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Les bonnes nouvelles à travers le monde en 2022

Parce qu’il ne faut pas oublier les belles actions et les actes de bravoure, nous rassemblons ici toutes les bonnes nouvelles qui ont été publiées dans le magazine Sélection du Reader’s Digest en 2022. Comme un vent de fraîcheur, voici notre dose de positivité pour l’année à venir!

Bonne nouvelle: il existe de chiens de sauvetage!Avec la permission de L’École italienne de chiens de sauvetage
Entraîner des chiens d’élite exige au moins une année de travail.

Italie: sauveteurs canins à la rescousse

L’École italienne de chiens de sauvetage, dont le siège social est à Milan, patrouille sur les plages de la péninsule depuis plus de 30 ans avec environ 400 chiens bien entraînés et qualifiés – principalement des terre-neuve, mais aussi des labradors et des bergers allemands – qui sauvent une trentaine de personnes chaque année.

Ancien photographe et bénévole du service italien de la protection civile, son fondateur Ferruccio Pilenga a commencé avec son chien, Mas, un terre-neuve doté d’une force incroyable. Ensemble, et avec l’aide de la garde côtière, de l’armée et de la police, ils ont sauvé plusieurs marins, plongeurs et nageurs les premières années.

Ferruccio Pilenga applique ce qu’il appelle la technique du dauphin: un sauveteur humain s’accroche au harnais du chien qui nage en direction de la victime. Au fil du temps, il a eu recours à diverses embarcations et à des hélicoptères dans ses missions et s’est mis à entraîner d’autres héros à quatre pattes.

Tout le monde peut poser la candidature de son animal, mais la formation est dure et longue – au moins un an. Le chien apprend à se jeter à l’eau d’un hélicoptère ou d’une embarcation et doit maîtriser des techniques de survie reconnues. Les terre-neuve et autres chiens d’eau sont particulièrement doués pour ce métier, dit Ferruccio Pilenga, en raison de leur puissance, de leur poil imperméable et de leur capacité à affronter les courants.

«Si j’interviens seul, dit-il, je suis seul. Si j’interviens avec un chien, je deviens une équipe de sauvetage.» Avec un autre terre-neuve appelé Reef, Ferruccio Pilenga a fait des démonstrations et donné des formations aux services de sauvetage américains, allemands et suisses.

Vous serez sans doute agréablement surpris d’apprendre le retour du diable de Tasmanie et ces autres bonnes nouvelles du monde entier.

Bonne nouvelle: une mine de charbon devient un parc national.Thomas Hagenau/shutterstock.com
L’archipel norvégien du Svalbard.

Norvège: une mine de charbon devient un parc national

Alors que plusieurs pays délaissent les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables, que peut-on faire des lieux désormais toxiques d’où ils étaient extraits? La Norvège a eu une très bonne idée. Elle transforme sa dernière mine de charbon arctique, dans l’archipel de Svalbard entre le continent et le pôle Nord, en un parc naturel de presque 3000 km2. (Exploitée pendant des décennies, la mine a fermé en 2019.) L’archipel était déjà d’un intérêt éco­logique vital: 20 millions d’oiseaux nichent dans ses îles à la fin de l’été, et environ 3000 ours blancs chassent sur sa banquise. Le nouveau parc national du Van Mijenfjorden – du nom de l’un des plus grands fjords du Svalbard – rassemblera ces terres sauvages, et le temps en refera une nature vierge et bien protégée.

Il n’y a pas que du mauvais dans le monde: la preuve avec toutes ces bonnes nouvelles du monde.

Une femme reprise une chemise à la machine à coudreDjem/Shutterstock

Écosse: une parade à la culture du tout-jetable

Mode éphémère, livraison immédiate, obsolescence programmée: de nos jours, on s’attend à ce que tout arrive vite, mais pas à ce que ça dure longtemps. Le Royaume-Uni, par exemple, a produit 201 millions de tonnes de déchets en 2018.

Une association populaire de Glasgow appelée Remade, fondée par l’ancienne écomilitante Sophie Unwin, veut changer cette façon de penser avec l’aide des habiles techniciens de ses trois dépôts qui aident les habitants à tout raccommoder, réparer et réutiliser, des portables aux lampes et des jeans aux pulls.

