Asthme

Les crises d’asthme donnent souvent l’impression de suffoquer. La difficulté qu’on éprouve à faire passer l’air par des voies respiratoires rétrécies se traduit par des inspirations haletantes et de longues expirations sifflantes. La partie inférieure de la cage thoracique se contracte brusquement à l’inhalation et le pouls s’accélère; lors d’une crise grave, le manque d’oxygène est tel que les lèvres peuvent bleuir.

Asthme

Ce qu’est l’asthme

En cas d’asthme, la paroi des voies respiratoires enfle, restreignant l’apport d’air aux poumons et rendant la respiration difficile. Lors d’une crise, les voies rétrécissent, produisant souvent du phlegme, un mucus visqueux. De plus, chez les asthmatiques, elles sont hypersensibles et presque toujours rouges et légèrement enflammées. Ce qui signifie que leurs poumons sont vulnérables à des irritants de toutes sortes, notamment le pollen, les plumes et le poil des animaux (particulièrement celui des chats), l’aspirine ainsi que d’autres médicaments, les excréments des acariens, certaines conditions climatiques (par exemple, lorsqu’il fait très froid) et la fumée de cigarette. Il arrive aussi que les crises d’asthme soient déclenchées par des facteurs autres qu’environnementaux, par exemple une infection respiratoire,  le stress, l’anxiété ou l’exercice.

Personnes à risque d’asthme

Environ le tiers des asthmatiques ont des antécédents familiaux. S’il est vrai que, dans environ la moitié des cas, la maladie se déclare chez les enfants de moins de dix ans, on peut la contracter à tout âge. Comme ses manifestations varient considérablement d’une personne à l’autre, il est important de savoir ce qui la déclenche et comment votre organisme réagit à ces déclencheurs.

Traitement de l’asthme

L’asthme ne se guérit pas. Il s’agit d’une maladie chronique qui, si elle n’est pas traitée, peut être fatale. Il est essentiel d’être suivi par un médecin mais, dans la plupart des cas, on peut en maîtriser les symptômes par divers moyens : auto-équilibre, inhalateur, médicaments d’ordonnance, changements dans le mode de vie, de même qu’en évitant les déclencheurs les plus courants.

Médicaments contre l’asthme

Pour soigner votre asthme, il vous faudra probablement prendre au moins deux médicaments d’ordonnance : un bronchodilatateur pour soulager vos symptômes, et un stéroïde en inhalation pour prévenir les crises. Il est essentiel que vous sachiez quels médicaments vous prenez, et dans quel but, et que vous suiviez le mode d’emploi à la lettre.

Le bronchodilatateur par inhalation est le meilleur médicament lorsqu’on cherche un soulagement rapide en cas de crise; il dégagera vos voies respiratoires. Il s’agit d’un  stimulant des récepteurs B2-adrénergiques à action rapide, par exemple de l’albutérol, du bitoltérol, du pirbutérol ou de la terbutaline. Un anticholinergique tel le bromure d’ipratropium (Atrovent), médicament qui soulage les spasmes des muscles du poumon, pourrait également vous être utile. En cas de crise grave, vous devrez peut-être prendre des corticostéroïdes par voie orale ou même intraveineuse, par exemple de la prednisone, de la prednisolone ou de la méthylprednisolone afin de diminuer l’inflammation. Sous forme orale, ces médicaments sont habituellement prescrits pour un usage à court terme, car à haute dose et à long terme, ils peuvent causer des effets indésirables.

Pour la prise en charge à long terme de l’asthme, les corticostéroïdes par inhalation constituent la première ligne de défense; ils diminuent l’inflammation dans les voies nasales et les tissus des bronches. Parmi les plus connus, citons la fluticasone (Flovent), le flunisolide (AeroBid), le triamcinolone (Azmacort) et le budésonide (Pulmicort). Sous cette forme, les corticostéroïdes sont considérés comme innofensifs, présentant rarement les effets secondaires des formes orales. Les nouveaux antagonistes des récepteurs des leucotriènes, notamment le zafirlukast (Accolate), le montelukast (Singulair) et le zileuton (Zyflo) diminuent aussi l’inflammation des bronches. Leur action diffère de celles de corticostéroïdes par inhalation; de nombreuses personnes estiment que c’est plus efficace de prendre ces deux catégories de médicaments plutôt qu’une seule des deux.  Comme leur nom l’indique, les antagonistes des récepteurs des leucotriènes neutralisent les leucotriènes, puissants produits chimiques qui resserrent les voies respiratoires et font augmenter la production de mucus. Ils peuvent également soulager les symptômes des allergies nasales.

