Apnée du sommeil

Les nuits ne sont pas reposantes pour les personnes qui souffrent d’apnée du sommeil, une affection chronique et potentiellement dangereuse qui se caractérise par des arrêts respiratoires à répétition. Dans certains cas, Il pourrait suffire d’apporter quelques changements à votre mode de vie et d’avoir recours à un simple appareil pour la maîtriser.

Apnée du sommeil

Ce qu’est l’apnée du sommeil

Comme son nom l’indique, l’apnée du sommeil (aussi appelé syndrome d’apnées du sommeil ‘ SAS) se produit durant la nuit: la respiration, qui est normale durant le jour, devient intermittente durant la nuit, s’interrompant pendant des périodes qui peuvent durer de dix secondes à une minute, voire plus. Elle s’accompagne habituellement de ronflements bruyants; lorsque le taux d’oxygène dans le sang commence à chuter, la personne se débat dans son sommeil dans une tentative désespérée d’aspirer l’air qui lui fait cruellement défaut. Elle se réveille alors brièvement pour se rendormir ensuite. Le lendemain matin, elle ne se souviendra pas de ces interruptions, trop brèves pour être enregistrées dans sa conscience. Ce cycle peut se reproduire à plusieurs reprises durant la nuit (dans certains cas, aussi fréquemment que 100 fois l’heure), empêchant l’apnéique de tomber dans un sommeil profond et de refaire ses énergies; en conséquence, le lendemain, il est épuisé.

Les conséquences de cette affection vont bien au-delà de la simple fatigue. Les personnes souffrant d’apnée du sommeil courent deux ou trois fois plus de risque d’avoir un accident de la route que celles qui dorment normalement. En outre, l’accumulation de dioxyde de carbone dans le sang augmente le risque d’hypertension artérielle et d’autres problèmes cardiaques, notamment la crise cardiaque et l’ACV.

Personnes à risque d’apnée du sommeil

L’apnée obstructive (AOS), forme la plus fréquente d’apnée du sommeil, survient lorsque les tissus des voies respiratoires se détendent et s’affaissent durant le sommeil, bloquant l’arrivée d’air. Les personnes qui font beaucoup d’embonpoint sont particulièrement sujettes à en souffrir, de même que les hommes de 65 ans et plus. Votre risque est également plus élevé si un membre de votre famille en souffre ou, encore, si vous dormez sur le dos. L’apnée centrale (ACS), une forme beaucoup moins fréquente, présente les mêmes symptômes que l’AOS mais on pense qu’elle résulte d’un défaut des centres respiratoires du cerveau à commander la contraction des muscles respiratoires.

Traitement de l’apnée du sommeil

Après vous avoir posé quelques questions, le médecin saura si vous faites de l’apnée du sommeil, mais il devra avoir recours à un test pour déterminer de quelle forme il s’agit. La polysomnographie est le principal test utilisé à cet égard. Pendant une ou deux nuits, un technicien surveille divers paramètres, par exemple votre rythme respiratoire, votre taux d’oxygène, les mouvements de votre visage et de vos jambes, ainsi que vos ondes cérébrales. Ces données seront ensuite analysées afin de déterminer, de manière scientifique, la manière dont vous dormez.

Il y a de fortes chances que vous souffriez de la forme obstructive, comme c’est le cas de la plupart de ceux qui font de l’apnée du sommeil. Bien que votre état puisse nécessiter une intervention chirurgicale afin d’enlever les tissus qui bloquent le passage de l’air dans vos voies respiratoires, le médecin vous conseilla probablement d’abord d’apporter quelques changements à votre mode de vie et d’utiliser à la maison un appareil CPAP, qui facilite l’entrée d’air dans les poumons.

Médicaments contre l’apnée du sommeil

Il n’existe que quelques médicaments permettant de maîtriser les symptômes de l’apnée du sommeil. Certains présentent des effets indésirables sérieux. Vous ne devriez les prendre que sous surveillance médicale.

  • Protriptyline. Cet antidépresseur (Triptil, Vivactil) agit en augmentant la tension des tissus de la gorge et en les empêchant de s’affaisser durant le sommeil. Il diminue également les périodes de sommeil paradoxal (SP), phase au cours de laquelle se produisent la plupart des épisodes d’apnée.
  • Stéroïdes en inhalation nasale. Ces médicaments, qui sont habituellement prescrits pour soigner la sinusite, peuvent contribuer à atténuer l’inflammation et la congestion qui jouent parfois un rôle dans l’apnée.
  • Décongestionnants en vente libre. Ces médicaments (Sudafed, Drixoral) soulagent le ronflement et les difficultés respiratoires mineures dues à l’obstruction des sinus par le mucus. Cependant, vous ne devriez les prendre que durant quelques jours consécutifs. Certains contiennent des antihistaminiques à effet sédatif, ce qui aggrave les problèmes respiratoires.

Changements dans le mode de vie

Presque tous ceux qui souffrent d’apnée du sommeil sont en surpoids. On a montré dans des études que la fréquence des interruptions respiratoires augmentait de 32% pour chaque tranche de 10% de surcharge pondérale (par rapport au poids idéal). Vu sous un autre angle, il vous suffit de perdre 10% de votre masse corporelle pour diminuer vos épisodes d’apnée de 26%. En outre, évitez l’alcool et les sédatifs (antihistaminiques et somnifères) en soirée : ils peuvent détendre les muscles de la gorge et augmenter le risque qu’ils s’affaissent dans votre trachée

On recommande aussi à ceux qui font de l’apnée légère d’éviter de dormir sur le dos. C’est une simple question de gravité: lorsque vous dormez sur le dos, la partie supérieure de vos voies respiratoires se trouve tirée vers le bas, entraînant un affaissement des tissus du voile du palais qui bloquent l’arrivée d’air. Pour rester sur le côté durant la nuit, vous pouvez coudre une balle de tennis dans une petite poche située dans le dos de votre pyjama ou de votre T-shirt. La balle vous irritera lorsque, par mégarde, vous vous tournerez sur le dos durant votre sommeil.

