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Protection solaire : 3 chiffres scandaleux

Les écrans solaires peuvent vous protéger de la nocivité du soleil, mais ces produits doivent encore être améliorés. À savoir pour votre sécurité.

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La protection solaire est plus complexe que vous ne le croyez

Lorsque la rédaction de Plaisirs Santé m’a commandé un texte sur les nouveautés dans le domaine des écrans solaires, très honnêtement, je ne me suis pas mise au travail avec une grande ferveur. Mais je pensais, comme le disent parfois les journalistes du domaine de la santé, que cet article serait plutôt un texte médical qu’une source d’inspiration. Un bon sujet, certes! Mais que dire d’autre qu’il ne faut pas s’exposer au soleil, qu’il faut porter des vêtements protecteurs et appliquer des tonnes de lotion solaire pour réduire le risque de cancer.

À ma grande surprise, j’ai découvert que tout le débat sur les écrans solaires, sur la façon dont ils sont testés, réglementés et étiquetés pourrait remplir un livre complet. Après avoir entendu les parties concernées et les scientifiques de tous les pays ébaucher des politiques joliment complexes, sans oublier les arguments de physique du niveau de doctorat, quelques éléments clés ont commencé à se révéler. Voici ce que j’ai appris.

Pendant les décennies au cours desquelles ce débat faisait rage, l’Organisation mondiale de la santé notait un accroissement de l’incidence du cancer de la peau provenant du mélanome ou d’autres sources : l’épaisseur de la couche d’ozone continuait de s’amoindrir, augmentant plus que jamais la quantité de rayonnement ultraviolet. La Société canadienne du cancer estimait au mois de mai que 5 800 Canadiens auraient un diagnostic de mélanome en 2012, et qu’environ 970 décéderaient de cette maladie. Plus de 81 000 Canadiens auront un diagnostic de cancer de la peau sans présence de mélanome et 320 devraient en mourir. On constate que l’efficacité des écrans de protection solaire est vraiment sous les feux de la rampe.

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Au Canada, il n’y a aucune réglementation d’étiquetage concernant les UVA

Pendant toutes les années au cours desquelles j’ai utilisé l’écran solaire, la seule chose sûre est que j’étais protégée contre les UVB au niveau du facteur de protection indiqué sur l’emballage, même si le produit portait la mention « UVA / UVB » ou « large spectre ». Au Canada, il n’y a aucune réglementation d’étiquetage concernant les UVA. Les ultraviolets de type B sont la cause des coups de soleil et de la plupart des cancers de la peau. Les ultraviolets de type A sont plus longs, pénètrent plus en profondeur et causent le vieillissement et le cancer de la peau. Mais à l’heure actuelle, Santé Canada modifie la réglementation sur les écrans solaires pour se conformer aux dernières directives en vigueur de l’Administration américaines de la santé et des médicaments. L’agence américaine a déterminé un indice minimal de protection solaire contre les UVA et a élaboré un contenu d’étiquette pour les fabricants afin que les consommateurs n’aient pas à comparer deux symboles ou deux nombres différents pour comprendre la protection exacte contre les UVA et les UVB.

La nouvelle réglementation américaine sur les écrans solaires confirme l’importance réelle de se protéger des UVA. À compter de cet été, tous les écrans solaires vendus aux États-Unis devront subir un test de longueur d’onde critique démontrant qu’ils offrent la protection minimale contre les UVA. Cette protection correspond à 90% des 370 nanomètres (nm) des rayons UVA. « Ce pourcentage mesure l’ampleur de la couverture, » explique le docteur Jason Rivers, professeur de clinique au département de dermatologie de l’Université de Colombie-Britannique.

Le législateur américain a jonglé avec l’idée d’exiger deux étiquettes différentes : une pour l’indice de protection UVB et l’autre pour l’indice UVA, mais il a finalement décidé que les produits devraient indiquer l’indice de protection UVA à l’aide d’un symbole ou d’un nombre : « Indice de protection solaire large spectre (15 ou plus) ». Cette mention n’est pas permise sur les produits dont l’indice de protection est inférieur à 15, même si ce produit offre une certaine protection contre les UVA, parce que le minimum recommandé à toute personne par l’autorité américaine pour réduire le risque de cancer est un écran solaire offrant une protection à large spectre de 15. La réglementation américaine exige également que l’allégation « résistant à l’eau » précise si l’écran solaire est efficace pendant 40 ou 80 minutes.

En avril 2012, l’Association australienne de normalisation (Standards Australia) a également révisé ses exigences relativement aux UVA et a élaboré la norme des écrans solaires « AS/NZ 2604 ». « Comme le font les Américains, la seule mention que nous retiendrons est que le produit est à large spectre », affirme John Staton, directeur de Dermatest, une entreprise internationale d’évaluation de produits cosmétiques, située à Rockdale, en Australie. Ce pays a l’un des taux de cancer de la peau les plus élevés au monde, résultat de l’amincissement de la couche d’ozone et d’un style de vie où une grande population à peau claire fréquente régulièrement la plage. « En Australie, l’opinion courante veut que, à l’instar de l’agence américaine, on n’utilise pas une double numérotation ou un concept qui pourrait créer de la confusion auprès du public, explique John Staton. L’indice de protection solaire demeure le message le plus important à véhiculer. »

Jusqu’à ce que Santé Canada révise sa réglementation, les produits portant actuellement la mention « large spectre » offrent une protection contre les UVA et les UVB. Les écrans solaires canadiens sont fiables. Ils protègent des coups de soleil et diminuent le risque de cancer. Et n’oubliez pas qu’il faut répéter l’application fréquemment.

