Arthrite

Les experts ne comprennent toujours pas pourquoi le cartilage, ce tissu qui revêt l’extrémité des os et absorbe les chocs, se dégrade chez certaines personnes, provoquant les symptômes de raideur et de douleur caractéristiques de l’arthrite.

Arthrite

Ce qu’est l’arthrite

L’arthrite, en gros, consiste en une inflammation d’une articulation. Ce terme englobe plus de 100 maladies rhumatismales qui causent de la douleur, de l’enflure, de l’inflammation et une perte de mobilité des articulations et tissus conjonctifs du corps. La plupart du temps, la maladie est chronique, c’est-à-dire que, une fois qu’on en souffre, c’est pour la vie, sans compter que l’hérédité joue un rôle important. Cependant, il existe des traitements puissants qui peuvent contribuer à prévenir la douleur, l’incapacité physique et les difformités qui en résultent. D’où l’importance d’obtenir un diagnostic dans les premiers stades de la maladie. Si vous éprouvez de la douleur, de la raideur ou de l’enflure dans un muscle ou une articulation pendant plus de quelques semaines, consultez votre médecin.

L’arthrose est la forme la plus courante d’arthrite. Environ un Canadien sur dix, soit près de 3 000 000 de personnes, en souffre. La maladie apparaît lorsque le cartilage, ce tissu caoutcouteux qui revêt l’extrémité des os, se dégrade sous l’effet de l’usure. Privée de ce revêtement protecteur, la surface des os de l’articulation se trouve exposée à la friction; douleur et dommages en résultent.

Personnes à risque d’arthrite

L’arthrite étant une maladie dégénérative, les causes sont diverses. Vos antécédents familiaux pourraient être en cause : par exemple, il se peut que, à cause de votre constitution génétique, vous ne produisiez pas suffisamment de collagène, protéine essentielle à la formation du cartilage. Ou encore, vous avez subi une blessure (récemment ou il y a longtemps), faites de l’embonpoint ou faites appel à une articulation de façon répétitive (par exemple, au travail).

L’arthrose est plus courante chez les personnes de plus de 45 ans.

Plus grave, la polyarthrite rhumatoïde peut être diagnostiquée à tout âge. Il s’agit d’une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire se déchaîne, attaquant les articulations et le tissu conjonctif comme si c’étaient des envahisseurs étrangers. Elle provoque de l’inflammation dans tout le corps.

Traitement de l’arthrite

Si vous souffrez d’arthrite, vous connaissez probablement de bons et de mauvais jours. Les mauvais jours, essayez d’abord de prendre un analgésique (acétaminophène, anti-inflammatoire non stéroïdien en vente libre, ou inhibiteur de la COX-2). Au bout de quelques heures, vous vous sentirez probablement mieux. Pour soulager la douleur, vous pouvez aussi avoir recours à des remèdes maison, par exemple, les compresses chaudes ou froides, les liniments, les étirements ou les méthodes naturelles de relaxation. Les suppléments de glucosamine et de chondroïtine pourraient contribuer à prévenir la détérioration du cartilage. Vous devez aussi savoir qu’il est possible de prendre le dessus en apportant quelques changements à votre mode de vie. Ainsi, vous pouvez éviter les crises en surveillant votre poids, en faisant régulièrement de l’exercice, en portant les chaussures (à talon ou semelle compensée) recommandées par votre médecin et en utilisant les appareils d’aide à la marche ou orthodontiques qu’il vous prescrira. Le physiothérapeute pourra également vous aider. Demandez à votre médecin de vous référer afin que votre assurance couvre les coûts.

La médecine offre de bonnes solutions pour soulager l’arthrite. Si l’enflure est prononcée, votre médecin pourrait vous proposer de drainer le fluide qui entoure l’articulation, par exemple le genou, au moyen d’une seringue. Les injections de stéroïdes ou d’acide hyaluronique pourraient également vous apporter un soulagement. Dans l’ensemble, il y a peu de chances que vous deviez subir une intervention chirurgicale mais, si c’est le cas, sachez que ce genre d’intervention donne habituellement de très bons résultats. Avant de songer à une intervention nécessitant de remplacer l’articulation, les chirurgiens vont d’abord vous suggérer de vous adonner à des activités d’aérobique sans heurts, par exemple le vélo, la marche ou l’exercice sur appareil elliptique, plutôt que des exercices qui exigent beaucoup des genoux, comme la course ou le ski.

