la maladie d’Alzheimer. Dans les premiers stades, le corps reste vigoureux alors que l’esprit dépérit lentement mais inexorablement. La désorientation et les pertes de mémoire qui l’accompagnent entraînent de l’agitation, de la confusion et un sentiment d’impuissance. Tôt ou tard, ce que nous appelons le «moi» disparaît entièrement.

Maladie d'Alzheimer

Ce qu’est la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est une affection cérébrale qui affecte la mémoire, la pensée, le langage et le raisonnement. Au fur et à mesure que les neurones sont détruits, elle devient plus incapacitante, privant la personne de son aptitude à penser ou à parler de façon cohérente.  Des plaques et des «écheveaux» anormaux se forment dans le cerveau. Les plaques sont constituées de petits dépôts denses d’une protéine visqueuse, la bêta-amyloïde, qui s’accumulent sur les neurones. Les scientifiques croient que la bêta-amyloïde libère des radicaux libres, qui s’attaquent aux neurones. Les écheveaux sont composés des filaments de protéines qui soutiennent normalement les neurones, mais qui, dans cette maladie, se tordent, étouffant les cellules.

La maladie d’Alzheimer ne se guérit pas et ses symptômes sont irréversibles.

Personnes à risque de maladie d’Alzheimer

L’âge et l’hérédité sont les principaux facteurs de risque connus. Les personnes de plus de 65 ans sont plus à risque que les plus jeunes, et, dès lors, ce risque ne cesse de croître. Les personnes dont un membre de la famille a souffert ou souffre de cette maladie y sont courrent également plus de risques. Elle touche plus les femmes que les hommes, mais ce pourrait être parce que les femmes vivent, en moyenne, plus longtemps. En outre, lors d’une étude récente, on a montré que les personnes qui venaient d’une famille nombreuse (cinq frères et sœurs ou plus) courraient un plus grand risque que les autres. Enfin, les blessures graves à la tête qui entraînent une perte de conscience pourraient aussi consistuer un facteur de risque, de même qu’un faible niveau d’éducation et le sédentarisme.

Traitement de la maladie d’Alzheimer

Les médecins et les psychologues, dont le diagnostic est sûr à  80 ou 90%, peuvent dépister la maladie à un stade précoce; les patients sont alors plus susceptibles de bénéficier de traitements médicaux appropriés, de services de counseling et d’une vaste gamme de thérapies. Bien qu’ils ne puissent guérir la maladie, les traitements en ralentissent la progression. On recommande habituellement aux patients de prendre des médicaments. Les bienfaits qu’ils en tirent sont modestes et temporaires, mais le fardeau des soignants et aidants s’en trouve soulagé. Le counseling et d’autres approches psychologiques peuvent également améliorer l’humeur des malades et les aider à gérer leur vie au quotidien.

Médicaments contre la maladie d’Alzheimer

Les quatre médicaments utilisés présentement sont des inhibiteurs de la cholinestérase; ils freinent la dégradation par cette enzyme de l’acétylcholine, neurotransmetteur chimique  qui intervient dans la mémoire. Il est essentiel de les prendre dès que le problème est diagnostiqué car ils sont plus efficaces dans les premiers stades de la maladie.

Comme tous les médicaments prescrits pour la maladie d’Alzheimer, le donépézile (Aricept) et la rivastigmine (Exelon) ont un effet limité chez les patients souffrant d’une forme légère à modérément grave de la maladie alors qu’ils peuvent être utiles à ceux qui en sont gravement atteints. L’Exelon est possiblement le médicament de choix pour les personnes dont les symptômes évoluent rapidement. La galantamine (Reminyl), substance extraite des bulbes de jonquille, a des effets semblables à ceux de l’Aricept et de l’Exelon. Les résultats d’une étude prometteuse indiquent que les effets de ce médicament pourraient s’accumuler avec le temps. Ces nouveaux médicaments sont généralement utilisés de préférence à la tacrine (Cognex), le premier à avoir été prescrit pour soigner cette maladie. À hautes doses, la tacrine peut endommager le foie. 