(À petit prix: réparer un câble de rallonge coûte 10$, par exemple.) Les clients peuvent aussi acheter des ordinateurs remis à neuf et d’autres gadgets, ou suivre des ateliers pour apprendre à réparer eux-mêmes leurs appareils. Dans un monde qui jette, Remade garde.

Retrouvez d’autres bonnes nouvelles au sujet de la lutte pour le climat, de la santé mentale et du travail.

Bonne nouvelle: elle lance une campagne de financement pour aider son collègue à acheter une maison.Romolo Tavani/Shutterstock

Canada: une maison en cadeau

En 2018, à Halifax, Alvero Wiggins, un travailleur social de 33 ans, a appris qu’il souffrait de défaillance rénale. Un an plus tard, incapable de travailler et dans l’attente d’une greffe, ce père de quatre enfants a dû déménager sa famille dans un logement social décrépit.

Consternée, sa collègue Sarah MacLaren a lancé une campagne de financement pour l’aider à acheter une maison. Elle a ainsi récolté des milliers de dollars et attiré l’attention de Brenda MacKenzie, agente immobilière au grand cœur, en attente elle aussi d’une greffe du rein. Des avocats, des commerçants et l’association d’aide au logement de Brenda ont recueilli assez d’argent pour que la famille Wiggins, émerveillée, entre en possession d’une maison, que Sarah appelle la «maison miraculeuse» – un miracle possible grâce à des anges gardiens comme elle.

Bonne nouvelle: une ressource utile et un refuge sûr en Afrique du Sud.Avec la permission de Terence Crowster

Afrique du Sud: les livres, un refuge sûr

Terence Crowster est un travailleur social qui œuvre auprès des jeunes défavorisés de Scottsville, un quartier à forte criminalité du Cap, en Afrique du Sud. Il a notamment aidé à mettre sur pied des programmes d’apprentissage, de lutte contre l’intimidation et de leadership dans diverses écoles secondaires. Mais ce sont les bibliothèques qu’il a constituées dans des conteneurs réaménagés – grâce à des dons – qui ont vraiment transformé le quartier. La première, ouverte en 2017, a été baptisée HotSpot Library, une allusion à son emplacement à la frontière d’une zone disputée par deux bandes rivales et à son objectif: être une ressource utile.

Malgré les risques auxquels elle était exposée, la bibliothèque a prospéré et est devenue un espace aussi sûr qu’une salle de classe. Au cours de sa première année d’existence, elle est passée de 30 jeunes abonnés à 750. Ses rayons comptent plus de 2000 livres, et elle offre un programme éducatif six jours par semaine. En juillet dernier, Terence Crowster a ouvert une succursale dans le quartier voisin de Scottsdene et prévoit en créer d’autres, tout comme des bibliothèques itinérantes un peu partout au Cap.

Modeste et infatigable, l’homme voit dans ces bibliothèques un rouage d’un mouvement plus large pour la justice sociale dans sa ville: «Et si ça peut en inspirer d’autres à se lever et à faire leur part, alors j’aurai joué mon rôle dans ce changement.»

Bonne nouvelle: des salades poussent sur les toits du Canada!Benjamin Mallette-Vanier, avec la permission des Fermes Lufa
Mohamed Hage et Lauren Rathmell, des Fermes Lufa.

Canada: des salades plein les toits

Imaginez une ville qui cultive une partie de ses légumes sur les toits; où des tomates mûrissent toute l’année, même en hiver. C’est le pari des Fermes Lufa, qui gèrent quatre serres dans la région de Montréal et qui livrent plus de 25 000 paniers de légumes frais à leurs clients chaque semaine.

Fondée en 2009 par Mohamed Hage et Lauren Rathmell, l’entreprise est le fruit d’une idée toute simple: l’agriculture urbaine veut réduire l’empreinte écologique liée à la livraison en produisant ses aliments là où vivent les gens. Au Canada, 92% des produits importés parcourent plus de 1500 kilomètres. «La tomate qu’on achète en hiver vient probablement de la Californie ou du Mexique en camion, expli­que Lauren Rathmell. Nous livrons les nôtres le jour suivant leur récolte.»