Parmi les autres traitements utiles, citons les bronchodilatateurs à libération prolongée tels que le salmétérol (Serevent); les médicaments combinés en inhalateur, par exemple le  fluticasone/salmétérol (Advair Diskus) et l’ipratropium/albutérol (Combivent); les inhalateurs non stéroïdiens comme le cromoglicate disodique (Intal) et le nédocromil disodique (Tilade);  la théophylline, un bronchodilatateur oral. Gardez toutefois à l’esprit que les gens réagissent différemment aux médicaments antiasthmatiques et qu’il est, par conséquent important de travailler main dans la main avec votre médecin pour trouver celui qui vous conviendra.  De plus, comme les infections respiratoires peuvent déclencher l’asthme ou l’aggraver, faites vous vacciner contre la pneumonie et, chaque année, contre la grippe.

Changements dans le mode de vie

Bien que vous aurez probablement besoin de médicaments d’ordonnance pour la prise en charge de votre asthme, il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire pour vous faciliter l’existence.

  • Ayez un plan d’action. Établissez-le avec votre médecin et partagez-en les grandes lignes avec les membres de votre famille. Dressez la liste des médicaments que vous devez prendre régulièrement et à titre préventif, et de ceux que vous devez prendre pour traiter des symptômes spécifiques; notez également l’information relative à la manière de gérer une crise, comment savoir quand il faut appeler le médecin et où aller en cas de crise grave.
  • Identifiez vos déclencheurs. Tenez un journal de vos crises, notant ce qui semble les déclencher. En dehors des produits de desquamation des animaux (particulièrement ceux des chats), le pollen, l’air froid, l’exercice, les acariens et les excréments de coquerelles, qui sont les déclencheurs les plus courants, l’aspirine, le chocolat, le lait, les noix et le poisson peuvent aussi déclencher une crise.
  • Perdez vos kilos en trop. Selon les résultats d’une étude menée au Canada, les femmes obèses, c’est-à-dire dont l’indice de masse corporelle est de 30 ou plus, courent presque deux fois plus de risques de souffrir d’asthme que les autres. Lors d’une autre étude menée auprès d’infirmières, on a découvert que celles qui prenaient plus de 25 kilos après l’âge de 18 ans couraient presque cinq fois plus de risques de souffrir d’asthme que celles dont le poids restait stable.
  • Buvez beaucoup d’eau. Voilà une autre bonne raison de boire au moins huit verres d’eau par jour: cela permet de relâcher le mucus et de dégager les voies respiratoires.
  • Gardez l’air de la maison sec. Le taux d’humidité devrait être de moins de 50%. En outre, un déshumidificateur ou un système de climatisation contribuera à limiter les populations d’acariens. Changez régulièrement les filtres.
  • Ne fumez pas. Et tenez-vous loin des fumeurs. La fumée secondaire peut déclencher une crise d’asthme en plus d’augmenter le risque de contracter la maladie. Lors d’une étude menée en Suède auprès de 8000 adultes, on a découvert que 7,6% de ceux qui avaient été exposés à la fumée secondaire durant leur enfance souffraient d’asthme, comparativement à 5,9% chez ceux qui en avaient été épargnés.
  • Habillez-vous chaudement. L’air froid de l’hiver peut déclencher l’asthme. Couvrez votre nez et votre bouche avec une écharpe. L’air que vous respirerez sera ainsi plus chaud.

