Mon histoire: Une si longue attente

Elle débute au Nigeria en 1995, dans le cadre d’une conférence sur la méditation. Franca, ex-mannequin nigériane de 23 ans, y est hôtesse et accueille les participants venus des quatre coins du monde. Comme Oscar, le Camerounais. Le jeune homme, qui vit alors en France, est frappé par sa beauté et lui demande s’il peut la prendre en photo.

Mon histoire: Une si longue attenteCroyant avoir affaire à un journaliste, Franca accepte et lui donne même son adresse pour qu’il lui fasse parvenir la photo. «Je repars demain pour Paris, lui répond Oscar. Pourquoi ne pas m’accompagner?»

Amusée de sa blague, elle l’envoie gentiment promener. Mais Oscar a alors la certitude qu’il épousera un jour cette femme.

Quelques semaines plus tard, Franca reçoit la photo promise… et une demande en mariage. Elle refuse. Blessé, Oscar se confie à un vieil oncle. «Laisse le temps régler les choses», lui conseille-t-il. Le Camerounais finit par immigrer au Québec, mais, de toutes les femmes qu’il fréquente, aucune ne se compare au souvenir de la belle Franca – qui, de son côté, continue de repousser tous ses prétendants.

En 2002, sept ans après leur première rencontre, une autre conférence sur la méditation a lieu en Inde. Franca veut y aller. Elle repense souvent à Oscar et espère l’y rencontrer.

La jeune femme part chercher son visa à l’ambassade indienne et, au moment de descendre de l’autobus et de payer son ticket – au Nigeria, on règle à la sortie -, le chauffeur lui dit qu’un vieil homme assis à l’arrière l’a déjà fait pour elle. Intriguée, Franca se retourne et aperçoit un vieillard qui lui sourit. Elle ne le connaît pas, veut aller le remercier, mais le chauffeur la presse de sortir.

Elle atterrit à New Delhi deux jours plus tard, mais Oscar n’est pas à la réunion. Par contre, le vieillard de l’autobus s’y trouve! Intriguée, elle va lui parler et apprend, stupéfaite, qu’il assistait à la conférence au Nigeria sept ans plus tôt!

«Connaissez-vous un certain Oscar? lui demande-t-elle, pleine d’espoir.

– Je suis son oncle, lui répond-il. Il vit au Canada.»

Franca obtient son adresse, et ils s’écrivent pendant des mois.

Puis Oscar s’enhardit. «Je ne sais pas draguer, je suis libre, tu es libre. Viens me rejoindre au Canada!»

Cette fois, Franca accepte sans hésiter. Dix ans après leur première rencontre, ils se retrouvent à Montréal. De cette histoire sont nés trois beaux enfants: Ndolo, qui signifie Amour en douala (un dialecte du Cameroun), Moussango, qui veut dire Paix, et Chuks, qui se traduit par Gloire à Dieu.

La présence de l’oncle d’Oscar dans l’autobus ainsi qu’à la deuxième conférence reste mystérieuse. Franca prétend que le vieux sage, aidé par le hasard, a simplement accompli sa mission sur Terre: unir sa destinée à celle d’Oscar.

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