Les mythes et les réalités à propos de l’hyperphagie boulimique

Il y a plusieurs idées fausses sur l’hyperphagie boulimique. Voici les faits.

Hyperphagie boulimique: les mythes et réalités. kryzhov/Shutterstock

Il nous arrive parfois de manger avec excès et il ne faut pas en faire tout un plat. Qui n’a pas déjà visionné en rafale sa série préférée en s’empiffrant de croustilles, même si on peut regretter plus tard d’avoir fait un abus de malbouffe ?

Il en va autrement avec l’hyperphagie boulimique. Il s’agit d’un trouble de santé grave caractérisé par des épisodes fréquents de compulsion alimentaire. Cela dépasse le fait de trop manger. Lors d’un tel épisode, les personnes atteintes ont l’impression de perdre le contrôle et peuvent éprouver de la détresse, du dégoût et de la honte. Il existe plusieurs idées fausses sur l’hyperphagie boulimique même si cette maladie est plus répandue que l’anorexie et la boulimie combinées. Il importe donc de détruire certains mythes courants et de rétablir les faits.

MYTHE – L’HYPERPHAGIE BOULIMIQUE EST UN CHOIX DE VIE

RÉALITÉ – Pour les personnes qui en souffrent, l’hyperphagie boulimique n’est pas un choix de vie. Il s’agit d’une maladie mentale associée à des troubles de l’humeur, à l’anxiété et à la dépression. On ne connaît pas la cause exacte de l’hyperphagie boulimique. Toutefois, des études suggèrent que les antécédents familiaux et des substances chimiques dans le cerveau pourraient jouer un rôle dans son apparition. Certains événements stressants pourraient aussi être liés à ce trouble alimentaire.

MYTHE – SEULS LES GENS OBÈSES SOUFFRENT D’HYPERPHAGIE BOULIMIQUE

RÉALITÉ – Bien que l’hyperphagie boulimique soit associée à une surcharge pondérale, elle touche les gens ayant un poids normal, ceux qui font de l’embonpoint et ceux qui sont obèses. Une étude menée aux États-Unis a même révélé que les adultes atteints de cette maladie pouvaient présenter un poids normal ou être en surpoids. Chez les participants à cette étude, 55 % avaient un IMC inférieur à 30 alors que 45 % avaient un IMC supérieur à 30, ce qui les classait dans la catégorie des personnes obèses.

MYTHE – L’HYPERPHAGIE BOULIMIQUE TOUCHE UNIQUEMENT LES FEMMES

RÉALITÉ – La croyance largement répandue selon laquelle ce ne sont que les femmes et les filles qui souffrent de troubles alimentaires est fausse. L’hyperphagie boulimique frappe les hommes et les femmes. On estime que deux fois plus de femmes que d’hommes sont aux prises avec la maladie. Une étude menée par des chercheurs de l’Université Harvard a démontré que la prévalence de l’hyperphagie boulimique au cours d’une vie atteignait 3,5 % chez les femmes et 2 % chez les hommes. Le mythe selon lequel les troubles alimentaires sont l’apanage des femmes peut expliquer pourquoi les hommes sont moins enclins à consulter un médecin pour obtenir de l’aide. Ils peuvent éprouver de la difficulté à s’ouvrir parce qu’ils sont embarrassés ou même nier que quelque chose ne va pas.

MYTHE – ON NE PEUT PAS S’EN SORTIR

RÉALITÉ – Plusieurs choix de traitement s’offrent aux personnes atteintes d’hyperphagie boulimique. Parmi ceux-ci figure la thérapie cognitivo-comportementale, ayant fait l’objet de nombreuses études, qui incite les gens à modifier leurs habitudes alimentaires en se fixant des objectifs et en adoptant des stratégies d’auto-observation. Ce type de traitement peut contribuer à réduire la fréquence des épisodes d’hyperphagie boulimique. Dans le cadre d’une étude menée auprès de 125 patients obèses et publiée dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology, un peu plus de la moitié des participants ont observé une rémission de l’hyperphagie boulimique après un an de thérapie cognitivo-comportementale.

On compte aussi des séances de consultation avec un nutritionniste et la prise de médicaments au nombre des traitements. Si vous croyez souffrir d’hyperphagie boulimique, discutez-en avec votre médecin de famille. Même si vous êtes gêné d’en parler, vous devez d’abord demander de l’aide pour pouvoir vous en sortir.

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