Grâce à la technologie hydroponique, les serres de Lufa recyclent près de 90% de l’eau utilisée pour les plantes. En récupérant le chauffage résiduel du bâtiment, elles consomment deux fois moins d’énergie que si elles étaient au sol. Au lieu de pesticides, coccinelles et guêpes parasitoïdes dévorent les insectes ravageurs comme les pucerons.

Un logiciel gère la logistique de la livraison tout en offrant aux clients le choix d’une cinquantaine de variétés de fruits et de légumes ainsi que des produits locaux comme du pain ou du fromage.

Le projet d’agriculture urbaine des Fermes Lufa n’est pas unique en son genre. Des serres et des jardins commerciaux ont commencé à pousser à Londres, à Paris et à New York. Selon les spécialistes, les récoltes urbaines pourraient répondre jusqu’à 10% de la demande alimentaire mondiale.

En parlant de toit: en Allemagne, un toit nouveau genre a vu le jour pour les sans-abri, entre autres!

Bonne nouvelle en Pologne: une médaille olympique pour aider un enfant malade.fifg/shutterstock.com

Pologne: une médaille olympique pour aider un enfant malade

En s’emparant de l’argent au javelot, aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, Maria Andrejczyk a aussi triomphé du mauvais sort: elle avait manqué le podium par deux centimètres à Rio en 2016, elle a dû se rétablir d’une opération à l’épaule en 2017 et surmonter un diagnostic de cancer osseux en 2018.

Lorsqu’elle a entendu parler d’une campagne de financement en faveur de Miloszek Malysa, garçon de 8 mois né avec une grave anomalie cardiaque, la jeune femme de 25 ans n’a pas hésité. Il fallait 480 000$ pour une opération vitale, dont on avait amassé la moitié. «Je n’ai pas été lon­gue à me décider», confie Maria, qui a mis sa médaille aux enchères pour obtenir le reste de la somme. Elle a été vendue plus de 160 000 $ à la chaîne polonaise de supermarchés Zabka, dont son directeur général, Tomasz Suchan´ski, a insisté pour qu’elle reste pourtant entre les mains de l’athlète.

Retrouvez d’autres bonnes nouvelles qui font du bien au moral!

Bonne nouvelle: la Suède arrive à verdir l’industrie de l’acier.ABCDstock/Shutterstock

Suède: verdir l’industrie de l’acier

Depuis plus de 150 ans, on brûle du charbon pour produire de l’acier, recrachant ce faisant du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Aujourd’hui, on estime le secteur responsable de 7 à 9% de toutes les émissions directes provenant des combustibles fossiles. Cela représente 2,6 gigatonnes de dioxyde de carbone – plus que ce qu’émettent tous les animaux de la Terre.

Une compagnie suédoise a cependant trouvé une manière de produire de l’acier sans charbon. La SSAB, de Stock­holm, est la première aciérie à avoir remplacé l’énergie fossile par de l’hydrogène et de l’électricité de sources renouvelables. La SSAB espère ainsi atteindre une production d’échelle industrielle d’ici 2026.

Concernant le climat et l’écologie, l’Espagne a opté pour une forêt urbaine. Voici d’autres bonnes nouvelles du monde.

Bonne nouvelle: une famille retrouve un fils kidnappé en Chine.polkadot_photo/Shutterstock

Chine: une famille retrouve un fils kidnappé

Il aura fallu à Guo Gangtang plus de 20 ans, 500 000 kilomètres, 10 motocyclettes et quelques os fracturés pour finalement retrouver son fils en juillet dernier. Lors d’une conférence de presse à Liaocheng, dans la province du Shandong, Guo et sa femme, Zhang Wenge, en pleurs, serraient enfin dans leurs bras celui que, à la naissance, ils avaient appelé Xinzhen. «Mon bébé, tu es revenu!» a dit la mère. Il avait disparu en 1997, à l’âge de deux ans.

En Chine, on estime à 20 000 par année le nombre de rapts d’enfants. La plupart sont vendus à des parents adoptifs. Dans sa quête, Guo Gangtang a parcouru en tous sens le pays à moto en arborant un drapeau à l’effigie de son fils et a dormi sous les ponts lorsque l’argent lui manquait. Son histoire a même inspiré le film à succès Lost and Love, sorti en 2015. Les policiers ont utilisé un registre de photographies et un test d’ADN pour confirmer l’identité du jeune homme, qui est maintenant enseignant. Un homme et une femme ont été arrêtés pour avoir enlevé et vendu Xinzhen au réseau de trafic d’enfants qui l’a livré à sa famille adoptive.

