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Mal de dos: causes et traitements

Pour soulager votre mal de dos et en connaître les causes, les plus grands spécialistes livrent leurs meilleurs conseils de prévention et annoncent des traitements avant-gardistes.

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Quelles sont les causes de votre mal de dos?

Le mal de dos – ou dorsalgie – ont toujours été chose courante, mais nos modes de vie actuels n’aident en rien ce fléau. En outre, le travail qui nous garde toute la journée devant un écran, aggravent les dommages que le vieillissement et les blessures peuvent infliger à la colonne vertébrale, aux muscles et aux disques.

« Nous avons tendance à être voûtés », explique Kristopher Karvelas, médecin et spécialiste en rééducation du Centre médical baptiste de Wake Forest, en Caroline du Nord. « Une mauvaise posture finit par imposer à la colonne vertébrale un stress qui, à la longue, cause des douleurs. »

Les estimations varient, mais rares sont ceux qui ne souffriront pas d’au moins un épisode de dorsalgie dans leur vie, et la moitié en souffriront au moins une fois par an. Comme l’a appris Renate Mangold, les problèmes de dos persistants proviennent souvent des disques de la colonne vertébrale. La douleur d’origine discale serait la principale cause de dorsalgie chez les individus âgés de 30 à 60 ans.

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Diagnostiquer votre mal de dos pour identifier les meilleurs traitements

Les disques intervertébraux sont de petites structures cartilagineuses qui forment des coussins entre les vertèbres. Composés d’une enveloppe fibreuse et d’un noyau gélatineux, ils amortissent les chocs qu’encaisse la colonne lorsqu’on s’assoit, marche, court ou soulève des charges.

Avec le temps, ce stress peut fissurer la couche extérieure des disques, entraînant une perte de la substance gélatineuse qu’ils contiennent. La douleur causée par un disque déplacé ne vient pas forcément de la fissure elle-même, mais de la pression qu’exerce le disque sur un nerf. Il arrive aussi que la substance qui s’échappe du disque provoque une inflammation dans les tissus environnants, ce qui peut aussi causer des douleurs. En plus d’endolorir le dos et les jambes, un nerf coincé peut encore provoquer engourdissement et picotements dans les membres inférieurs, ou perturber le fonctionnement de la vessie et de l’intestin.

Puisqu’un disque déplacé est visi­ble sur une IRM ou un tomodensito­gramme, on peut penser que le diag­nostic est facile. Ce n’est pas le cas. Car même si on ne souffre pas de douleur au dos, la probabilité qu’une IRM de lombaires révèle une hernie discale est de 50 %, expli­que le Dr Charles ­Argoff, neurologue et directeur du service polyvalent du traitement de la douleur, au Centre médical d’Albany, dans l’État de New York. Dans une étude de 1994, la moitié des sujets de plus de 30 ans ayant passé une IRM avaient une hernie discale. Or, ces patients ne souffraient pas nécessairement de dorsalgie.

« Il faut se garder de voir dans les IRM et les tomodensitogrammes ce qu’ils ne disent pas », prévient le médecin. Les hernies discales ne s’accompagnent pas toutes de symptômes et les maux de dos ne sont pas toujours causés par elles.

D’autres facteurs peuvent les expliquer – du simple étirement musculaire à des problèmes plus graves comme une infection de la moelle épinière, des calculs rénaux, une excroissance osseuse, une tumeur ou une maladie affectant l’un des grands organes. C’est pourquoi les médecins ne s’en remettent pas à la seule imagerie, mais procèdent également à un examen physique complet.

Si la douleur provient du milieu du dos plutôt que du côté gauche ou droit, si la douleur est plus vive au moment de se redresser après s’être penché, ce peut être le signe d’une douleur lombaire d’origine discale.

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Pour prévenir le mal de dos, l’exercice est essentiel

Après lui avoir prescrit des antidouleurs, le médecin de Renate Mangold l’envoya passer trois semaines dans un centre de rééducation. « J’y ai reçu des soins de physiothérapie et d’hydrothérapie, et j’ai appris à me détendre », confie-t-elle.