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Un indice de protection plus élevé ne signifie pas à une plus grande protection

Au cours de mes recherches, j’ai également découvert un autre débat sur l’indice de protection 50 apparaissant sur certains produits. Comme consommatrice, je présumais qu’un produit à indice de 50 me protégeait presque deux fois plus qu’un indice de 30. En réalité, l’augmentation de la protection est minime. Pour clarifier, un indice de protection solaire de 15 absorbe 93 pour cent des rayons UVB; un indice de 30 en absorbe 97 pour cent; un indice de 50 absorbe 98 pour cent; et l’indice de 100 absorbe 99 pour cent des rayons. Aucun écran n’absorbe la totalité des rayons solaires.

L’Administration américaines de la santé a proposé que l’indice maximum de protection soit de 50+. On croit que si ce chiffre dépasse 50, le consommateur pourra se leurrer en croyant qu’il peut demeurer à l’extérieur plus longtemps, appliquer moins de produit ou l’appliquer moins fréquemment, explique Jason Rivers. L’intérêt des fabricants est d’inscrire l’indice qui correspond à leurs plus hautes allégations. Ceux qui défendent l’utilisation d’un indice plus élevé fondent leur opinion sur les quelques études qui démontrent que certaines personnes ayant une peau sensible ou vivant en haute altitude pourraient profiter d’une protection accrue. Cependant, l’argument qui milite en faveur d’une augmentation de l’indice de protection est que, dans la vie réelle, personne n’applique autant de produit qu’on le fait dans les conditions d’évaluation.

En attendant, l’Australian Cancer Council qui préconise que les indices plus élevés que 30 ne devraient pas être permis, affirme cependant qu’il pourrait accepter cette situation, à condition que la valeur de la protection s’élève parallèlement à celle de l’indice.

Mais pendant que le débat sur la valeur de l’indice fait rage, gardez en tête que l’Association canadienne de dermatologie recommande à tous d’utiliser un indice de protection solaire minimal de 30.

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L’évaluation en laboratoire de l’indice de protection solaire n’est pas réaliste

L’information la plus précieuse que j’ai obtenue est que la quantité d’écran solaire utilisée en laboratoire pour déterminer le niveau de protection est énormément plus grande que celle qu’une personne utilisera en réalité. David Steinberg, qui est depuis longtemps conseiller en écran solaire auprès des agences réglementaires canadiennes, m’a affirmé que les laboratoires du monde entier mesurent l’indice de protection en appliquant une couche de produit de 2 mg par centimètre carré sur une lame. « Il n’y a personne au monde qui applique une telle épaisseur d’écran solaire, affirme David Steinberg de David Steinberg & Associates à Plainsboro, N.J. Cela signifie qu’il faudrait utiliser le tiers d’un contenant de 250 ml à chaque application. Le test des écrans solaires est fondé sur une ancienne mesure qui n’a jamais été modifiée. » Cela signifie-t-il que l’indice ne donne pas une mesure exacte? À son point de vue, l’indice n’est pas exact, à moins de suivre à la lettre les directives de l’emballage.

Que faut-il croire? Peu importe l’indice, explique Jason Rivers, suivez les directives d’application du produit : appliquez-en 30 millilitres (2 c. à table) pour protéger la totalité du corps; faites l’application 20 minutes avant de sortir et répétez aux 2 heures ou plus fréquemment si vous pratiquez une activité intense, si vous nagez ou si vous vous essuyez. Ne prenez pas de chance : n’oubliez pas l’épaisseur de la couche de produit sur la lame du microscope. Je sais que j’y penserai chaque fois que j’irai au soleil.

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La protection solaire dans d’autres pays

Au Japon, l’indice de protection solaire indique le niveau de protection contre les coups de soleil et la protection contre les UVA est indiquée par l’indice PA. Les Japonais utilisent la méthode de pigmentation persistante, un calcul basé sur la vitesse à laquelle les gens bronzent.

• PA+ est une bonne protection (certaine protection contre les UVA)
• PA++ est une très bonne protection (protection modérée contre les UVA)
• PA+++ est la meilleure protection (bonne protection contre les UVA)

L’Europe utilise la méthode du facteur de protection contre les rayons ultraviolets et les grands manufacturiers viennent d’adopter la recommandation de la Commission européenne de l’industrie du cosmétique, selon laquelle le niveau de protection d’un produit contre les UVA devrait équivaloir au tiers de son facteur de protection solaire. Lorsque c’est le cas, l’étiquette porte le symbole « UVA » à l’intérieur d’un cercle.

Au Royaume-Uni, les règlements sont une interprétation de ceux de l’Union européenne. De plus certains fabricants utilisent un système de classement à étoiles élaboré par la chaîne de pharmacie Boots. Le nombre d’étoiles correspond au rapport d’absorption : le rapport entre l’absorption des UVA et celle des UVB. L’exigence minimale correspond actuellement à trois étoiles du système de classement Boots; cinq étoiles est le niveau le plus élevé. Cette méthode un peu compliquée mesure le niveau de protection contre les UVA en comparaison avec l’indice de protection solaire du produit. En théorie, un produit 5 étoiles avec un indice de protection de 8 pourrait offrir une protection moindre qu’un produit trois étoiles ayant un indice de protection de 15.

Et voilà! Vous savez tout ce qu’il y a à savoir en matière de protection solaire. Continuez de nous lire pour connaître les nouveaux développements.

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