Le traitement maison qui est probablement le plus efficace et le plus utilisé pour l’apnée obstructive est l’appareil CPAP (ventilation spontanée avec pression expiratoire positive). Composé d’un ventilateur que l’on pose à côté du lit, d’un tuyau et d’un masque nasal (voir illustration ci-contre), il  envoie un jet continue d’air pressurisé dans les narines, ce qui contribue à maintenir la gorge dilatée durant le sommeil. Il présente toutefois un inconvénient majeur: vous devrez l’utiliser tout au long de votre vie. En effet, votre apnée réapparaîtra dès que vous cesserez de vous en servir. Cependant, ceux qui l’utilisent régulièrement rapportent se sentir beaucoup mieux, essentiellement parce qu’ils sont moins fatigués et de meilleure humeur durant la journée. Leurs partenaires s’en réjouissent également du fait qu’ils arrivent enfin à bien dormir.

Interventions pour le traitement de l’apnée du sommeil

Il arrive que ni l’appareil CPAP, ni la perte de poids, ni les autres changements apportés à son mode de vie n’arrivent à corriger le problème. Dans ce cas, il se peut que le médecin pose un diagnostic d’apnée grave du sommeil, de maladie cardiaque ou de détresse respiratoire fréquente. Il pourrait alors recommander l’intervention chirurgicale.

L’uvulo-palato-pharyngoplastie (UPPP) est l’une des interventions les plus fréquemment pratiquées pour le traitement de l’apnée du sommeil. Malgré son nom, il s’agit d’une intervention relativement simple au cours de laquelle on enlève le tissu de l’uvule palatine et d’autres tissus du voile du palais qui se trouvent à l’arrière de la gorge, y compris les amygdales chez les personnes qui les ont toujours. Il a pour but d’élargir les voies respiratoires et de diminuer les mouvements musculaires anormaux qui interfèrent avec la respiration. Bien qu’elle atténue considérablement les ronflements, l’UPPP n’élimine l’apnée que chez environ 50% de ceux qui la subissent. On a également recours à une intervention moins effractive, l’ablation par radiofréquence, qui consiste à détruire les tissus à la base de la langue au moyen d’ondes radio plutôt que d’un scalpel. Pour être efficace, elle doit être pratiquée à quelques reprises au cours de séances qui durent environ 20 minutes chacune. On n’y a recours que pour soigner les cas d’apnée obstructive légère, mais le taux de succès est élevé.

Pendant des années, la trachéostomie était le seul traitement possible pour l’apnée du sommeil. Bien que son taux de réussite approche les 100%, elle n’est recommandée aujourd’hui que dans les cas ou l’apnée est extrêmement grave. Elle consiste à pratiquer une ouverture permanente de la taille d’une pièce de vingt-cinq sous dans la trachée et d’y insérer un tube. La nuit, ce tube laisse entrer l’air directement dans les poumons en contournant les voies respiratoires obstruées. On le ferme durant les heures de veille, à défaut de quoi on ne pourrait pas parler normalement.

D’autres formes d’intervention chirurgicale pourraient être nécessaires si vous avez une déformation du maxillaire inférieur ou une obstruction nasale, par exemple un polype, ou une déviation du septum. Si vous êtes gravement obèse, votre médecin pourrait recommander le bandage gastrique ou le pontage afin de vous aider à perdre du poids.

Approches alternatives pour le traitement de l’apnée du sommeil

De nombreux patients (et parfois leurs médecins) se tournent désormais vers les plantes médicinales et d’autres approches alternatives pour soulager leurs maux. Cependant, cet engouement ne s’est pas étendu à l’apnée du sommeil. A juste titre, car les risques potentiels qui y sont liés sont tels que les médecins recommandent de s’en tenir aux traitements médicaux classiques.

Questions à poser à votre médecin

  • Je ronfle beaucoup. Est-ce signe que je souffre d’apnée du sommeil?
  • Mon apnée s’aggravera-t-elle si je ne la soigne pas?
  • Je n’arrive jamais à regarder un film jusqu’à la fin. Est-ce à cause de l’apnée du sommeil ou bien d’un autre problème de santé?

Vivre avec l’apnée du sommeil

Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux prendre en charge votre apnée du sommeil:

  • Élevez la tête de votre lit de 10 à 15 centimètres en vous servant de briques ou de gros livres. Ce faisant, vous atténuerez les brûlures d’estomac, problème qui déclenche fréquemment l’apnée.
  • Soignez votre rhume des foins, soit en évitant les allergènes, soit en prenant des antihistaminiques non sédatifs afin de diminuer la congestion. Les symptômes allergiques provoquent souvent une recrudescence de l’apnée et des ronflements.
  • Évitez de prendre un repas riche juste avant de vous coucher. Cela pourrait aggraver votre problème.
  • Prenez garde à la LAUP. Souvent recommandée pour atténuer les ronflements, l’uvulopalatoplastie assistée par laser (LAUP) détruit les tissus du fond de la gorge. Cependant, elle n’a aucun effet sur l’apnée du sommeil et, dans ce cas, présente même un risque. En effet, comme elle a pour effet de supprimer les ronflements, vous pourriez ne pas vous rendre compte que vous faites de l’apnée, situation potentiellement dangereuse. Demandez d’abord à votre médecin de passer un test d’apnée.

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