Vos excès alimentaires vous inquiètent? Voici comment savoir si vous avez besoin d’aide

L’hyperphagie boulimique, c’est plus que le fait de trop manger – il s’agit d’une vraie maladie. Sachez qu’une simple conversation vous permettra d’obtenir le soutien nécessaire.

  1. L’hyperphagie boulimique, c’est plus que le fait de trop manger – il s’agit d’une vraie maladie. iStock/Getty ImagesiStock/Getty Images

Il nous arrive tous de tomber dans l’excès. Par exemple, lorsqu’on visionne en rafale sa série télé préférée ou que l’on écoute plusieurs épisodes d’affilée d’une émission de radio en baladodiffusion. On peut aussi se laisser aller à des excès de table. Cependant, il est parfois difficile de distinguer un simple abus de nourriture et la compulsion alimentaire, un trouble beaucoup plus grave.

L’hyperphagie boulimique au pays

Véritable maladie, l’hyperphagie boulimique est le trouble alimentaire le plus répandu au Canada – plus que l’anorexie et la boulimie combinées. Lors d’un récent sondage mené auprès de plus de 10 000 adultes canadiens, 1,54 % des participants ont rapporté qu’ils présentaient des symptômes correspondant aux critères de l’hyperphagie boulimique. Et voici d’autres faits étonnants : des études ont démontré que l’hyperphagie boulimique touchait plus d’hommes que tout autre trouble alimentaire et pouvait se manifester tant chez les adultes qui font de l’embonpoint que chez ceux ayant un poids normal.

Qu’est-ce que l’hyperphagie boulimique ?

Les personnes souffrant d’hyperphagie boulimique ont le sentiment de perdre le contrôle lorsqu’elles ingèrent des aliments. Elles peuvent manger trop vite, continuer à manger même si elles sont rassasiées (au point de se sentir incommodées) ou manger en secret pour cacher le problème à leur entourage. En raison de leur consommation excessive d’aliments, elles éprouvent de la culpabilité, de la honte et du dégoût. Lors du diagnostic, l’hyperphagie boulimique peut être classée de légère (un à trois épisodes de compulsion alimentaire par semaine) à très grave (14 épisodes ou plus par semaine).

Il importe de savoir que l’hyperphagie boulimique n’est pas un choix ni un état passager. Il s’agit d’une maladie sérieuse associée à des troubles de l’humeur, à l’anxiété et à la dépression. Malgré cela, la honte ressentie par les personnes atteintes peut les dissuader de demander de l’aide. De plus, on constate un manque de sensibilisation à l’égard de l’hyperphagie boulimique. En effet, ce trouble alimentaire n’a été reconnu comme une maladie que récemment par l’Association américaine de psychiatrie. Ainsi, les gens ne savent pas que leurs symptômes pourraient être liés à une maladie.

Amorcez la conversation

Si vos habitudes alimentaires sont similaires à celles décrites ci-dessus et si vous avez vécu des épisodes de compulsion alimentaire au moins une fois par semaine au cours des trois derniers mois, vous devriez consulter votre médecin de famille ou joindre des organismes comme Anorexie et boulimie Québec (ANEB), le National Eating Disorder Information Centre (NEDIC) ou la National Initiative for Eating Disorders (NIED). Même si vous êtes gêné d’en parler, il faut entamer le dialogue pour obtenir du soutien. Parmi les choix de traitement offerts pour maîtriser l’hyperphagie boulimique, on compte la thérapie cognitivo-comportementale, des séances de consultation avec un nutritionniste et la prise d’un médicament.

Vous n’avez pas à endurer l’hyperphagie boulimique. La première étape consiste à demander de l’aide.

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