 

Approches alternatives pour le traitement de l’asthme

Comme le stress et les émotions fortes peuvent déclencher l’asthme, il est important de trouver des moyens de rester calme. Lors d’une intéressante étude, on a observé que la méditation yogique pouvait renforcer l’effet des médicaments contre l’asthme. Un groupe d’asthmatiques qui continuaient d’éprouver des symptômes malgré leurs médicaments préventifs, ont vu leur état s’améliorer après qu’ils aient pratiqué le Sahaja yoga pendant quatre mois. Cette forme de méditation indienne enseigne à ceux qui la pratiquent à atteindre l’état de «silence mental», état dans lequel on reste vigilant sans entretenir de pensées particulières ou se concentrer sur ses pensées. Des examens des poumons ont révélé que ceux qui pratiquaient le yoga étaient moins sensibles aux déclencheurs d’asthme que ceux qui pratiquaient d’autres techniques de relaxation. Deux mois après qu’ils aient interrompu leur pratique, les bienfaits ont disparu. Par ailleurs, l’acupuncture pourrait améliorer, à court terme, la fonction pulmonaire, bien que les preuves scientifiques à cet effet ne soient pas très concluantes. Enfin, dans une étude avec groupe témoin, près de 50% des asthmatiques qui pratiquaient l’imagerie guidée ont pu diminuer, voire interrompre, leur médication, comparativement à seulement 18% de ceux du groupe témoin.

Certains aliments peuvent vous aider dans la prise en charge de votre asthme. Ainsi, des chercheurs du Royaume-Uni ont découvert que les personnes qui prenaient au moins deux pommes par semaine couraient 32% moins de risque de suffrir de cette maladie que celles qui en mangeaient moins. Ils ont également découvert que ceux dont l’alimentation leur fournissait au moins 55 mcg de sélénium chaque jour, l’apport quotidien recommandé, couraient près de deux fois moins de risque d’en souffrir que ceux qui n’en tiraient que 30 mcg ou moins. La noix du Brésil, le poisson, les huîtres et les graines de tournesol sont, parmi d’autres aliments, riches en sélénium. Enfin, les chercheurs croient que les antioxydants tels que la vitamine C stimulent la santé des poumons et pourraient contribuer à réduire le risque de contracter la maladie.

Questions à poser à votre médecin

  • Pourriez-vous m’aider à préparer un plan d’action pour la prise en charge de mon asthme?
  • Devrais-je apporter les mesures de mon débit de pointe lors de mon prochain rendez-vous?
  • Est-il dangereux pour moi de faire de l’exercice?
  • Devrais-je songer à aller vivre dans un endroit au climat différent?
  • La désensibilisation peut-elle m’aider?
  • Devrais-je consulter un spécialiste?

 

Vivre avec l’asthme

Voici quelques conseils qui vous aideront dans la prise en charge de votre asthme:

  • Mesurez votre débit de pointe. Le débitmètre de pointe vous aidera à gérer une crise avant qu’elle ne devienne trop grave. Ce petit appareil de plastique peu coûteux mesure la vitesse à laquelle l’air est expulsé des poumons. Chez les personnes dont l’asthme n’est pas traité, le débit de pointe est faible; il augmente, souvent considérablement, quelques minutes après qu’elles aient pris leur médicament. Mesurez-le deux fois par jour quand votre asthme est maîtrisé; vous connaîtrez ainsi votre débit normal.  Lorsqu’il baissera, vous saurez qu’une crise se prépare.
  • Procurez-vous un tube d’espacement. L’aérosol-doseur (communément appelé «pompe») libère une dose précise de médicament lorsque vous appuyez sur la cartouche, mais il est parfois difficile de minuter ce type d’inhalateur. Le tube d’espacement est alors bien utile. Il s’agit d’un long tube de plastique que l’on installe sur un des embouts de l’inhalateur, l’autre embout étant placé dans votre bouche. Une fois l’inhalateur activé, le médicament reste dans le tube d’espacement jusqu’à ce que vous l’inhaliez. Dans certains cas, par exemple avec l’Advair Diskus, le médicament n’est libéré que lorsque vous inhalez.
  • Gardez la maison propre. Près de 90% des asthmatiques réagissent mal aux acariens, ces petits insectes qui se cachent dans les tapis, les matelas, la literie, le tissu du mobilier et même les vêtements. Première chose : si possible, débarrassez-vous de vos tapis. Ensuite, servez-vous d’un chiffon humide ou huilé pour épousetter partout où c’est nécessaire et utilisez un aspirateur avec sac à microfiltration. Une fois par semaine, lavez toute la literie dans l’eau chaude (55º C ou plus). Vous devriez également envisager la possibilité de remplacer vos stores ou vos rideaux par des stores qui s’enroulent et ramassent ainsi moins la poussière.