Bonne nouvelle: il met en place un dispositif innovant contre la pollution en Irlande.Avec la permission de Fionn Ferreira

Irlande: un dispositif innovant contre la pollution

Ayant fait du kayak toute son enfance sur la côte sud-ouest de l’Irlande, Fionn Ferreira, 20 ans, est un témoin privilégié des effets dévastateurs de la pollution océanique.

Choqué par la quantité de plastique encombrant les berges, il s’est informé au sujet des quelque 300 millions de tonnes de déchets de plastique produits chaque année par l’être humain. Fionn a appris que le type le plus dangereux est celui qu’on ne peut voir – le microplastique, ces minuscules fragments qui peuvent se retrouver dans les poissons et dans nos corps. Nous ingérons cinq grammes de microplastique par semaine – l’équivalent d’une carte de crédit – à travers la nourriture et l’eau que nous consommons.

Après avoir remarqué que les résidus de fuites de pétrole sur la plage attirent les particules de plastique, Fionn Ferreira a conçu un dispositif utilisant du ferrofluide, une sorte de liquide magnétique, pour retirer les microplastiques de l’eau potable. En 2019, son prototype – qui a retiré 87% des particules d’un échantillon – a remporté le premier prix du Google Science Fair.

Étudiant aujourd’hui la chimie à l’université de Groningue, aux Pays-Bas, Fionn collabore avec une compagnie établie en Ohio pour adapter son invention à un usage domestique, puis, éventuellement, aux usines de traitement des eaux usées. «J’adore inventer et travailler pour la planète, dit-il, et j’ai encore bien des idées qui mijotent.»

Bonne nouvelle au Royaume‑Uni pour faciliter le quotidien des réfugiés.Avec la permission de The Washing Machine Project

Royaume‑Uni: faciliter le quotidien des réfugiés

Pour 70% de la population mondiale qui n’a pas accès à une machine à laver électrique, faire la lessive est une tâche chronophage et pénible. La corvée retombe presque toujours sur les femmes et les filles, qui peuvent passer jusqu’à 20 heures par semaine à frotter à la main les taches, souvent sans électricité ni eau courante. L’ingénieur londonien Navjot Sawhney, 31 ans, a une solution qui permet de se passer d’électricité: une laveuse légère et portative qui fonctionne à manivelle. Elle fait également office de sécheuse et coûte à peine plus de 60$.

Navjot l’a appelée «Diyva», du nom de la femme qui lui a inspiré ce projet – une voisine en Inde du Sud où, pendant une année, il a fait du bénévolat après avoir quitté son poste d’ingénieur chez Dyson, le fabricant d’aspirateurs. «J’étais effaré par la quantité de travail non rémunéré que Diyva devait accomplir pour avoir du linge propre», se souvient-il. De retour au Royaume-Uni, il a fondé en 2018 le Washing Machine Project. Après avoir consacré quelques mois à la mise au point de son prototype, il a bénéficié d’une bourse de l’Iraq Response Innovation Lab, une initiative d’Oxfam.

Depuis mars 2019, plus de 150 Diyva ont été distribuées à des réfugiés en Irak grâce à des partenaires associatifs. «Les réactions ont été très positives», se réjouit Navjot.

Il voudrait en distribuer 8000 dans 10 pays d’ici trois ans. En faisant l’économie de 75% du temps et de 50% de l’eau requise pour laver le linge, les femmes et les filles auront plus de temps pour poursuivre des études.

Pour cet homme dont le père a dû fuir le pays au moment de la partition des Indes en 1947, la crise mondiale croissante des réfugiés montre l’urgence d’innover: «Il existe un besoin criant d’appareils ménagers qui faciliteront l’existence de ces gens.»