Changements dans le mode de vie

  • Ayez à portée de main un carnet dans lequel vous aurez noté les informations importantes, par exemple le nom et la date de naissance de vos petits-enfants.
  • Faites de l’exercice. Quelques marches surveillées dans la journée peuvent calmer et diminuer le risque de vagabondage. Lors d’une étude, on a montré que cela pouvait également améliorer la capacité à communiquer.
  • Limitez votre consommation de caféine. Évitez le café, le thé, les colas et les autres produits contenant de la caféine, y compris certains médicaments en vente libre. Ces substances peuvent provoquer de l’agitation ou de l’insomnie.

 

Interventions pour le traitement de la maladie d’Alzheimer

La psychothérapie peut aider les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer à faire la paix avec leur vécu et à affronter la dépression et l’anxiété. L’ergothérapie pourrait également leur être utile dans la mesure où elle leur permet de se rappeler les gestes à effectuer au quotidien, par exemple s’habiller et se laver. Quant à la physiothérapie, elle les aide à préserver leur mobilité  tandis que l’orthophonie améliore leur capacité à communiquer.

Le massage, l’aromathérapie, la musicothérapie et la zoothérapie aident également les patients souffrant de cette maladie.

Approches alternatives pour le traitement de la maladie d’Alzheimer

L’extrait de ginkgo biloba, arbre originaire de Chine, pourrait améliorer légèrement la mémoire en augmentant l’apport de sang au cerveau; il provoque peu d’effets indésirables, sauf peut-être des problèmes de coagulation et des saignements internes. Tout comme les vitamines C et E, il aurait des propriétés antioxydantes et, de ce fait, protégerait les neurones. Utilisée de longue date en médecine traditionnelle chinoise, l’huperzine A, extraite d’une mousse, est, comme les médicaments utilisés pour soulager les symptômes de cette maladie, un inhibiteur de la cholinestérase et serait tout aussi puissante. Toutefois, il pourrait être dangereux de la prendre en même temps qu’un médicament, le surdosage étant toujours possible.

Questions à poser au médecin

 

  • Se peut-il que je souffre d’autre chose que de la maladie d’Alzheimer? Mes médicaments d’ordonnance pourraient-ils causer mes symptômes?
  • Est-ce que ça m’aiderait si je participais à un essai clinique qui expérimente de nouveaux médicaments ou traitements?
  • La maladie d’Alzheimer raccourcit-elle l’existence?
  • Que puis-je faire pour éviter de devenir un fardeau pour les autres?
  • Comment dois-je planifier ma vie pour faire face aux derniers stades de la maladie?

 

Vivre avec une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer

Il n’est pas facile de vivre avec une personne souffrant de cette maladie. Voici quelques conseils qui vous faciliteront un peu les choses:

  • Simplifiez le cadre de vie. Quand il y a trop de choses pour distraire son attention, la personne souffrant de cette maladie peut se sentir inutilement stressée. Établissez des routines calmantes. Limitez ses choix, par exemple vestimentaires ou alimentaires.
  • Redirigez son attention. Ne poursuivez pas une discussion si la personne se montre irrationelle ou irritée. Partagez une corvée avec elle, par exemple, pliez des serviettes, ou prenez une collation ensemble.
  • Installez des barrières et des serrures de sûreté. Elles contribueront à prévenir le vagabondage et à limiter les dangers.
  • Parlez-lui. Touchez-la. Regardez de vieux films avec elle. Pour de nombreuses personnes atteintes de cette maladie, ces activités sont réconfortantes.
  • Faites preuve de clarté dans votre manière de communiquer. Certaines personnes éprouvent de la confusion parce qu’elles ne savent plus reconnaître les émotions à l’œuvre. Restez calme. Employez des phrases courtes et accompagnez-les d’indices visuels et sonores, modifiant le ton de votre voix et vos expressions.

 

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