La boulimie : un trouble alimentaire de l’excès

À ne pas confondre avec des rages de faim ou de sucre éphémères, l’hyperphagie boulimique est une forme de boulimie épisodique. Celle-ci a été reconnue officiellement comme une maladie mentale dans le plus récent Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Comment pouvez-vous distinguer les excès alimentaires bénins d’un réel trouble alimentaire? Et quel soutien est disponible au besoin?

La boulimie : un trouble alimentaire de l'excès

Quiconque s’est déjà retrouvé devant une table chargée de friandises sait que tout le monde se laisse aller à des excès de temps en temps. On appelle souvent cela de la boulimie. Mais ce n’en est pas toujours. Par ce terme, la médecine entend plus exactement une consommation excessive régulière et compulsive. «Sa principale caractéristique réside dans le sentiment de ne pas pouvoir s’arrêter de manger ou s’en empêcher », explique Eva Conceição, psychologue chargée de recherches à l’Université portugaise du Minho. 

L’hyperphagie boulimique est pour la première fois officiellement reconnue comme une maladie mentale dans la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), la référence mondiale sur le sujet. Les scientifiques en connaissent mal les causes, mais soupçonnent un facteur génétique, comme c’est parfois le cas pour l’alcoolisme. 

Comme la boulimie s’accompagne souvent d’anxiété et d’une piètre estime de soi, la psychothérapie peut se révéler efficace pour traiter ce trouble alimentaire. Les médecins prescrivent également divers traitements utilisés pour soigner la dépression et l’épilepsie. Le seul antiboulimique homologué par une autorité nationale à ce jour est le dimésylate de lisdexam fétamine (Vyvanse) ; il n’est prescrit qu’aux États-Unis. Utilisé à l’origine contre les TDAH (troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité), il aiderait à réduire la compulsion boulimique. Cependant, ce n’est pas une pilule amaigrissante, et il est déconseillé d’en prendre pour perdre quelques kilos.

Mais comment distinguer l’hyperphagie boulimique de l’excès de table ordinaire ? Ce n’est pas toujours facile. L’obésité n’est pas un critère de diagnostic : si les deux tiers des boulimiques ont une surcharge pondérale, l’inverse n’est pas vrai. Le surpoids est souvent attribuable à la sédentarité, à une mauvaise alimentation ou à des portions trop généreuses. 

Le DSM-V décrit ainsi la boulimie : lors des crises, qui se produisent en général au moins une fois par semaine, le sujet mange rapidement et copieusement, qu’il ait faim ou pas, souvent sans témoin. 

Dans une mesure de prévention, si vous vous reconnaissez dans cette description, il est préférable de consulter un médecin. En plus de traiter les aspects psychologiques de la boulimie, il vous conseillera sur les meilleures façons de perdre du poids, si nécessaire. Ceci afin d’éviter des pièges susceptibles de provoquer de nouvelles crises, comme sauter des repas ou trop réduire l’apport calorique, ce qui compromettrait votre santé

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