Médicaments contre l’arthrite

Aucun médicament ne peut guérir l’arthrite, mais il en existe de nombreux qui soulagent la douleur et la raideur, rendant la vie plus agréable. En premier lieu, prenez de l’acétaminophène. Si votre douleur et votre raideur sont légères, cette substance pourrait suffire, d’autant plus qu’elle présente très peu de dangers. Cependant, comme elle ne peut calmer l’inflammation, si vous éprouvez toujours de la gêne ou s’il y a de l’enflure, prenez aussi un anti-inflammatoire non-stéroïdien, par exemple de l’aspirine, de l’ibuprofène ou du naproxène. En vente libre ou, pour les plus puissants, sur ordonnance, les AINS bloquent la production par l’organisme de prostaglandines, substances qui déclenchent l’inflammation. Par contre, si vous devez les prendre régulièrement, ils pourraient vous causer des problèmes digestifs. Bien que généralement inoffensifs, ils peuvent irriter la paroi de l’estomac, provoquant des malaises, des douleurs abdominales, voire même des saignements. En plus d’un AINS, utilisez un liniment (analgésique sous forme de crème, lotion ou vaporisateur). On doit habituellement l’appliquer (c’est du moins le cas des produits à base de capsicine ou de salicylate de méthyle) quatre fois par jour pendant plusieurs jours avant d’obtenir des résultats.

Si vous souffrez des effets secondaires des AINS ou si vous êtes prédisposé aux ulcères, votre médecin vous a peut-être déjà suggéré de prendre des AINS d’ordonnance, connus également sous le nom d’inhibiteurs de la COX-2. Lancés à la fin des années 1990, le célécoxib et le valdécoxib en sont venus à dominer 60% du marché de 6,6 milliards de dollars que représentaient les médicaments antiarthritiques. Cependant, les résultats d’études plus récentes indiquent que le risque de crise cardiaque qu’ils posent est quatre fois plus élevé que celui des analgésiques traditionnels; en outre, certains de ces médicaments présentent des effets indésirables graves, y compris le risque de mourir. Le Vioxx a été volontairement retiré du marché par son fabricant mais le Celebrex, le plus populaire des deux, est toujours offert. Il fait présentement l’objet d’une investigation par la FDA (Food and Drug Administration) américaine. Des études cliniques menées sur le Bextra indiquent que le risque d’ACV et de crise cardiaque est encore plus élevé, particulièrement pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques. Par conséquent, si vous en prenez, demandez à votre médecin d’évaluer vos risques et, au besoin, de vous suggérer des solutions de rechange.

Si votre arthrite est grave, les opioïdes tels que le tramadol ou la codéine méritent d’être considérés. Visez à prendre la plus petite dose efficace possible afin de diminuer le risque de dépendance (particulièrement en ce qui a trait à la codéine) ou d’effets indésirables tels que la constipation, la nausée ou la somnolence.

Changements dans le mode de vie

Quand les articulations craquent et font mal, il peut sembler aberrant de faire de l’exercice, et pourtant, c’est l’un des meilleurs remèdes contre l’arthrite. Bien conduit (la bonne forme est cruciale), l’exercice peut rendre plus tolérables la douleur et la raideur. Ce sont les exercices de musculation, effectués avec des poids conçus pour fortifier et tonifier les muscles, qui vous donneront les meilleurs résultats. Ils stabiliseront et assoupliront vos articulations. Demandez à un physiothérapeute de vous apprendre les exercices particuliers qui, compte tenu de votre état, vous aideront. Seulement après vous être concentré sur les mouvements faisant travailler vos muscles, pourrez-vous ajouter l’aérobique à votre programme. L’aérobique sans heurts (natation, vélo, marche) stimule la circulation sanguine et, en vous aidant à maintenir un poids santé, réduit la pression s’exerçant sur vos articulations. De plus, c’est excellent pour l’humeur. Et si vous allez jusqu’à transpirer, vous pourriez être moins sensible à la douleur. Enfin, vous pourrez ajouter à votre programme des exercices d’étirement et d’amplitude articulaire tels que le yoga ou le tai chi, qui vous assoupliront et augmenteront votre tolérance à la douleur.

Les progrès que l’exercice permet de faire sont étonnants. Lors d’une fascinante étude menée en 2002, des chercheurs ont découvert que les patients souffrant d’arthrose du genou qui faisaient régulièrement de l’haltérophie ou de l’aérobique réussissaient beaucoup mieux à s’habiller, prendre un bain et se déplacer seuls de leur lit à leur chaise que ceux qui ne faisaient que se tenir informés des moyens à prendre pour gérer leur maladie. Cependant, s’il est vrai que l’exercice est très important, il faut aussi veiller à donner du repos à vos articulations. Soyez à l’écoute de votre corps. Il est normal d’éprouver un peu de douleur le lendemain d’une séance d’entraînement, mais si elle ne vous lâche pas, reposez-vous un peu.

