Bien communiquer avec votre docteur pour de meilleurs soins

Les médecins étant plus occupés que jamais, votre façon de communiquer avec eux influera sur la qualité des soins.

 

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IL ARRIVE À TOUT LE MONDE de sortir déçu du cabinet d’un médecin. Quand quelqu’un raconte une telle expérience à qui veut l’entendre – exception faite du médecin -, je me dis toujours qu’une partie du problème réside dans la difficulté à parler franchement aux figures d’autorité. Il n’est certainement pas toujours aisé de communiquer clairement avec votre médecin de sorte à profiter de la meilleure qualité de soins.

Le système de santé a changé depuis 5 ou 10 ans. Les séjours à l’hôpital sont plus courts, les cliniques sans rendez- vous plus débordées, entre autres parce que de moins en moins de généralistes acceptent de nouveaux patients. Les patients ont dès lors un rôle important à jouer dans leur prise en charge. Voici des conseils pour maximiser l’efficacité de votre consultation médicale.

1. Humanisez votre médecin

Nous attendons beaucoup des professionnels de la santé : qu’ils nous consacrent assez de temps, qu’ils s’expriment clairement, qu’ils soient de bonne humeur, qu’ils aient réponse à toutes nos questions. 

Demandez à des patients si leurs consultations médicales répondent à ces critères : vous récolterez quelques oui et beaucoup de non. Pourquoi ? Peut-être parce nos attentes sont irréalistes, ou parce qu’il y a un problème de communication.

On a souvent tendance à penser que le docteur est infaillible ; la discussion peut permettre de changer  ce point de vue. Si l’on considère les médecins comme de simples personnes, nos attentes sont forcément plus réalistes.

Un exemple parmi d’autres : une dame s’est présentée chez son médecin pour un rhume, et a été accueillie assez fraîchement. Elle s’en est étonnée, et en voyant sa réaction, le médecin lui a présenté des excuses et a expliqué qu’il avait une lourde charge de travail cette semaine-là et qu’il s’inquiétait pour sa fille malade. La patiente a alors compris qu’elle l’avait dérangé pour une bagatelle et qu’il avait des soucis comme tout le monde.

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2. Exprimez votre embarras

N’hésitez pas à prévenir votre médecin si un aspect de son examen vous met mal à l’aise. Si vous lui confiez que vous redoutez la palpation des seins, des testicules ou du rectum, il devrait se montrer compréhensif et tenter d’atténuer votre nervosité. Il se peut aussi que votre anxiété découle d’une aversion assez courante pour les actes médicaux invasifs.

Dans ce cas, vous pouvez essayer de penser à autre chose ou de discuter d’un sujet différent. Plaisanter aide aussi bien le médecin que le patient à se détendre. Si malgré tout, le malaise persiste, vous devriez peut-être songer à changer de médecin.

3. Faites preuve de tact

Il est important d’exprimer vos ressentis au médecin, mais il peut mal réagir à vos remarques, surtout si elles le visent directement. Sachez choisir le bon moment et, surtout, la manière, afin de vous faire entendre sans offenser. On attrape plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre, dès lors que la sincérité est l’ingrédient essentiel.

Supposons que votre médecin n’ait pas l’air de comprendre la nature de vos symptômes. Vous avez l’impression qu’il est buté et fait la sourde oreille. Vous avez peut-être raison, mais votre message passera sans doute mieux si vous le formulez comme suit : « Docteur, on dirait que je ne parviens pas à décrire mes symptômes correctement. De quelle manière devrais-je m’y prendre pour que ce soit plus clair ? » Vous donnez ainsi à votre interlocuteur une chance de reconnaître qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que vous.

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4. Mentionnez vos antécédents familiaux

Nous négligeons souvent de fournir au médecin des renseignements sur notre famille qui peuvent modifier le diagnostic, le pronostic, le mode d’intervention et même le traitement. Un grand nombre de pathologies ont une composante héréditaire : maladies cardiaques et mentales, AVC, certains cancers… Si votre médecin reste au courant, il pourra vous indiquer les symptômes à surveiller et les mesures préventives à prendre.

Imaginons qu’une patiente craigne de faire un AVC. Elle prend rendez-vous avec son médecin pour en discuter.

« J’ignorais qu’il y avait eu des AVC dans ma famille jusqu’à ce que mon grand-père en fasse un l’an dernier, dit-elle. Ma mère m’a alors appris que son propre grand-père était mort de la même cause.

– Je vois, répond le médecin tout en prenant des notes. C’est bien de me l’avoir dit. Mieux vaut tard que jamais.

– Un ami m’a dit ensuite que le stress chronique était un facteur de risque additionnel, poursuit la patiente. Or, j’ai un métier très stressant. Depuis, je m’inquiète.

