Migraine

Des millions de Nord-Américains souffrent de migraine, mais la moitié seulement suivent un traitement médical qui pourrait les soulager. Pourtant, il n’y a aucune raison de souffrir en silence.

Migraine

Ce qu’est la migraine

La migraine survient lorsque les vaisseaux sanguins n’apportent pas suffisamment de sang au cerveau, entraînant une irritation des nerfs. Pendant des siècles, on a considéré la migraine comme un problème psychologique, un signe de faiblesse chez ceux qui en souffraient. Aujourd’hui, on reconnaît qu’il s’agit d’une maladie chronique et non seulement de céphalées douloureuses. La douleur intolérable, et souvent débilitante, constitue un symptôme et non une cause sous-jacente, une distinction importante.

Presque toutes les migraines se déroulent en quatre stades. Durant le prodrome (période juste avant la crise), la personne est généralement sensible à la lumière, aux odeurs et aux sons.  Environ 20% des migraineux ont une aura, qui se manifeste sous forme de lumières vives et clignotantes, ou connaissent une perte partielle de la vision. Durant la crise, la douleur se manifeste sous forme d’élancements qui commencent habituellement d’un seul côté de la tête et qui s’aggravent progressivement; il arrive aussi que la douleur s’étende à l’autre côté. Elle peut s’accompagner de vomissements, d’une vision trouble, de douleur au cou et à l’épaule, de fourmillements et d’une difficulté à se concentrer. Une crise de migraine non traitée peut durer de deux heures à quelques jours. Enfin, au stade du postdrome, la personne peut se sentir épuisée, irritable et confuse ou, à l’inverse, régénérée et euphorique.

Personnes à risque de migraine

Les femmes sont trois fois plus susceptibles de souffrir de migraine que les hommes. En outre, on estime que 80% des migraineux ont des antécédents familiaux.

Bien qu’on ne connaisse pas la cause exacte de cette maladie, si l’un de vos parents en souffre, votre risque d’en souffrir est de 50%. De nombreux chercheurs pensent que les personnes sujettes aux migraines ont hérité d’un système nerveux extrêmement sensible. Des changements physiologiques, dans les habitudes (alimentation, sommeil, hormones, stress) ou dans l’environnement (température ou éclairage) peuvent également déclencher une crise de migraine. On pense aussi que de faibles taux de sérotonine, transmetteur chimique du cerveau, pourraient être en cause.

Traitement de la migraine

Il n’y a pas de traitement permanent pour soigner les personnes prédisposées à la migraine. Par contre, il existe des traitements permettant de prévenir les crises et de soulager les symptômes, améliorant ainsi la qualité de vie. Il est essentiel de comprendre que la migraine n’est pas une simple céphalée dont on veut se débarrasser. Il s’agit d’une affection médicale complexe. Il est important que vous consultiez un médecin qui vous aidera à trouver la médication correspondant à votre situation. Il existe de nombreuses solutions qui peuvent apporter un soulagement rapide. On a montré lors d’une enquête que les personnes qui prenaient des médicaments d’ordonnance avaient deux fois plus de chance de voir disparaître complètement leur mal de tête au bout de deux heures que celles qui prenaient des médicaments en vente libre. De plus, on peut obtenir de bons résultats en corrigeant les facteurs liés au mode de vie, par exemple l’alimentation, le stress, l’exercice et le sommeil. En outre, il existe un certain nombre de méthodes naturelles qui pourraient soulager la migraine.

Médicaments contre la migraine

Les médicaments d’ordonnance constituent le traitement de premier recours contre les crises de migraine; celui que vous prendrez dépend de vos symptômes et de vos réactions à divers médicaments. Les plus efficaces sont probablement les triptans, qui agissent en élevant le taux de sérotonine du cerveau et en resserrant les vaisseaux sanguins. Le sumatriptan (Imitrex) est le principal médicament de cette catégorie; on peut se l’injecter afin d’obtenir un soulagement rapide, le prendre par voie orale ou sous forme de nébuliseur. Lors d’essais cliniques, près de 80% des personnes qui ont reçu des injections de ce médicament ont rapporté que leur migraine était moins prononcée ou qu’elle avait disparu au bout d’une heure. Le rizatriptan (Maxalt) et le zolmitriptan (Zomig ZMT) agissent plus rapidement par voie orale que le sumatriptan.