Bonne nouvelle au Canada avec des produits gratuits pour l’hygiène féminine.Alina Kruk/Shutterstock

Canada: des produits gratuits pour l’hygiène féminine

Un quart des jeunes femmes au Canada disent manquer de ressources pour se procurer les produits hygiéniques dont elles auraient besoin. Et, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies publié en 2014, une jeune femme sur 10 dans le monde rate ses cours pendant son cycle menstruel. Le gouvernement de l’Ontario espère corriger les choses grâce à un partenariat de trois ans avec Shoppers Drug Mart. Dix-huit millions de serviettes hygiéniques seront ainsi mises à la disposition des jeunes femmes dans les toilettes des écoles publiques de la province. L’Ontario est la quatrième province canadienne à adopter cette mesure, qui s’inscrit dans un mouvement global dont l’objectif est de mettre un terme à la «précarité menstruelle», laquelle a des conséquences négatives sur l’éducation, l’emploi et la santé, en plus d’être cause d’absentéisme, d’anxiété et de dépression.

Bonne nouvelle en Allemagne avec des profils d'adoption d'animaux sur Tinder.Nikola Stanisic/Shutterstock

Allemagne: animal abandonné cherche famille

Vous voulez nouer une relation durable avec un(e) célibataire esseulé(e) et… portant fourrure? Avez-vous pensé à un chien ou un chat? Face à l’afflux d’animaux de compagnie adoptés durant le confinement puis abandonnés, la Munich Animal Welfare Association a fait équipe avec une agence de publicité pour créer sur l’application Tinder un profil de «rencontre» pour 15 animaux en quête de familles. Grâce aux photos et aux biographies précisant attirances et aversions – Captain Kirk, par exemple, chat de deux ans, aime les caresses mais pas les enfants –, les candidats ont été vus par un grand nombre de curieux, confie un responsable du projet. Une fois retenue, la future famille d’adoption peut enfin rencontrer son animal au refuge.

Bonne nouvelle en France avec la naturalisation accélérée en temps de crise.Hadrian/Shutterstock.com

France: naturalisation accélérée en temps de crise

En faisant leur travail, les professionnels de la santé, secouristes, employés de magasins d’alimentation, aides à domicile et agents de sécurité et de nettoyage risquent de contracter la COVID-19. En reconnaissance de leurs services, le gouvernement français a annoncé en septembre dernier que 12 000 travailleurs étrangers bénéficieraient d’un traitement accéléré de leur demande de naturalisation grâce à un programme qui réduit à deux ans, au lieu de cinq, la durée minimale de la résidence en France. «Ces travailleurs de première ligne ont répondu présents pour la nation, a déclaré Marlène Schiap­pa, ministre de la Citoyenneté. Le pays a tenu bon aussi grâce à eux.»

Bonne nouvelle en Inde avec des aires de jeux pour enfants.Avec la permission d’Anthill Creations

Inde: vieux pneus et nouvelles aires de jeux

Chenilles, pieuvres et éléphants colorés ont fait leur apparition dans des terrains vagues dans une dizaine de villes en Inde, pour le plus grand bonheur des petits. À partir de vieux pneus et de déchets industriels (ferraille, cordes, etc.), il a été possible d’aménager des aires de jeux bon marché. Équipées de murs d’escalade et de balançoires fabriqués par Anthill Creations, à Bangalore, elles sont installées en seulement cinq jours et pour moins de 3000$, une fraction du coût habituel.

C’est en voyant les enfants d’un orphelinat jouer avec des tuyaux cassés et des jeux abîmés que Pooja Rai a décidé d’agir. Cette architecte a tout plaqué pour fonder en 2014 Anthill Creations, une ONG dont elle est la PDG. Réutiliser quelques-uns des 100 millions de pneus jetés tous les ans en Inde est une bonne idée pour l’environnement, car c’est autant de pollution en moins dans l’air – ces pneus sont normalement brûlés. Soigneusement nettoyés et peints, ils sont recyclés dans les 300 aires de jeux qu’Anthill a fait aménager dans tout le pays.

L’équipe d’Anthill comprend une trentaine de bénévoles qui s’activent à rendre les villes plus souriantes pour les enfants, à transformer les terrains vagues en espaces collectifs animés. «Les enfants inventent des tas de jeux qui stimulent leur créativité et, quand ils jouent, il y a toujours quelque chose de nouveau», se réjouit Pooja Rai.

