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Ames sœurs

Des lecteurs et des lectrices nous racontent comment ils ont trouvé l’Amour avec un grand A

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«Un jour, nos mères se sont dit: «Et si on les présentait?»

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Dernière chance

Nos destins étaient scellés avant même que nous nous connaissions! Nos mères, de bonnes amies, s’étaient dit candidement: «Et si on les présentait?» La rencontre avait eu lieu dans un centre commercial de Longueuil. Shad et moi avions 13 ans, et je suis tout de suite tombée sous le charme de ce garçon énigmatique. J’aimais ses traits typés, son sourire, ses silences. Mais la vie s’est ensuite amusée à distiller le chaud et le froid.

D’abord, j’ai déménagé à Montréal et nous sommes restés deux ans sans nous revoir. Puis, quand j’ai franchi à nouveau le Saint-Laurent, en 2001, pour fréquenter la même école que lui, Shad semblait bien plus intéressé par ses chums et par le basket que par une fille de 2e secondaire. J’ai dû redoubler d’imagination pour me retrouver seule avec lui, et j’y suis finalement parvenue le soir de l’Halloween. Nous sommes restés les yeux dans les yeux pendant trois heures, comme si nous nous étions toujours connus. Mais, encore une fois, le chaud, le froid…

Dès le lendemain, notre timidité avait repris le dessus: nous nous sommes côtoyés comme de simples copains d’école, obstinément célibataires. Prendre l’autobus avec lui était autant une joie qu’un supplice. Par peur du rejet, j’ai accepté son silence.

Finalement, le 25 avril 2002, j’annonce à ma copine Isabelle que je suis découragée, prête à rencontrer un autre gars… Et, comme par hasard, le jour même, Shad lui confie que je lui plais beaucoup. «Tu ferais bien de te décider», lui lance Isabelle.

Je suis en train de discuter avec des amis quand je vois Shad s’approcher. «Viens, me dit-il en me prenant le bras. Je veux te parler.» Et là, avec son sourire qui me chavire, il me dit «Je t’aime» et m’embrasse. J’ai tellement attendu ce moment qu’un peu plus tard j’appelle mes parents: «Youpi! C’est officiel, je sors avec LUI!»

Encore une amourette d’enfants, pensez-vous? Détrompez-vous: ensemble depuis sept ans, Shad et moi sommes passés d’ados à adultes. Nous avons terminé notre secondaire et continué nos études, décroché notre premier emploi, fait de la musique, appris à danser la salsa, visité le Lac-Saint-Jean et Paris, acheté un condo et adopté deux chatons. Nous avons mis de la lumière dans notre vie et, ce cadeau, nous le savourons, un jour à la fois.

Cécile Perna, Longueuil

 

Écoutez la chanson de Shad pour Cécile

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Prolongations

Le 14 février 1990, j’apprends à la radio que les Draveurs de Trois-Rivières, l’équipe pour laquelle je joue dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), m’ont échangé au Laser de Saint-Hyacinthe. J’ai 19 ans et je vais jouer avec Martin Brodeur, la future star des Devils du New Jersey. Je boucle mes valises et pars aussitôt pour cette ville que je ne connais pas.

Après avoir rencontré mon entraîneur et «brisé la glace» avec ma nouvelle équipe, on me conduit dans la famille qui doit m’accueillir durant quatre mois, le temps de terminer la saison de hockey et ma session au cégep. André et Julie Laprise me reçoivent avec leur fils de neuf ans, tout fier d’héberger un joueur de la LHJMQ.

Moi, je n’ai d’yeux que pour leur fille, Annie. Bang! C’est le coup de foudre. La jeune fille de 17 ans n’a cependant pas une très bonne opinion des hockeyeurs, qu’elle associe aux mauvais garçons de la série Lance et compte. Mais à force de me côtoyer, Annie découvre que je n’ai rien d’un voyou, et ses défenses tombent l’une après l’autre.

Quatre mois plus tard, elle me joue Let It Be, des Beatles, au piano du salon, puis s’approche de moi pour un premier baiser. C’est le bonheur total… et le désespoir: dans une semaine, je pars à Chamonix pour une partie de l’été!

Je m’envole pour la France la mort dans l’âme et, pour ne rien arranger, ma belle ne me donne aucun signe de vie. M’a-t-elle déjà oublié?

Je rentre la tête pleine de questions, tout de même heureux de savoir que mes parents et mon frère m’attendent à Mirabel. Surprise! Ils ne sont pas seuls: Annie, qui ne les avait jamais rencontrés, les a contactés pour être certaine de ne pas manquer mon retour! Tous mes doutes s’envolent quand elle me serre dans ses bras.