Son état s’est amélioré, mais pas autant qu’elle l’aurait souhaité. Elle s’est donc inscrite dans un centre de conditionnement physique où l’on proposait de l’équipement conçu pour réduire les problèmes de dos. Le programme d’exercices a soulagé ses maux de dos, même si la douleur n’a pas complètement disparu.

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« Nous craignons souvent que les patients souffrant de dorsalgie suivent les conseils de parents et amis qui leur suggèrent de se reposer et de rester couché », dit le Dr Fahad Khan, chargé d’enseignement en anesthésiologie et médecin au Centre médical Langone dans la ville de New York. C’est sans doute le pire conseil à donner. « L’inactivité favorise l’atrophie musculaire et créera d’autres problèmes de santé. »

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Ultime recours : la chirurgie pour soigner les maux de dos

Pourquoi ne pas régler vos maux de dos pour de bon grâce à une opération ? Selon l’Organisation mondiale de la santé, la cause des maux de dos est souvent difficile à cerner. Et si l’hernie discale n’était pas la source de vos maux ? L’opération ne servirait alors à rien. « Il n’est pas rare, dit le Dr Khan, de voir des patients aux prises avec une dorsalgie persistante après avoir subi une intervention à la colonne. C’est ce que nous appelons les « séquelles de l’échec chirurgical rachidien ». »

Et le médecin conseille : « Avant de songer à une opération, mieux vaut essayer d’autres techniques d’intervention, comme les injections épidurales de stéroïdes, pour aider à soulager la douleur. »

Dans certains cas, pourtant, elle est recommandée. Par exemple lorsque les traitements ne procurent aucun soulagement de ces symptômes que sont une douleur nouvelle ou plus aiguë, une faiblesse ou un engourdissement accru des jambes ou un changement dans le fonctionnement de la vessie ou de l’intestin, qui peuvent tous indiquer qu’un disque exerce une pression sur un nerf, rappelle le Dr Khan.

En 2011, une analyse des études réalisées dans le monde pour comparer ce type d’opération aux traitements classiques a démontré que les individus qui avaient subi une intervention chirurgicale se rétablissaient plus vite. Après un an ou deux, cependant, tous les patients déclaraient un niveau de douleur comparable. Ces résultats confortent les spécialistes dans leur recommandation que seuls ceux à qui les traitements classiques ne procurent aucun soulagement devraient envisager une telle intervention.

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Miser sur la prévention pour éviter les douleurs lombaires

Puisque nous sommes presque tous exposés aux maux de dos, la prévention devient une solution à prendre au sérieux. En commençant par être actif, mais sans forcer la note. L’important, selon le Dr Karvelas, est de privilégier un programme d’exercices pour entretenir les muscles abdominaux. « Je dis à mes patients de faire des exercices pour préserver la santé de leur colonne vertébrale, de la même façon qu’ils font des exercices cardiovasculaires pour celle de leur cœur. »

Le médecin rappelle qu’un poste de travail ergonomique peut aussi contribuer à maintenir un dos en bonne santé. Le bureau idéal devrait nous permettre de passer de la posi­tion assise à la position debout, en privilégiant cette dernière. « Lorsque vous êtes assis, votre fauteuil devrait comporter un support lombaire qui épouse le dos. Vous devriez aussi vous tenir droit de manière que vos épaules s’appuient aussi contre le dossier. » La position de l’écran d’ordinateur est tout aussi importante. « Votre écran devrait être à la hauteur des yeux. »

Les kilos en trop mettent aussi le dos à rude épreuve. Le maintien d’un poids normal est donc important. Et renoncez au tabac : le tabagisme prive la colonne vertébrale de certains nutriments.

À ceux qui souffrent déjà de douleurs lombaires, les professionnels de la santé recommandent d’abord l’exercice, avec les conseils d’un physiothérapeute, même à ceux qui auront à subir un jour l’opération. L’exercice permet aux muscles de maintenir le dos dans une position qui ménage la colonne et les disques intervertébraux.

