Comment trouver un terrain d’entente pour rester amis

Ce n’est pas toujours facile de trouver un terrain d’entente lors d’une conversation difficile, de garder son sang-froid pour rester en bon terme.

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Comment avoir une conversation difficile sans perdre son sang-froid en évitant ainsi les conflits?
fizkes/Shutterstock

Leçons de vie

Il y a 10 ans, à Toronto, Carly Stasko et son mari Trevor se préparaient à accueillir leur premier enfant. Un mois plus tôt, Carly, qui avait prévu accoucher chez elle, a reçu un courriel de sa belle-mère, Lynnette Norris, qui n’était pas rassurée sur ce point. «Si on en parlait?» a proposé celle-ci.

La relation entre les deux femmes avait toujours été cordiale, mais restait à construire à certains égards. Elles ne partageaient pas la même vision du monde. «La discussion pouvait créer une barrière entre nous ou nous rapprocher», se souvient Carly, âgée aujourd’hui de 43 ans.

La discussion ne les a pas fait changer d’avis, mais comme elle s’est déroulée de manière respectueuse, chacune s’est sentie entendue et valorisée. Et quand Carly a accouché à la maison sans difficulté peu de temps après, le sujet a cessé d’être clivant. Carly et Lynnette s’accordent aujourd’hui pour dire que cette conversation a permis de fonder une relation de confiance et d’éviter le poids du ressentiment. «C’est comme une danse, confie Carly. Nous avons appris à ne pas nous marcher sur les pieds… sans toutefois nous priver du plaisir de la danse.»

Devant un sujet délicat, les choses ne se passent pas toujours ainsi. Qui ne s’est pas senti intimidé lors d’une conversation difficile avec une personne pourtant chère? Combien de discussions éludées par crainte d’une réaction négative ou d’un rejet? Il ne faut pas désespérer. Si vous voulez vraiment engager un dialogue constructif avec un proche, voici quelques conseils judicieux.

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Mieux vaut être bien préparé pour éviter les conflits.
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Tout est dans la préparation

Avant de se lancer dans une conversation importante, il convient de s’interroger sur ce que l’on veut – et sur ce qui est réaliste d’obtenir. Quand une chose nous tient à cœur, on se persuade facilement que l’objectif est de faire changer d’avis à son interlocuteur. Est-ce vraiment possible? Simplement discuter du problème ou apprendre ce qu’en pense l’autre est peut-être l’un des objectifs les plus réalistes.

Fixez des limites et engagez-vous à ne pas les franchir. Tout se passe mieux avec un peu de bonne volonté. Pour Jackie Shawcross, médiatrice bénévole à la Calgary Society, la bonne volonté témoigne du désir réel d’avoir une conversation ou de résoudre le conflit. «Résoudre un conflit ne se fait pas toujours comme on le souhaite, prévient-elle. La solution passe souvent par le compromis. Il faut y être prêt.»

Jackie Shawcross a aidé des gens à surmonter des différends autour d’une place de stationnement, par exemple, ou d’un chien qui aboie, mais aussi des situations conflictuelles entre voisins aux valeurs opposées. Médiatrice, elle aide les protagonistes à identifier les attentes et les préjugés qui les empêchent de passer à autre chose. Quand le processus se déroule bien, ce qui a commencé par «vous êtes un affreux voisin» se termine par une meilleure compréhension du point de vue de l’autre et de ce qui l’explique.

Pour y arriver, ajoute-t-elle, il est essentiel que tous s’accordent sur le meilleur moyen d’aborder rapidement le sujet qui irrite. Pratiquement, il s’agit d’établir les contacts avec les protagonistes, d’organiser une rencontre et de permettre à chacun de s’exprimer.

Pensez à éviter ces comportements impolis lors d’une conversation.

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Soyez curieux pour éviter les conflits.
GaudiLab/Shutterstock

Soyez curieux

Les conversations importantes se déroulent souvent sur un mode combatif, attaque, défense, aux dépens d’une franche curiosité. «Dans les discussions où les émotions, l’idéologie et la politique sont en cause, l’instinct nous pousse à jouer au soldat sur un champ de bataille avec l’idée de défendre nos croyances ou la vérité qui nous arrange», dit Julia Galef, qui a récemment publié un ouvrage important sur la question. Elle y suggère plutôt de penser comme un scout pour nourrir sa curiosité. Contrairement au soldat, le scout ne cherche ni à attaquer ni à défendre, mais à cerner le paysage avec clarté et objectivité.

Son livre regorge d’exemples sur comment transformer le jugement et l’attitude défensive en curiosité du point de vue de l’autre. Pour commencer, au lieu de formuler vos griefs, posez de vraies questions et tendez l’oreille aux réponses. Soyez ouvert à toute nouvelle information susceptible de modifier votre perspective ou de vous faire comprendre pourquoi votre interlocuteur pense ce qu’il pense.

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Lâchez prise pour éviter les conflits.
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Lâchez prise

Même les conversations les mieux planifiées prennent parfois une tournure désagréable. Si la discussion devient tendue, lâchez prise. Julia Galef s’applique à elle-même une technique qui consiste à s’imaginer avec l’interlocuteur comme deux explorateurs contemplant côte à côte le même paysage. Cet exercice mental lui rappelle que, pour comprendre ce qui ne va pas, l’effort doit être commun.

Si la conversation déraille parce que la personne vous oppose un mur de mensonges et de contrevérités, servez-lui ce que le linguiste George Lakoff appelle le «sandwich de vérité», qui consiste à opposer des faits au mensonge. Ainsi, commencez votre réponse par un argument factuel, et citez la source et pourquoi vous la jugez crédible. Exposez ensuite le mensonge et ce qui est faux dans les faits. Puis revenez à votre argument de départ et reprenez.

Ce n’est pas facile, mais ça empêche la conversation de dérailler et de se transformer en attaque personnelle. Il arrive qu’en dépit de tous nos efforts l’échange soit impossible. Une conversation peut être épuisante psychiquement et physiquement. Si vous discutez avec quelqu’un qui ne manifeste aucune bonne volonté ou qui n’écoute pas, il est préférable de passer à autre chose et de vous protéger pour retrouver l’énergie qu’il faudra déployer pour de véritables conversations.

Méfiez-vous des signes qui montrent que vous êtes passif agressif (sans même le savoir!).

Contenu original Selection du Reader’s Digest

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