Mon histoire: Lignes de vie

Je me sentais de plus en plus mal, et les médecins n’arrivaient pas à mettre un nom sur ma maladie… Jusqu’à ce que ma mère ouvre Sélection.

Mon histoire: Lignes de vie

Juin 2009. J’ai 19 ans – et le cégep derrière moi. Pour fêter ça, mes amis et moi décidons de faire une virée à vélo jusqu’à Cape Cod. Nos bicyclettes chargées à bloc – tentes, sacs de couchage, attirail de cuisine -, nous prenons la route pour un périple de deux semaines. Des vacances de rêve.

Je rentre à Montréal, bronzée et en pleine forme, prête pour mon nouvel emploi: collectrice de fonds pour une ONG. Je travaille sur un coin de trottoir, d’où j’apostrophe des passants toute la journée. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au 19 juillet.

Ce jour-là, je commence à éprouver de violentes douleurs dans le bas du dos. Comme une brûlure interne. Le soir même, je suis terrassée par une immense fatigue. Le lendemain, les douleurs descendent dans les jambes et persistent, quelle que soit la position que j’adopte. Dans les jours qui suivent, elles ne cessent d’empirer, au point de m’empêcher de trouver le sommeil. Sportive et casse-cou de nature, j’ai dû souvent composer avec la souffrance, mais jamais avec quelque chose de semblable.

Inquiets, mes parents me conduisent dans une clinique d’urgence, où l’on me prescrit une série de prises de sang. Incapables de diagnostiquer mon mal, les médecins se perdent en conjectures. Stress? Douleurs psychosomatiques?

Je suis atterrée: ma souffrance est on ne peut plus réelle! Et mon état se détériore de plus en plus, sous le regard impuissant de mes parents. Le mal gagne le haut du corps, provoquant une rigidité de la nuque, des maux de tête atroces et des douleurs dans toutes les articulations. Le tout accompagné d’étourdissements.

Le résultat des tests sanguins arrive deux semaines plus tard: tous négatifs. Visiblement, la «médecine» ne peut rien pour moi.

La clé de l’énigme nous vient d’une manière inattendue, presque miraculeuse. En lisant son Sélection d’août 2009, ma mère tombe sur un article qui traite de la maladie de Lyme. Rarissime au Canada, cette affection, causée par la piqûre d’une tique, provoque de l’arthrite rhumatoïde et peut devenir chronique si elle n’est pas traitée rapidement.

C’est alors qu’un détail que j’avais oublié me revient à l’esprit: cinq semaines plus tôt, à mon retour de Cape Cod, j’avais consulté un médecin pour une piqûre d’insecte. Je n’avais pas vu la coupable, mais une boursouflure rouge vif était apparue dans le bas de mon dos. Le médecin n’avait rien noté de particulier et m’avait prescrit des antibiotiques à titre préventif.

L’article de Sélection, qui renvoie à un site gouvernemental, décrit en détail les symptômes de la maladie de Lyme et le traitement approprié. Grâce à ces quelques lignes, je sais enfin de quoi je souffre. Mais je ne suis qu’à moitié rassurée: les conséquences peuvent être terribles, explique-t-on, si on n’agit pas très vite…

Munis d’une copie de l’article, mes parents m’emmènent chez un autre praticien pour le convaincre de me donner le bon traitement. Il est d’abord sceptique, mais j’insiste tellement qu’il accepte finalement de me rédiger une ordonnance pour un test de dépistage de la maladie de Lyme et une autre pour les antibiotiques que je devrai prendre si jamais les résultats sont positifs. Le temps presse…

Nous essayons d’obtenir un rendez-vous dans trois laboratoires différents. Sans succès! Tous affichent complet dans l’immédiat. On nous conseille finalement de nous adresser au privé. Cette fois, ça ne traîne pas: dès le lendemain matin, j’ai un rendez-vous pour une prise de sang. Mais il y a un hic: le seul endroit, nous dit-on, où se pratique le test de dépistage de la maladie de Lyme se trouve à l’autre bout de l’île de Montréal, et l’on n’effectue ce genre de tests qu’une fois par semaine!

Nouvelles démarches, nouveaux coups de fil. Mon père réussit finalement à entrer en contact avec la technicienne chargée d’analyser les échantillons de sang. «Nous effectuons les tests aujourd’hui même, lui dit-elle, mais nous pouvons attendre les éprouvettes de votre fille encore quelques heures avant de procéder.»

Le laboratoire leur transfère immédiatement mes échantillons. Quelques jours plus tard, nous tenons les résultats: positifs!

Finalement, grâce à un traitement approprié, j’ai retrouvé la santé et je n’ai gardé aucune séquelle de la maladie de Lyme. Au grand bonheur de toute ma famille.

Merci Sélection!

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