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Agriculture urbaine: les fruits de notre labeur

L’art de transformer sa maison de ville en ferme grâce à l’agriculture urbaine

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Agriculture urbaine: les fruits de notre labeur

Mon père est mort il y a cinq ans, nous laissant, mon mari Kevin et moi, la tâche de nous occuper de plus de 80 bonsaïs orphelins.

Il avait pris soin de sa minuscule forêt pendant 40 ans. S’en débarrasser ne nous semblait pas la bonne chose à faire.

Jusque-là, pourtant, mon expérience en ce domaine se résumait à arroser le jardin de la maison, à 10 minutes du centre-ville de Toronto.

 

 

Après des heures passées à m’initier à l’horticulture, j’ai lancé un défi à Kevin. Et si on produisait assez de nourriture dans notre arrière-cour pour préparer un repas par jour ?
Habitué à bricoler en amateur sur des projets de rénovation, il s’est montré enthousiaste. Les arbustes à fleurs ont donc été remplacés par des buissons de framboisiers jaunes et de bleuets, les roses par des tomates de variété ancienne. Nous avons planté un petit verger de cerisier, prunier, pêcher et poirier. Nous avons en somme exploité au maximum notre terrain de 15 mètres sur 9.

L’année suivante, autres péripéties. Nous avons ajouté des poules de race du patrimoine, qui pondent des œufs très nutritifs et produisent un engrais riche en azote. Nous avons ensuite essayé l’aquaponie – une méthode de culture automatisée qui utilise les eaux usées d’aquarium, pleines de bonnes bactéries, pour nourrir les plantes. Nos tomates et nos concombres ont prospéré, mais nous avons perdu toutes nos truites arc-en-ciel lorsque l’eau a trop chauffé.
J’ai arrêté deux ans de diriger une entreprise de design graphique pour me lancer dans ce projet. Depuis, je suis devenue photographe et styliste culinaire pour avoir plus de temps
à consacrer à notre terrain. Pendant l’hiver, je passe une heure par jour à m’occuper de l’aquaponie, des tilapias, des pousses, du kombucha et du kéfir. Durant l’été, c’est plus long –
je m’occupe du jardin, y compris de nos chers bonsaïs, de même que de nos cochons nains, nos poules et nos lapins.

La cuisine est un vrai laboratoire, avec des bocaux de kombucha en train de fermenter sur le plan de travail et des œufs de canard en suspension dans leur saumure sur l’îlot de cuisine. Nous préparons aussi du kéfir tous les jours, et laissons le lait reposer sur le comptoir pendant la nuit. Bourré de probiotiques, le kéfir m’a guéri de mes allergies saisonnières, et nos enfants, Lily, 14 ans, Jack, 13 ans, et Georgia, 9 ans, sont rarement malades.

Vous n’avez pas besoin de déménager à la ferme pour cultiver votre nourriture. Utilisez l’espace que vous avez : votre arrière-cour, la pelouse devant la maison, le toit, le balcon, la terrasse, les rebords de fenêtres et la cave. Quatre ans plus tard, nous n’achetons plus d’œufs, nos arbres fruitiers arrivent à maturité et nous consommons tous les jours les légumes de notre potager. Et notre prochain projet ? Dès que j’arriverai à vaincre ma phobie des insectes, nous allons tenter d’installer des ruches.

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Commencez votre ferme urbaine en 5 étapes faciles
Allongez la durée de vos cultures. Construisez une platebande surélevée dans votre jardin avec une serre en plastique pour les
légumes l’hiver.

Fabriquez une jardinière à subirrigation. C’est une méthode de culture en pots qui irrigue la plante depuis la base, directement par les racines, parfaite pour une terrasse, un balcon ou un toit. Construisez une jardinière ou un pot à moindre coût. 

Faites pousser un verger dans votre jardin. Plantez des arbres fruitiers nains près les uns des autres. Ils sont parfaits pour les espaces exigus et faciles à récolter.

Achetez un rondin de culture de champignons shiitake. Pour environ 35 dollars, ces rondins produiront des champignons pendant cinq ans.

Faites pousser à l’intérieur. Si vous n’avez pas d’espace extérieur, cultivez des pousses et des germes. Les emballages de poulet rôti du supermarché, avec leur dôme transparent et aéré, font des serres miniatures idéales.