L’almotriptan (Axert), l’élètriptan (Relpax) et le frovatriptan (Frova), de même que le naratripan à action prolongée (Naramig, Amerge), sont aussi prescrits. Chez certains, les triptans provoquent des rougeurs, un serrement des mâchoires, de la douleur au cou et d’autres effets indésirables. Comme ces médicaments resserrent les vaisseaux sanguins, les personnes souffrant de cardiopathie ne devraient pas les prendre sans avoir d’abord obtenu l’aval du médecin.

Les dérivés de l’ergot sont également prescrits pour soigner la migraine. Il en existe plusieurs. L’ergotamine, qui date d’avant les triptans, agit comme eux en resserrant les vaisseaux sanguins. Cependant, comme elle peut causer de la nausée et des vomissements, votre médecin pourrait vous prescrire également un antinauséeux. Ou, vous prescrire à la place de la dihydroergotamine (D.H.E. 45) en nébuliseur nasal; ses effets indésirables sont moins prononcées et elle risque moins de provoquer des dérangements d’estomac. Très efficace, le méthysergide (Sansert) n’est toutefois prescrit que lorsque les autres médicaments sont sans effet, car il peut causer, entre autres choses, de la nausée, des vomissements, des douleurs abdominales, de la diarrhée et de la dépression, ainsi qu’une fibrose pulmonaire (accumulation de tissu cicatriciel), conséquence rare mais potentiellement fatale. Enfin, la lidocaïne, anesthésique local en nébuliseur nasal, soulage de nombreux migraineux en aussi peu que 15 minutes. Si, malgré tout, vous continuez de souffrir, l’étape suivante consistera à prendre un opiacé, par exemple de la morphine, de la codéine, de la mépéridine (Demerol) ou de l’hydrocodone (Vicodin).

Moins puissants, les analgésiques en vente libre, par exemple, l’acétaminophène (Tylenol, Excedrin) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels l’aspirine, le naproxène (Aleve) et l’ibuprofène (Motrin, Advil), peuvent soulager une migraine légère. Dans certaines formules de médicaments en vente libre, l’acétaminophène est associé à l’aspirine.

On peut également prendre des médicaments en prévention afin d’écarter la crise, par exemple: l’aspirine, à la condition d’en prendre tous les jours, les bêta-bloqueurs, tel que le propranolol (Inderal), médicament d’ordonnance qui apporte un soulagement à long terme chez près de la moitié de ceux qui souffrent fréquemment de migraine, les inhibiteurs calciques, tel que le vérapami, les antidépresseurs tricycliques, tels que l’amitriptyline (Elavil, Endep), la nortryptiline et la protriptyline (Vivactil), les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISCS), tels que la fluoxétine (Prozac), la sertraline (Zoloft) et le paroxetine (Paxil), ainsi que le divalproate de sodium (Depakote), médicament utilisé pour prévenir les crises épileptiques et maîtriser le trouble bipolaire.

Changements dans le mode de vie

Les médicaments ne constituent pas le seul moyen de soigner une migraine. Lorsque la crise apparaît, couchez-vous dans une pièce obscure et appliquez sur l’endroit douloureux un sachet ou un gel réfrigérant (Migraine Ice ou TheraPatch Headache Cool Gel). Un bandeau, élastique ou rempli de gel et réfrigéré, peut également soulager. En revoyant certaines de vos habitudes, vous pourriez également éliminer les déclencheurs. Voici comment:

  • Surveillez votre alimentation. De nombreux aliments sont liés à la migraine, notamment ceux qui contiennent des nitrates (bacon, boeuf salé, jambon, hot dog, charcuteries et saucisses) ainsi que du GMS (glutamate de monosodium), les fromages vieillis (Cheddar, Suisse, Stilton, Brie), le chocolat, les noix, le beurre d’arachide, la crème sûre, les boissons caféinées, l’aspartame (édulcorant artificiel) et l’alcool.
  • Prenez vos repas à heures régulières. Les personnes qui sautent fréquemment (ou occasionnellement) un repas font plus de migraines que les autres.
  • Dormez adéquatement. Si vous dormez trop ou trop peu, vous augmentez votre risque de faire des migraines. Idéalement, vous devriez dormir de sept è neuf heures par jour. Gardez à l’esprit que tout changement dans vos habitudes de sommeil, notamment le décalage horaire, peut avoir pour effet de déclencher une crise.
  • Faites de l’exercice intelligemment. Faites toujours des échauffements et ne vous brusquez pas. L’aérobique peut parfois aggraver la migraine.
  • Détendez-vous. Le stress peut déclencher une migraine; il est donc important de prendre chaque jour un moment pour vous asseoir tranquillement et détendre vos muscles.
    Apprenez à vous détacher des choses sur lesquelles vous n’avez aucun contrôle.