Informez-vous auprès de votre médecin sur les protecteurs d’articulation (attelles, appareils orthopédiques, collets cervicaux, béquilles, cannes). Ils supportent les parties douloureuses et sont particulièrement utiles pour alléger la pression qui s’exerce sur les articulations du bas du corps. Consultez les catalogues des entreprises qui vendent du matériel d’ergonomie ou informez-vous auprès du personnel des boutiques spécialisées. Ainsi, il existe des pinces spéciales facilitant l’ouverture des pots; elles sont très utiles aux personnes souffrant d’arthrite aux mains. Les coussinets en caoutchouc mousse que l’on peut fixer sur le manche des outils de jardinage ou des accessoires d’entretien ménager peuvent également vous faciliter l’existence. La douleur arthritique du genou ou de la hanche pourra être soulagée grâce à des chaussures orthopédiques ou munies de semelles absorbant les chocs ou de semelles compensées. En répartissant mieux votre poids et en corrigeant votre posture, ces simples aides peuvent changer beaucoup de choses. Pour les problèmes de genou, essayez les chaussures à talon compensé qui atténuent la poussée latérale sur l’articulation. Elles permettent à de nombreuses personnes de repousser l’arthroplastie par remplacement. La genouillère avec bande ou l’attelle-velcro peuvent également vous aider.

Pour obtenir un soulagement rapide de la douleur et de la raideur sans avoir recours aux médicaments, essayez les traitements à la chaleur ou au froid. S’il n’y a pas d’inflammation aiguë, appliquez des compresses chaudes ou utilisez des lampes chauffantes ou, encore, prenez un bain ou une douche chaude. Les traitements à la cire ou à la parafine chaude donnent des résultats spectaculaires sur les mains perclues d’arthrite. Par contre, s’il y a de l’inflammation, il faut avoir recours à la glace. Appliquez sur l’articulation douloureuse un sac réfrigérant, du genre que l’on utilise pour garder les aliments froids, ou un sac de petits pois surgelés. Vous pouvez aussi alterner entre le chaud et le froid. Quoiqu’il en soit, le traitement devrait durer environ 20 minutes (moins si votre peau rougit exagérément). Utilisez une serviette afin d’éviter le contact direct avec la peau.

Le surpoids a pour effet d’augmenter la pression sur les articulations portantes (genoux, hanches, pieds). Par conséquent, si vous avez accumulé les kilos en trop au fil des ans, mettez-vous au régime et faites de l’exercice.De plus, une alimentation saine contribuera à vous remonter le moral, que la douleur chronique finit invariablement par saper, et si elle est riche en fibres, elle vous aidera à combattre la constipation résultant de la médication antidouleur. Consommez amplement de poissons d’eau froide (saumon, hareng, sardine), qui sont riches en acides gras oméga-3, substances naturellement anti-inflammatoires. Ou avalez une cuillerée à soupe d’huile de poisson, d’onagre ou de lin. Il vous faut aussi prendre du calcium et de la vitamine D en abondance afin que vos os restent forts et soutiennent mieux vos articulations.

Interventions pour le traitement de l’arthrite

Si votre douleur est tenace, particulièrement au niveau du genou, l’injection de stéroïdes pourrait vous soulager. On ne peut en recevoir plus d’une aux trois mois, mais vous bénéficierez ainsi d’une période sans douleur d’environ trois semaines. L’injection d’un dérivé synthétique de l’acide hyaluronique pourrait vous soulager plus longtemps. Ce lubrifiant gluant est un composant du liquide synovial dont le rôle est de diminuer la pression dans les articulations et de les rembourrer. Les personnes souffrant d’arthrose en ont bien souvent des quantités dérisoires, si bien que les injections contribuent à en refaire les réserves. Après avoir reçu trois à cinq injections, vous pourriez passer plusieurs mois sans souffrir.

Si, malgré tout, vous souffrez toujours et avez du mal à vous déplacer, l’arthroscopie pourrait être envisagée. Pour cette intervention, le chirurgien pratique deux ou trois incisions près de l’articulation puis récupère les morceaux d’os ou de cartilage endommagés. Cependant, l’arthroscopie n’a présentement pas très bonne presse. Lors d’une étude menée en 2002 et dont les résultats ont été rapportés dans tous les médias, les patients qui avaient subi une fausse intervention (groupe témoin) disaient avoir moins mal au genou deux ans plus tard que ceux qui avaient subi la coûteuse arthroscopie. Il est donc important que vous en parliez avec votre médecin. Par ailleurs, l’ostéotomie pourrait être une solution si l’arthrite dans votre genou en est encore dans les premiers stades et si vous n’avez pas d’inflammation. En modifiant la direction, la longueur ou la position de votre tibia ou de votre fémur, le chirurgien peut réaligner votre articulation et faire en sorte que votre genou puisse retrouver sa mobilité et que votre poids soit mieux distribué sur l’articulation. Vos genoux ne seront pas symétriques mais vous aurez moins mal. L’ostéotomie peut également ralentir le processus de détérioration de l’articulation.

