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Comment préserve-t-on les cosmétiques?

Voici ce qu’il faut savoir sur les préservateurs.

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Pourquoi les compagnie utilisent les préservateurs ?

Ce n’est pas parce que l’emballage d’un cosmétique porte la mention « sans parabène » qu’il ne renferme aucun préservateur chimique. Les fabricants peuvent décider d’omettre les parabènes chimiques et en faire mention sur l’emballage, mais le produit pourrait renfermer d’autres substances destinées à en prolonger la durée de conservation.

Bien des femmes préféreraient que leurs produits de beauté soient exempts de ces substances, mais les fabricants continuent de les employer pour des raisons d’efficacité et de protection du consommateur. Les préservateurs ne sont pas toujours essentiels, mais quand ils le sont, ils ont pour rôle de prolonger la durée de conservation des produits et de prévenir le développement de microbes qui pourraient causer une infection. Voici un petit lexique des préservateurs chimiques les plus répandus ainsi que de l’information sur leur innocuité. Remarque : certaines de ces substances sont naturelles sous leur forme brute, mais ont subi une transformation chimique tandis que d’autres sont obtenues par synthèse, ce qui en abaisse le coût.

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Parabènes

Présents dans les hydratants ainsi que dans les produits capillaires, de maquillage et épilatoires.

Couramment employés dans les produits cosmétiques, les parabènes sont efficaces contre un large éventail de bactéries, levures et moisissures ; par conséquent, ils protègent le consommateur et prolongent la durée de conservation des produits. Les formes les plus répandues sont le méthylparabène, l’éthylparabène, le propylparabène, le butylparabène, l’isopropylparabène et l’isobutylparabène. Selon Santé Canada, tous les parabènes du commerce sont synthétiques (bien que certains fruits en renferment naturellement) et se trouvent généralement à des concentrations de 0,3% ou moins.

Dans une étude de petite envergure menée en 2004 au Royaume-Uni, on a détecté des parabènes dans des tumeurs du sein. Cependant, selon Santé Canada et David Steinberg, auteur de Preservatives for Cosmetics, cette étude présentait des failles ; malgré des études complémentaires approfondies menées par d’autres chercheurs, on n’a pu établir aucun lien de cause à effet entre l’exposition aux parabènes et une augmentation du risque de cancer. En mars 2012, Santé Canada, la FDA américaine et le comité d’experts du Cosmetic Ingredient Review (CIR), comité américain qui étudie et évalue l’innocuité des ingrédients dans les produits cosmétiques, ont réévalué les parabènes et ont estimé qu’ils étaient sans danger aux taux actuels d’exposition. Selon Santé Canda, qui suit de près les études scientifiques portant sur ces substances et tient compte de toute nouvelle donnée, ils ne constituent pas un sujet de préoccupation.

Dans une interview téléphonique avec Plaisirs Santé, David Steinberg a expliqué qu’il n’existait pas de solution de rechange immédiate aux parabènes employés comme préservateurs, du fait qu’il est nécessaire d’associer divers ingrédients pour obtenir une action élargie. Selon lui, si l’on opte pour d’autres préservateurs, il faut garder à l’esprit que ceux qui sont efficaces dans les émulsions (par exemple les crèmes et les lotions) ne le sont pas nécessairement dans les produits nettoyants (shampoing et savon liquide pour le corps) et vice versa.

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Phénoxyéthanol

Présent dans les produits tels que maquillage pour les yeux, soins cutanés, hydratants, produits capillaires, démaquillants et écrans solaires.

Largement employé par les fabricants de cosmétiques du fait qu’il est bon marché, le phénoxyéthanol n’est pas en soi un préservateur puissant ; par conséquent, on l’utilise souvent comme véhicule ou solvant en association avec d’autres préservateurs chimiques. Santé Canada le considère comme sans danger et, par conséquent, n’a émis aucune restriction quant à sa teneur dans les produits. Cependant, au Japon, le comité Standards for Cosmetics en limite la teneur à 1%.

