Avez-vous entendu parler de l’hyperphagie boulimique?

C’est bien plus que manger avec excès. Il s’agit d’une vraie maladie.

Avez-vous entendu parler de l’hyperphagie boulimique?iStock

La plupart des gens ont déjà fait un abus de nourriture, par exemple lors d’un repas entre amis, d’un souper d’anniversaire ou encore en vacances. Il arrive parfois que l’on regrette d’avoir trop mangé, mais on passe rapidement à autre chose, sans qu’il n’y ait de conséquence. Toutefois, chez certaines personnes, la compulsion alimentaire peut être un problème grave dont les effets persistent longtemps après avoir pris une deuxième (ou une troisième) portion de gâteau de fête.

Qu’est-ce que l’hyperphagie boulimique ?

L’hyperphagie boulimique est une maladie caractérisée par des épisodes de compulsion alimentaire accompagnés d’un sentiment de détresse et d’une perte de contrôle. Les personnes atteintes peuvent manger très vite et s’empiffrer au point d’être trop rassasiées. Elles peuvent aussi ingérer de grandes quantités d’aliments même si elles n’ont pas faim. L’hyperphagie boulimique diffère de la boulimie, car la personne qui en souffre ne tente pas de compenser ses excès par le vomissement ou les laxatifs. Lorsque les épisodes de compulsion alimentaire surviennent au moins une fois par semaine sur une période de trois mois ou plus, on parle d’hyperphagie boulimique.

Puisque la compulsion alimentaire peut entraîner du dégoût et de la honte, les personnes aux prises avec l’hyperphagie boulimique peuvent manger en secret pour cacher le problème à leur conjoint, à leurs proches et à leurs amis. Malheureusement, ce sentiment de honte inavoué peut les empêcher de demander de l’aide.

De nombreuses personnes souffrent en silence parce qu’elles ne croient pas que leurs épisodes de compulsion alimentaire représentent un problème médical grave. En vérité, il s’agit d’une maladie mentale qui entraîne des conséquences physiques et psychologiques comme des troubles de l’humeur, de l’anxiété et la dépression. Avec le temps, l’hyperphagie boulimique peut faire augmenter le risque de diabète de type 2, d’hypertension et de troubles gastro-intestinaux.

Il est très difficile de vivre avec l’hyperphagie boulimique.

Bonne nouvelle : il est possible de s’en sortir

Il existe plusieurs stratégies et solutions qui favorisent à la prise en charge de l’hyperphagie boulimique. Chez certaines personnes, la thérapie cognitivo-comportementale et un programme de modification du comportement peuvent atténuer les symptômes. Chez d’autres, les groupes de soutien peuvent aider à réduire l’isolement social et la honte ressentie lors des épisodes de compulsion alimentaire. Dans certains cas, le médecin peut prescrire un médicament qui contribue au traitement de la maladie.

Une approche globale alliant diverses stratégies de traitement peut vraiment changer les choses.

Demander de l’aide

L’hyperphagie boulimique est le trouble alimentaire le plus répandu au Canada – plus que l’anorexie et la boulimie combinées. Bien qu’elle soit très fréquente, cette maladie a été reconnue il y a seulement quatre ans par l’Association américaine de psychiatrie lorsqu’elle l’a catégorisée dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM-5), un important ouvrage de référence. Étant donné le manque de sensibilisation, l’hyperphagie boulimique est peu connue et très souvent mal comprise. Ainsi, les personnes atteintes ne reconnaissent pas les signes et les symptômes qui s’y rapportent.

L’hyperphagie boulimique survient chez des personnes de poids variés. Elle touche aussi plus d’hommes que tout autre trouble alimentaire. Si vous présentez ces comportements alimentaires néfastes ou si vous les observez chez l’un de vos proches, consultez votre médecin de famille ou renseignez-vous auprès d’organismes comme Anorexie et boulimie Québec (ANEB), le National Eating Disorder Information Centre (NEDIC) ou la National Initiative for Eating Disorders (NIED).

L’hyperphagie boulimique, c’est beaucoup plus que le fait de trop manger. Il s’agit d’une véritable maladie. Vous n’avez pas à endurer les épisodes de compulsion alimentaire. La première étape consiste à demander de l’aide.

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