La pratique d’une activité physique est sans doute le meilleur conseil dont peuvent profiter les personnes aux prises avec des maux de dos, affirme le Dr Khan. Un entraînement musculaire léger, les étirements, la marche, la natation, la gymnastique aquatique, le taï-chi et le yoga entrent tous dans cette catégorie. Il serait sage de consulter un professionnel qui déterminera les bons mouvements adaptés à votre condition. Le yoga et d’autres programmes d’étirements sont également efficaces pour réduire les symptômes.

L’acupuncture, que l’on recommande souvent pour atténuer la douleur, semble produire des résultats décevants. Une étude allemande de 2007 a comparé les résultats de véritables séances d’acupuncture à ceux de séances factices : les premières se sont avérées efficaces pour 48 % des patients, les secondes ont soulagé 44 % d’entre eux. Une étude de 2001 a démontré que le massage thérapeutique était beaucoup plus efficace.

Des médicaments comme les relaxants musculaires, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène, diclofénac), la gabapentine, les opiacés, les corticostéroïdes oraux et les antidépresseurs sont utilisés pour soulager temporairement les symptômes. Si l’acétaminophène est souvent recommandé, une étude récente indique qu’il serait moins efficace que d’autres analgésiques.

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Des traitements prometteurs pour guérir les douleurs au dos

Mise au point dans les années 1950, la stimulation de la moelle épinière apparaît comme traitement prometteur de la dorsalgie, particulièrement lorsque celle-ci persiste malgré l’intervention chirurgicale. « Nous implantons deux électrodes dans la zone lombaire, près de la moelle épinière, explique le Dr Khan. Elles envoient un signal électrique qui aide à masquer les signaux de douleur provenant des lombaires et des jambes. »

Cette technique est employée dans la plupart des centres universitaires de neurochirurgie canadiens. Au Québec, elle est pratiquée au CHUM, CUSM, CHUS et CHU de Québec. Son prix d’installation élevé constitue l’une des limitations principales à son utilisation, à tout le moins au Québec, où chaque centre dispose d’un budget annuel prédéfini. « Cette technologie a une efficacité clairement démontrée pour les patients souffrant de certains types de douleurs chroniques réfractaires au traitement médical », dit le Dr David Mathieu, président de l’Association de neurochirurgie du Québec.

Le cannabis médicinal

 La marijuana, ou cannabis, est utilisée depuis longtemps sans ordonnance pour sou­lager divers maux. Des études ont démontré qu’elle réduit le besoin d’opiacés pour soulager la douleur chronique. Le Dr Khan explique que l’une de ses composantes (le cannabidiol) semble être efficace contre certains types de névralgie, ce qui en fait un traitement potentiel des douleurs d’origine discale.

La médecine personnalisée

Pratiquement toutes les études de remèdes contre n’importe quel trouble attestent que ces derniers agissent sur certains sujets et pas sur d’autres. Pourquoi ? Parce que nous sommes des individus et non des statistiques, rappelle le Dr Argoff. Et nous avons parfois besoin de solutions sur mesure. En matière de douleur, la solution pourrait résider du côté de nos cellules cutanées. Sous l’effet d’une expérience douloureuse, celles-ci induisent des transformations chimiques. En déterminant quand vos cellules déclenchent ou freinent la réaction chimique associée à la douleur, les chercheurs espèrent établir avec précision le traitement qui vous soulagera, sans procéder par essai et erreur.

L’ozonothérapie

Bien que ce traitement quelque peu invasif soit encore considéré comme expérimental, on l’a utilisé en Italie, en Chine et en Inde avec des résultats probants. Des essais cliniques sont en cours au Canada. Un exposé de synthèse présenté en 2014 a révélé qu’en injectant de l’ozone dans le noyau gélatineux d’un disque déplacé, celui-ci réduisait de volume suffisamment pour soulager la pression qui provoque la douleur.

Rares sont ceux qui ne souffriront jamais de maux de dos. Les autres peuvent s’en prémunir en entretenant leurs muscles abdominaux et en rendant leur poste de travail ergonomique. Et ceux qui en souffrent déjà peuvent compter sur de bons traitements.