Bonnes nouvelles au Canada: le premier sanctuaire de cétacés en Amérique du Nord.slowmotiongli/Shutterstock

Canada: le premier sanctuaire de cétacés en Amérique du Nord

On estime qu’il reste une soixantaine d’orques en captivité dans les aquariums ou les parcs marins. Certaines connaîtront bientôt les joies de la retraite. Dès 2023, le premier aquarium naturel d’Amérique du Nord pour orques sera en mesure de les accueillir dans son sanctuaire de 40 hectares situé au large de Port Hilford, un village près de Sherbrooke, en Nouvelle-Écosse. (La direction et le centre d’observation sont déjà en activité.)

Le refuge sera équipé de filets immergés afin de contenir les cétacés qui n’en resteront pas moins libres. Profond de 16 mètres, il sera 150 fois plus vaste que l’espace dont les orques disposaient en captivité. L’évaluation environnementale du plan du sanctuaire est en cours, et le site pourra un jour accueillir de six à huit cétacés.

Plusieurs géants patrouillent nos océans. Parmi ces colosses, les baleines à fanons.

Bonnes nouvelles au Kenya: un télescope itinérant pour mettre des étoiles plein la vue.Avec la permission de The Travelling Telescope Africa
«Le télescope itinérant» a jusqu’ici émerveillé 300 000 Kényans.

Kenya: des étoiles plein la vue

L’astronome Susan Murabana a grandi à Nairobi, où on n’incitait pas beaucoup les enfants à regarder le ciel. Le système solaire ne pesait pas lourd dans le programme scolaire.

Cette déception a cédé à l’émerveillement quand pour la première fois elle a pu observer Saturne et ses anneaux de glace à travers la lunette d’un télescope. Elle avait plus de 20 ans. «Voir cet objet céleste dont je n’avais qu’une connaissance livresque m’a fait comprendre à quel point nous sommes minuscules.»

En 2014, parce que l’étude de l’espace avait transformé sa vie, Susan s’est procuré avec son mari son propre télescope pour donner aux enfants la possibilité de faire cette expérience exaltante. Depuis la création de leur projet social The Travelling Telescope («le télescope itinérant»), le couple sillonne le pays pour faire connaître l’astronomie dans les écoles kényanes. Il a rencontré jusqu’à présent quelque 300 000 enfants.

Comment résister à l’attrait du télescope qui permet l’observation de la lune (succès garanti), des étoiles et des planètes? Où qu’ils aillent, c’est l’attrait principal, explique Susan. En janvier 2021, par exemple, la chanteuse Madonna, qui était de passage dans le pays, a souhaité une séance privée pour sa famille. Sur le visage de la star de la pop, Susan Murabana a vu s’épanouir le même ravissement.

«C’est une façon de rappeler qu’il y a un univers au-dessus de nos têtes et que les humains en font intrinsèquement partie, explique-t-elle. Il est là, mais on oublie de lever les yeux.»

Bonnes nouvelles aux Pays‑Bas: des cochons et des oies.Samoli/Shutterstock

Pays‑Bas: des cochons et des oies

Ils n’ont ni badge ni uniforme, mais une généreuse indemnité repas. Près de l’aéroport Schiphol d’Amsterdam, 20 cochons ont été mobilisés pour un projet pilote d’une durée de six semaines visant, à terme, la réduction du nombre d’oies percutées par les avions dans ce hub international. Les bêtes ont été installées dans un champ de betteraves sucrières entre deux pistes d’atterrissage. Leur mission? Dévorer toute forme de vie végétale qui plaît aux oies et, par leur seule présence, intimider d’autres oiseaux.

Les collisions entre aéronefs et bêtes à plumes – à Schiphol, en 2020, il y a eu 150 décès de volatiles – peuvent avoir de graves conséquences. La mission des suidés semble avoir été une réussite: aucun avion n’a percuté une oie pendant leur séjour. L’aéroport envisage d’«engager» les cochons de manière permanente dans leur programme de sécurité.