Approches alternatives pour le traitement de la migraine

Recommandée de longue date par les herboristes pour la prévention de la migraine, la grande camomille est l’un des plus anciens traitements non médicamenteux à avoir été utilisés pour soigner cette affection. Les feuilles fraîches de la plante étant très amères, il est plus facile de la prendre sous forme de capsule contenant un extrait normalisé, ou sous forme de tisane. Évitez toutefois cette plante si vous êtes enceinte ou prenez de l’aspirine. En outre, la vitamine B2 (riboflavine) pourrait contribuer à augmenter les réserves énergétiques de votre cerveau. Les champignons, la volaille et le quinoa en sont de bonnes sources. Vous pouvez également la prendre sous forme de supplément.

Certaines approches alternatives méritent d’être explorées. Le biofeedback, par exemple, qui consiste à vous brancher sur un petit appareil vous permettant d’évaluer votre capacité à réguler votre tension musculaire, la température de votre peau ainsi que d’autres paramètres. Les techniques de relaxation qu’on vous apprend durant les séances peuvent ensuite être utilisées sans recours à l’appareil. Certaines personnes apprennent à élever la température de leurs mains, ce qui a pour effet de détourner le sang des vaisseaux resserrés de la tête. Les personnes qui ont recours à cette technique rapportent une diminution de la fréquence, de l’intensité et de la durée de leurs crises.

Une visite chez le chiropraticien, qui a recours au massage, à la manipulation rachidienne et à des ajustements des articulations et des tissus mous, pourrait également vous apporter du soulagement. Enfin, les adeptes de l’acupuncture affirment que cette ancienne technique chinoise peut contribuer è soulager la migraine en rééquilibrant les taux de sérotonine dans le cerveau et en détendant les muscles.

Questions à poser à votre médecin

  • Comment puis-je savoir si certains aliments déclenchent mes crises de migraine?
  • Suis-je une bonne candidate pour un médicament prévenant les migraines?
  • A la longue, le médicament que je prend peut-il avoir un effet rebond?
  • Est-ce que les antidouleur risquent de créer de la dépendance?
  • Y a-t-il un risque que les bêta-bloqueurs ou les inhibiteurs calciques fassent baisser excessivement ma pression artérielle?

Vivre avec la migraine

Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux prendre en charge votre migraine:

  • Au premier signe de crise, prenez une tasse de café fort et noir. Bien qu’une consommation élevée de boissons caféinées puisse déclencher la migraine, une faible consommation peut soulager légèrement la douleur. C’est particulièrement vrai pour les personnes qui prennent rarement de la caféine.
  • Évitez l’effet rebond. Si vous abusez des médicaments contre la céphalée, y compris les médicaments en vente libre, un cercle vicieux de céphalées à répétition risque de s’installer . Votre organisme devient tellement dépendant du médicament que vous êtes pris d’un mal de tête dès que son effet s’estompe. Toute personne qui prend un antimigraineux plus de deux ou trois fois par semaine risque l’effet rebond. Une fois prisonnier de ce cycle, la seule façon de le briser est de cesser toute médication, ce qui pourrait nécessiter une hospitalisation.
  • Consommez plus de poisson. De préférence les poissons qui sont riches en acides gras oméga-3 (saumon, thon, sardine), substances qui pourraient contribuer à prévenir les crises. Les oméga-3 semblent modifier les taux des substances chimiques du sang, diminuant ainsi le risque de spasmes des vaisseaux sanguins, s qui sont associés à la migraine.
  • Méfiez-vous des additifs alimentaires. L’aspartame, édulcorant artificiel que l’on trouve dans de nombreux sodas de régime, peut déclencher les crises chez certaines personnes. La saccharine n’aurait pas cet effet. On a également observé que le colorant jaune FD & C no 5, qu’on trouve dans les friandises, les boissons, certaines céréales et la crème glacée, déclenchait une crise chez certains.

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