Nous nous marions en 1992 en nous promettant que nous aurons quatre enfants, mais, d’abord, nous suivons la tournée Quidam du Cirque du Soleil en Amérique du Nord pendant six ans.

Aujourd’hui, j’enseigne le français à Saint-Eustache, Annie est psy à Saint-Jérôme, et nous élevons à Sainte-Adèle une marmaille de garçons: Félix-Antoine, Zachary, Hugo et Justin, qui font notre bonheur quotidien. Les souliers à crampons ont remplacé les patins, et nos amis disent que nous sommes un couple de la préhistoire. Ce qui prouve qu’en amour, comme sur la glace, la synchronicité peut durer. Il suffit de saisir sa chance et… d’être bon joueur.

Yannik Lemay, Sainte-Adèle

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Débats intimes

Je suis au restaurant Le Charlemagne, à Drummondville, avec deux amis quand trois jeunes femmes viennent s’installer à une table voisine. L’un de nous semble intéressé, mais l’une des arrivantes lui lance: «Quand on est à table, on enlève sa casquette ! » Mon ami balbutie, mais moi je ne me gêne pas pour lancer à l’intruse que je trouve son attitude déplacée. Et nous voilà partis dans une confrontation sur l’abc de l’étiquette. Mon autre copain, voyant une occasion inouïe de draguer les belles, me bombarde de coups de pied pour que je me calme. Mais rien n’y fait, et le combat continu…
Après ce souper animé, nous nous rendons à la terrasse du Bistro de la Gare et, surprise, les trois filles s’y trouvent aussi. J’offre un verre à ma rivale afin de débuter sur une note plus harmonieuse, et nous passons un très agréable moment. Mais à la fin de la soirée, nous nous quittons sans nous laisser nos coordonnées. Le lendemain, je veux revoir cette femme d’exception. Je me souviens qu’elle est enseignante de français dans un collège proche, et, armé de son seul prénom, Marie-Ève, je fais enquête. Parcourant Internet et multipliant les appels téléphoniques, je parviens enfin à la retracer. Le deuxième souper sera suivi de beaucoup d’autres, car c’est le grand amour. Je m’entends bien avec son garçon qui est en garde partagée, et nous choisissons la vie commune en janvier 2009.
J’ai 41 ans, Marie-Ève en a 33. Je reconnais que les rencontres les plus inattendues connaissent parfois d’heureux dénouements, et que la communication peut être une bonne leçon… malgré les divergences d’opinion.

Stéphane Ménard, Victoriaville

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Visa pour un clic

À l’automne 2006, je rentre en contact avec un certain Jason sur un site de jeu en ligne. Au fil de nos clavardages, je ressens une forte attirance pour lui. Mais, il habite littéralement à l’autre bout du monde: en Australie. En plus, je doute de sa maturité, car il a cinq ans de moins que moi qui en ai 29. Je sors d’une longue relation à distance avec un New-Yorkais, et j’ai une petite fille, Akasha. Je tente donc de résister à cet amour qui m’appelle, mais je n’y arrive pas… et lui non plus.
En novembre 2007, Jason vient passer trois semaines dans notre Belle Province. L’alchimie continue. Au cours d’une escapade amoureuse à Alma, au Lac-St-Jean, il se met à neiger pendant la traversée du Parc de la Jacques-Cartier. Mon fiancé est fou de joie et, cerise sur le Sunday, raffole du Québec. Mais il faut qu’il rentre. Son départ reste le moment le plus déchirant de notre histoire. À distance, nous étudions toutes les possibilité d’immigration de l’Australie au Canada. En neuf jours, contre deux photos, 65$ et un test médical, Jason obtient un visa renouvelable tous les deux ans. Les choses se déroulent si simplement, c’est incroyable ! Je ne doute plus de sa sincérité en janvier 2008, quand il fait le grand aller simple. Les douaniers n’aiment pas trop, mes proches non plus. Moi oui. D’ailleurs, mon  bel australien est si bien intégré maintenant (il apprend le québécois) que tout le monde l’adore, y compris Akasha, et que sa famille d’Adélaïde vient nous visiter.
Je sais que tout est possible. Je voudrais dire aux gens qui se méfient des rencontres sur Internet qu’il existe d’heureuses exceptions. En un an, grâce au Web, Jason et moi avons appris à nous connaître. Aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir cliqué sur le bon Nick Name.
    Caty Malo, Montréal