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Oser dire non: se donner la permission de refuser

Oser dire non est bon pour la santé: il faut être capable de se permettre de refuser de rendre un service.

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Voici pourquoi il faut oser dire «non».fizkes/Shutterstock

De la difficulté à dire non

Karen Chapelle, 50 ans, une artiste torontoise qui travaille le métal, a toujours éprouvé de la difficulté à dire non lorsqu’on lui demande un service. En général, elle répond par un oui automatique – et le regrette ensuite presque chaque fois.

«Il est naturel pour moi de vouloir aider les gens, affirme-t-elle. C’est un sentiment agréable que d’être utile et de sentir qu’on a besoin de nous.» Le problème, ajoute-t-elle, c’est qu’elle a conditionné sans le vouloir son entourage à s’attendre à ce qu’elle réponde «oui» à toutes ses requêtes, quelles qu’elles soient.

Karen sait que consentir à tous n’est pas bon pour elle. Mais il est difficile de se départir de cette habitude. Ces signes prouvent qu’il est urgent de dire non et de prendre soin de soi.

Nous sommes nombreux à nous sentir tenus de dire oui – même lorsqu’on aimerait mieux pas – pour éviter le conflit, par compassion pour autrui, ou parce que nous avons honte de faire passer nos propres désirs avant ceux des autres. Si vous avez du mal à savoir quand ou comment dire non, voici quelques conseils pour briser le cycle qu’un psychologue a surnommé le «besoin de plaire».

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Apprendre à dire non pour donner la priorité à votre temps.Olena Yakobchuk/Shutterstock

Donnez la priorité à votre temps

Mieux prendre soin de soi revient souvent à apprendre qu’on a le droit de faire passer ses propres besoins et désirs en premier, et que cela ne fait pas de vous une mauvaise personne. En réalité, faire régulièrement passer vos propres priorités en dernier a de bonnes chances de vous vider de votre énergie et de vous irriter – ce qui risque bien d’entraîner une mauvaise attitude.

La Dre Susan Newman est une psychologue sociale américaine. Dans son livre sur le «non», elle soutient qu’être toujours présent pour les autres ne rend pas forcément meilleur, juste malheureux. Pour refuser de rendre un service sans culpabiliser – ou en culpabilisant moins –, elle conseille de se rappeler qu’accepter sur le moment implique que vous devrez dire non à quelqu’un ou à quelque chose plus tard. Voyez cela, recommande-t-elle, comme un problème de gestion du temps plutôt qu’une mesure de votre valeur.

«Nous avons souvent tendance à penser que nous pouvons toujours caser un nouvel événement dans notre emploi du temps. Mais plus vous dites oui, plus vous serez sollicité.»

Être systématiquement la personne vers laquelle on se tourne peut sembler flatteur au début, ajoute la Dre Newman, jusqu’à ce que vous compreniez que vous n’avez plus de temps pour vous. Pour cette raison, précise-t-elle, il peut être utile de fixer à l’avance vos limites en ce qui concerne les services rendus dans vos temps libres. Vous faites de l’exercice tous les jours à 15h? Vous devez être au lit à 21h? Vous déjeunez avec quelqu’un tous les samedis? Gardez ces éléments à l’esprit lorsque vous hésitez à ajouter la collecte de fonds du conseil des parents d’élèves à votre charge.

Si vous ne voulez pas refuser caté­goriquement, la psychologue conseille d’imposer plutôt des limites spécifiques au cadre de la demande – et de vous y tenir. «Garder ses propres besoins en tête n’est pas égoïste, martèle-t-elle, c’est savoir se préserver.» Apprendre à dire non permet aussi de limiter les sources de stress et ainsi mieux gérer son anxiété.

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Mieux vaut écouter son instinct et savoir dire non.Photographee.eu/Shutterstock

Écoutez votre instinct

Comment savoir si vous allez regretter d’avoir accepté de rendre un service? Ne vous inquiétez pas, vous le saurez. Dans un livre publié en 2019, où elle explique comment cesser de dire oui, Sarah Knight écrit que, chaque fois qu’elle sentait que dire oui serait une mauvaise idée, une petite voix intérieure la mettait en garde. Elle a dû apprendre à l’étouffer. Petit à petit, plus elle refusait sincèrement ce qu’elle ne voulait pas faire, plus elle était capable d’être en paix avec elle-même et d’accorder par ailleurs un oui enthousiaste. «Quand il s’agit de quel­que chose que vous voulez vraiment faire, vous ne vous raidissez pas, fait remarquer la Dre Newman, et vous êtes heureux d’y participer car vous savez que c’est pour quelqu’un qui vous rendra la pareille le moment venu.» Si les services rendus ne nécessitent pas de tenir des comptes parfaitement équilibrés, personne n’aime se sentir à la merci d’une personne qui vous utilise et ne fait que «prendre» – ces gens qui demandent toujours des faveurs et prévoient rarement donner quoi que ce soit en retour.

La psychologue affirme qu’il est toujours prudent de rester attentif aux stratégies classiques des «preneurs», comme la flatterie («Ah, oui, il faut vraiment que tu prépares le gâteau de fête prénatale, c’est toi qui fais les meilleurs!»), la pitié («J’ai été tellement occupé avec mon iguane malade, je n’ai pas pu travailler suffisamment d’heures pour payer le loyer») ou la pression pour donner une réponse immédiate, ce qui ne vous laisse pas le temps d’étudier toutes les possibilités.

Certaines personnes ont vraiment l’art de trouver des excuses pour le moins… originales!

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Il faut apprendre à dire non, clairement.Albertiniz/Shutterstock

Dites-le clairement

Vous avez ainsi dressé votre liste de personnes privilégiées, vous avez déterminé vos limites personnelles et vous avez décidé que, non, votre voisin ne peut pas emprunter une nouvelle fois votre tondeuse. Mais comment dire non sans mettre en péril votre relation et sans vous stresser?

«Évitez les explications à rallonge, conseille la Dre Newman. Dès que vous dites: Ah! je ne peux pas parce que je dois aller promener le chien de ma belle-mère, vous ouvrez la porte au débat.» Répondre simplement «Non, je ne peux pas» est suffisant.

Si ce genre de réponse abrupte vous met mal à l’aise, la Dre Newman propose d’avoir à votre disposition des phrases toutes prêtes comme «Peut-être la prochaine fois» et «Merci de demander, mais je suis trop occupée en ce moment». Plus important encore, ne perdez pas de temps à craindre que la personne à qui vous avez opposé un refus soit en train de mesurer à quel point vous êtes désagréable. Elle ne pense probablement pas du tout à vous et est déjà passée à sa prochaine cible.

Karen Chapelle affirme en plaisantant avoir passé «des heures et des heures» en thérapie à apprendre à refuser de rendre service, mais ce n’est toujours pas facile. Elle travaille sur sa capacité à dire non de temps en temps sans se sentir mal ensuite. Et si elle se sent tout de même coupable? Eh bien, elle a appris à vivre avec cela.  Apprenez comment arrêter de vous sentir coupable tout le temps.

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