L’arthroplastie (ou prothèse) unicompartimentale du genou peut aussi soulager la douleur et retarder l’arthroplastie totale. Cette intervention réussit mieux chez les personnes qui ont plus de 60 ans, ne sont pas obèses, n’ont pas d’inflammation et dont le ligament croisé antérieur est intact. Le chirurgien retire l’os malade qu’il remplace par un implant. Les parties saines du genou étant préservées, la mobilité et le fonctionnement de l’articulation sont maintenues. Moins chère que l’ostéotomie, cette intervention entraîne aussi moins de complications et la récupération est rapide. Enfin, si la douleur est insupportable et que l’articulation est déformée, vous devriez songer à l’arthroplastie totale. Le taux de réussite est élevé et les techniques ne cessent de s’améliorer.

Approches alternatives pour le traitement de l’arthrite

Certaines approches alternatives peuvent être très utiles, mais cela dépend de la personne. Ce qui est efficace pour votre voisin pourrait ne pas l’être pour vous, et vice versa. Il vous faudra peut-être également faire preuve de patience. Les résultats tangibles ne se manifestent parfois qu’au bout de quelques semaines.

De nombreuses personnes disent éprouver du soulagement lorsqu’elles prennent régulièrement de la glucosamine et de la chondroïtine, deux suppléments alimentaires auxquels on attribue un effet positif sur le cartilage. Le sulfate de glucosamine est extrait des crustacées et mollusques, le sulfate de chondroïtine, du bétail.

Jumellée à d’autres traitements, la thérapeutique de relaxation apporte du soulagement. En effet, le stress et l’anxiété ont pour effet de resserrer les muscles autour des articulations, aggravant la douleur. La relaxation contribue à atténuer la douleur et la perception que vous en avez, et vous aide à mieux y faire face. En outre, un thérapeute expériementé pourra vous apprendre à utiliser les techniques de biofeedback et d’auto-hypnose. Quant à la respiration profonde, elle apporte de la détente. Les cours de yoga sont un bon endroit pour en apprendre les rudiments. La méditation vous permet de rester conscient de ce que vous sentez et de ce qui vous vient à l’esprit à un moment donné. Enfin, le massage avec léger pétrissage a pour effet de relâcher et étirer les muscles contractés, vour redonnant ainsi une partie de votre souplesse.

Une autre méthode utile pour soulager la douleur est l’acupuncture, ancienne thérapie pratiquée en Chine depuis 2500 ans. Les scientifiques occidentaux croient que l’insertion d’aiguilles sur des points statégiques pousse l’organisme à élaborer des composés qui soulagent la douleur et diminuent l’inflammation. Assurez-vous toutefois que le praticien que vous consultez utilise des aiguilles jetables stériles.

Vivre avec l’arthrite

Voici quelques conseils qui vous permettront une meilleure prise en charge de votre arthrite :

  • Suivez des ateliers. Les résultats d’études indiquent qu’en s’impliquant activant dans la prise en charge de son arthrose, on peut éprouver un véritable soulagement de la douleur. Il existe des ateliers menés par des personnes souffrant d’arthrose, spécialement formées pour transmettre de l’information pertinente sur les traitements, l’excercice et les stratégies permettant de se détendre et de faire face à la maladie.
  • Oubliez les talons hauts. Deux fois plus de femmes que d’hommes souffrent d’arthrose du genou et, selon des chercheurs de l’université Harvard, les talons hauts pourraient en être la cause. Quand on marche avec des talons de 5 cm ou plus, la force de torsion qui est appliquée sur l’intérieur du genou est 23% plus élevée que lorsqu’on marche pieds nus. C’est suffisant pour détruire le cartilage et causer l’arthrite. Par conséquent, optez pour des chaussures plates ou à talons bas, et gardez les talons hauts pour des occasions spéciales.
  • Pétrissez une balle. Prenez une balle de tennis dans la main et serrez-la fort; cela devrait soulager la raideur de vos avant-bras et de vos mains, et les renforcer. Pour obtenir une légère résistance, pratiquez une incision de 5 à 7 cm dans la balle, pour une résistance modérée, une incision de 2 cm.
  • Optez pour la meilleure intervention. N’acceptez pas de subir une arthroplastie de la hanche avant d’avoir demandé à votre médecin qu’il vous présente toutes les possibilités : quelle serait, selon lui, la meilleure intervention pour vous, compte tenu de votre âge, de votre état et de votre mode de vie?

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