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Urée diazolidinyle, urée imidazolidinyle, DMDM hydantoïne et quaternium-15

Présents dans les soins cutanés et capillaires, et dans le vernis à ongles.

Ce sont là les quatre formes les plus répandues d’une famille de préservateurs de synthèse connus sous le nom de « libérateurs de formaldéhyde ». Comme ils sont efficaces contre les bactéries, mais peu actifs contre les levures et les moisissures, ils sont souvent associés à des préservateurs plus puissants, qui prolongeront la durée de conservation des produits. Préoccupé par le fait que ces substances libèrent du formaldéhyde, le comité Standards for Cosmetics du Japon en restreint l’usage. La Directive cosmétique de l’Union européenne les considère comme sans danger ; c’est aussi le cas de Santé Canada, qui en limite toutefois la teneur à 0,2%.

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Méthylisothiazolinone

Présent dans les produits capillaires, les savons liquides ainsi que d’autres produits pour le bain, certaines crèmes pour les mains et les écrans solaires.

Puissant antibactérien, ce produit chimique est toutefois peu actif contre les levures et les moisissures. Au Canada et en Europe, la concentration maximale est de 100 ppm. (Selon David Steinberg, on réévaluera son innocuité en septembre, lors de la prochaine rencontre du CIR.) On l’emploie également en association avec le méthylchloro-isothiazolinone dans les shampoings et les gels douches (produits de rinçage) à une teneur maximale de 15 ppm. Comme cette association n’est pas toujours compatible avec les autres ingrédients cosmétiques, on n’y a pas largement recours. Santé Canada autorise l’emploi du mélange de méthylisothiazolinone et de méthylchloro-isothiazolinone dans les produits sans rinçage à des teneurs de 7,5 ppm ou moins, concentration qui n’a qu’une efficacité limitée contre les levures, les moisissures et certaines bactéries.

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Triclosan

Présent dans les savons antibactériens, les savons liquides pour le corps et les mains, les rince-bouche, les désodorisants et les dentifrices.

Ingrédient de synthèse utilisé essentiellement comme antibactérien dans les soins corporels, le triclosan peut aussi être employé comme préservateur dans le but de freiner le développement des microbes et de prévenir la dégradation des produits. En 2011, le comité d’experts du CIR et le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs de l’Union européenne ont conclu que, aux concentrations actuelles, le triclosan pouvait être utilisé sans danger dans les produits corporels. En conclusion de ses propres évaluations, en mars 2012, le gouvernement canadien confirmait la chose dans un communiqué officiel, tout en faisant remarquer que, « en quantités significatives », il pouvait présenter un risque pour l’environnement. La Canadian Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association (CCTFA), un regroupement de fabricants, réévalue présentement les données scientifiques portant sur cette substance.

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Autres préservateurs, dont les naturels

On peut aussi trouver dans les cosmétiques des ingrédients tels que le glycéryle de caprylate, les caprylyls glycols et l’éthoxydiglycol, qui peuvent être dérivés de substances naturelles ou synthétiques. Utilisés seuls, leur efficacité est limitée, mais ils peuvent rehausser celle d’autres préservateurs.

Employées comme préservateurs, les huiles essentielles peuvent présenter certains inconvénients, par exemple une fragrance et une couleur prononcées ou, comme dans le cas de l’extrait de pépin d’orange, une piètre efficacité.

On a également recours aux préservateurs acides tels que l’acide benzoïque et l’acide sorbique. Selon Yves Lanctôt, chimiste québécois indépendant qui agit comme consultant auprès de nombreux fabricants de cosmétiques, « ces deux molécules présentes dans la nature sont approuvées par Ecocert et d’autres organismes de certification écologique ». Cependant, les entreprises utilisent souvent leurs formes synthétiques afin d’abaisser leur coût. Toujours selon Yves Lanctôt, leurs propriétés préservatrices sont meilleures quand le pH du produit est bas ; malheureusement, plus il est bas, plus le risque d’irritation cutanée est élevé.

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