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Mémoire : ralentissez le vieillissement de votre cerveau

Vous avez des trous de mémoire? Le ralentissement du cerveau débute à 27 ans, et le déclin de la mémoire débute un peu avant la quarantaine… La bonne nouvelle ? Vous pouvez ralentir ce processus!

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Mémoire : ralentissez le vieillissement de votre cerveau

Le tout commence au milieu de la vingtaine, de manière quasi imperceptible.

Un peu plus de lenteur pour prendre une décision, quelques secondes de plus pour résoudre une équation qu’on aurait liquidée en un clin d’œil au secondaire… Coupable: la lente diminution de volume du cortex préfrontal où se font les choix et se résolvent les problèmes. Ce déclin intellectuel commencerait à 27 ans, alors que celui de la mémoire débute à l’approche de la quarantaine.

 

 Si le phénomène est précoce, il n’est toutefois pas irrémédiable. «Nous pensions que le développement s’arrêtait tôt et qu’on devait ensuite se débrouiller avec ce qu’on avait. Nous savons maintenant que c’est faux», dit Bob Gottfried, directeur clinique d’ACE, un réseau d’établissements qui traitent les troubles de l’attention, de la mémoire et de l’apprentissage à Toronto. Le cerveau n’est pas un circuit imprimé non modifiable, mais une machine reprogrammable à n’importe quel âge. C’est par ce genre de reconfiguration qu’on réapprend à marcher après un traumatisme cérébral, à parler après un AVC.

À la fin des années 1990, cette découverte capitale a engendré une gigantesque production de jeux et de programmes destinés à exercer les connexions neuronales mémorielles et cognitives afin de retarder le vieillissement mental. Fouettée par la demande des baby-boomers -inquiets, elle a crû de manière exponentielle: de 2005 à aujourd’hui, sa valeur a bondi de 210 millions à un milliard de dollars, et on s’attend à ce qu’elle atteigne six milliards en 2020. L’entraînement cérébral ne date pas d’hier: on en connaissait le pouvoir dans l’Antiquité déjà, et les érudits grecs pratiquaient assidûment l’Art de mémoire, série de règles qui les aidait à retenir de grandes quantités d’information, entre autres par association avec des images ou mémorisation dans un ordre spécifique. Beaucoup pensent que le père de cette méthode est le poète Simonides de Céos, auquel la légende attribue l’exploit d’avoir retenu le visage et la place de chaque membre du public à l’un de ses récitals. 

Les exercices que proposent les sites d’entraînement payants comme Luminosity, les livres et les jeux vidéo comme Cérébrale Académie Wii de Nintendo comprennent un peu de tout, de l’association d’images au jeu de rôle. À première vue, c’est une façon plutôt agréable de développer son intelligence, mais… est-ce que ça marche? En fait, ça dépend. Une méta-analyse publiée par le Canadian Medical Association Journal en 2013 indique qu’à la longue l’entraînement cérébral améliore la mémoire de travail, ce qui est excellent si le but visé est de ralentir le déclin naturel de l’intellect avec l’âge. 

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En revanche, si on espère prévenir certains types de démence comme la maladie d’Alzheimer, il faut savoir que les prétentions des vendeurs de ces produits n’ont pas (encore) de fondement scientifique. Vous feriez tout aussi bien d’ouvrir un livre. «N’importe quelle activité intellectuelle – résoudre des problèmes, faire des mots croisés, avoir une conversation, lire – est payante, surtout si elle est pratiquée la vie durant», affirme Brian Levine, chercheur à l’Institut Rotman du Centre Baycrest et professeur de psychologie à l’Université de Toronto.  

Parler deux langues et exercer un métier intéressant sont aussi des atouts intéressants. Pour prévenir la maladie d’Alzheimer et les autres formes de démence qui affectent près de 750000 Canadiens, une autre bonne parade consiste à faire une demi-heure d’exercice physique par jour. Et il y a bien sûr le sudoku et cette leçon sur les équations différentielles qu’on a si vite oubliée après le dernier cours de calcul de la cinquième secondaire. 

 

Gymnastique intellectuelle 

Il existe deux façons d’exercer ses facultés mentales selon l’expert Bob Gottfried. La première vise à les préserver et se compose de jeux qui aiguisent l’esprit comme les mots croisés et le sudoku. La seconde a pour but d’accroître l’intelligence en lui proposant des problèmes inédits qui obligeront le cerveau à créer de nouvelles connexions. Voici quelques moyens efficaces.

Apprenez une langue étrangère. Notre expert Bob Gottfried écoute des leçons d’espagnol pendant sa navette matinale. «L’apprentissage d’une langue mobilise différentes aires cérébrales», explique-t-il. Il peut vous rendre plus apte à exécuter plusieurs tâches à la fois ou à absorber des informations disparates.

Prenez un cours de danse. Des études récentes ont montré que la danse développe la mémoire musculaire et, si on en fait longtemps, qu’elle peut atténuer les étourdissements. Étudiez le dessin. Surtout si vous n’êtes pas doué, insiste M. Gottfried, car cela peut améliorer la concentration et aider à mémoriser l’information.

 

LES ALIMENTS AU SERVICE DE VOTRE MÉMOIRE

1) Noix de Grenoble : Une étude réalisée en 2012 a établi une corrélation entre la consommation régulière de cette variété de noix et une meilleure mémoire de travail.

2) Poisson : Soumis à une batterie de tests de mémoire et d’abstraction, les sujets dont le régime était moins riche en acides gras oméga 3 – ceux des poissons gras comme le saumon – ont eu de moins bons résultats.

3) Moules : Le cerveau a besoin de vitamine B12, et ces mollusques en contiennent beaucoup.