– Je pense qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter maintenant, reprend le médecin. Ce n’est pas parce que des membres de votre famille ont fait un AVC que vous en ferez un aussi, et vous pouvez agir pour réduire le risque. »

Il lui donne quelques conseils pour modifier ses habitudes de vie, puis conclut : « Vous avez bien fait de me parler de ce risque. Cela me donne un bon cadre de référence et nous aidera à travailler ensemble à vous garder dans le meilleur état de santé possible. »

La patiente quitte le cabinet soulagée – et mieux renseignée sur les AVC.

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5. Détaillez vos symptômes

Vous devriez prendre note de tout changement physiologique – bosse, éruption cutanée, douleur persistante – et le signaler à votre médecin. Cela peut l’aider à diagnostiquer précocement les maladies potentiellement graves et le tient au courant de vos sujets de préoccupation.

Nous avons tendance à ne pas parler des inquiétudes et tensions de notre vie privée ; pourtant, elles peuvent miner notre santé. La détresse affective peut aggraver la dépression, les migraines, les maux de dos et de ventre, ainsi que la fatigue. Ainsi, bien communiquer au médecin ses troubles affectifs permettra à celui-ci de prodiguer les soins appropriés à la situation.

« Docteur, dit un patient, mes maux de tête sont plus violents depuis que ma femme et moi nous sommes séparés le mois dernier. Ils m’empêchent de travailler, nuisent à ma concentration. J’ai essayé les analgésiques sans ordonnance que vous m’aviez suggérés la dernière fois, mais ils ne font guère d’effet. Je ne sais pas quoi faire.

– J’ignorais la dernière fois que vous aviez vécu de tels bouleversements, répond le médecin. Ils sont probablement responsables d’une hausse de tension qui peut entraîner vos maux de tête. Laissez-moi vous examiner. »

En prenant la tension artérielle du patient, le médecin lui demande de lui en dire davantage. Il lui décrit ses sentiments à propos de sa récente séparation, les tensions de sa vie professionnelle. À la fin de la visite, il perçoit plus calmement sa situation.

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6. Employez des métaphores

Une bonne analogie peut exprimer de manière très efficace la nature d’une douleur physique ou psychologique. Prenez les exemples suivants :

• « C’est comme si une flèche me transperçait l’épaule. »

• « J’ai l’estomac meurtri, comme une ecchymose. »

• « Mes muscles brûlent. »

• « Mon coeur déborde de tristesse. »

• « Je me sens écrasé par mes responsabilités comme par un lourd sac à dos. »

Ce ne sont pas les mots ou les images qui manquent; l’important, c’est de choisir une formule qui décrit précisément ce que vous ressentez.

Après un accident au hockey, un patient avait la sensation que son genou allait exploser. « Je vois que vous souffrez beaucoup, lui a dit son médecin. Où avez-vous le plus mal ?

– Là », a-t-il répondu en pointant du doigt un côté du genou.

Le médecin a délicatement palpé la zone. « C’est très enflé. 

– Ça brûle et c’est lancinant, a gémi le patient. S’il vous plaît, donnez- moi quelque chose pour calmer la douleur.

– Avant, je voudrais savoir si la douleur est profonde. Pouvez-vous la décrire ?

– C’est comme si un couteau était planté dans un nerf.

– Je vois. Est-elle apparue progressivement?

– Oui, au début, elle augmentait lentement, puis elle s’est aggravée subitement. »

La description fournie par le patient a permis au médecin de prescrire le traitement adéquat.

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7. Paraphrasez

En répétant ce que vous avez entendu dans vos propres mots, vous vous assurez d’avoir bien écouté et bien compris votre médecin. Bien communiquer avec son médecin contribue à la qualité des soins.

Une patiente menait une vie active jusqu’à ce que douleurs et fatigue chroniques l’empêchent de faire du sport et d’autres formes d’exercice avec autant de plaisir qu’auparavant.

Elle a fini par consulter un médecin généraliste qui lui a diagnostiqué une fibromyalgie, maladie caractérisée entre autres par des douleurs musculaires chroniques et une fatigue physique et mentale.

« Veillez à faire des étirements avant vos séances d’entraînement, a dit le médecin. Vous devriez aussi réduire l’intensité des exercices pendant quelque temps pour voir comment réagit votre organisme. »

Il lui a remis quelques brochures. « Voici des informations supplémentaires. Lisez cela chez vous et nous en reparlerons à notre prochain rendez-vous.

– D’accord, récapitulons, a répondu la patiente. Je devrais éviter mes sports habituels, qui sont plutôt intenses. Ensuite, je reviendrai vous dire comment je me porte. C’est cela ?

– C’est cela. Nous nous reverrons dans deux semaines.

– Ce sera ma dernière visite ?

– Non, je devrai vous suivre pendant quelque temps. Il y a diverses possibilités à considérer, par exemple, vous joindre à un groupe d’entraide et changer de régime alimentaire. Pour le moment, lisez simplement les brochures que je vous ai données. »

En écoutant activement lors des consultations médicales, on évite la frustration et les malentendus, pour obtenir de meilleurs résultats.

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