Bonnes nouvelles en Espagne: le transport en commun gratuit vaut bien une voiture.Nopphon_1987/Shutterstock

Espagne: le transport en commun gratuit vaut bien une voiture

La diminution des émissions de gaz à effet de serre et l’affranchissement de notre dépendance aux carburants fossiles sont au cœur des débats partout dans le monde. Pour encourager les modes de transport plus verts, surtout dans l’espace urbain, de nombreux pays offrent une prime à la conversion à l’achat d’une voiture électrique. La ville de Barcelone a opté pour un échange: lâchez votre voiture énergivore et profitez des transports en commun gratuits. Ceux qui acceptent ou qui se débarrassent d’un véhicule qui ne répond pas aux prescriptions environnementales bénéficient d’un abonnement gratuit valide trois ans. En plus d’être écologique, la mesure fait faire des économies et réduit considérablement le stress que crée la voiture.

Changements climatiques: bien manger pour sauver la planète.

Bonnes nouvelles aux États-Unis: des mariachis à Boston.Avec la permission de Veronica Robles

États-Unis: des mariachis à Boston

La ville de Boston, dont la culture est très irlando-­américaine, compte aussi 130 000 Latino-­Américains, soit près de 20% de sa population. Veronica Robles, chanteuse de musique de mariachi, s’y est installée avec son mari il y a 22 ans. Elle a alors découvert une communauté souffrant des effets de la fragmentation culturelle et quotidiennement en butte aux stéréotypes racistes sur la culture latino-­américaine.

«Ils avaient peur ou honte de dire qu’ils étaient Latinos», se souvient Veronica, qui est née à Mexico. Voulant encourager les immigrants du sud à retrouver leur fierté et à entretenir un lien avec leur héritage culturel, le couple a commencé à proposer dans les cantines d’établissements scolaires des cours du soir en art, en musique et en danse d’Amérique centrale et australe. En 2013, avec ses deniers, il a mis sur pied le Veronica Robles Cultural Center, qui propose une gamme de cours, du flamenco à la capoeira.

Jusqu’ici, le centre a accueilli plus de 5000 élèves, dit Veronica. De jeunes enfants aussi bien que des personnes âgées s’y sont épanouis et ont appris à mieux goûter la vie dans leur pays d’adoption.

«Ils ont plus confiance en eux et sont mieux disposés à apprendre l’anglais. Ceux qui sont sans papiers cherchent à régulariser leur situation. Ils souhaitent rester ici.»

Bonne nouvelle au Maroc avec ce refuge pour animaux.IGOR LASKI PHOTOGRAPHIE, avec la permission du SFt
Salima Kadaoui entourée de ses protégés.

Maroc: un refuge pour animaux

À Tanger, à la fin des années 1970, Salima Kadaoui était encore une enfant quand elle a fait le vœu d’améliorer le sort des animaux errants. À huit ans, bénévole auprès d’une organisation caritative dédiée aux animaux, elle a pu constater que l’absence de programmes municipaux de vaccination et de stérilisation rendait la tâche encore plus difficile. «Je rentrais chez moi en pleurant, incapable d’accepter la situation, se souvient-elle. Je me suis promis de transformer les mentalités dans mon pays.»

En 2012, après avoir élevé ses enfants au Royaume-Uni, Salima est revenue au Maroc s’occuper d’un parent souffrant. Elle en a profité pour tenir sa promesse d’enfance et fonder le Sanctuaire de la faune de Tanger (SFT). Il accueille en ce moment plus de 450 chiens, 100 chats, 48 ânes, deux sangliers sauvages, un singe, deux cigognes et une mule, entre autres bêtes. Financé par des dons, le refuge emploie 14 personnes, pour la moitié d’anciens sans-abri qui vivent aujourd’hui sur le site. Ils recueillent les animaux errants et les font stériliser et vacciner avant de les envoyer au sanctuaire.

Une bonne partie de leur temps est consacrée aux chiens: il y en a trois millions qui errent dans les villes et villages du Maroc. Avec son équipe, elle a soigné, stérilisé et vacciné plus de 3000 chiens.

Durant la pandémie, le SFT a élargi ses activités pour distribuer de la nourriture aux sans-abri et aux chiens errants de Tanger. Salima Kadaoui est persuadée que la vue des camions mobilisés pour leur venir en aide a contribué à les réunir. «Ils partageaient la même détresse, dit-elle. Aujourd’hui, davantage de gens y sont sensibles.»

En parlant d’animaux: le premier sanctuaire de cétacés en Amérique du Nord ouvrira ses portes en 2023, mais ce n’est pas la seule bonne nouvelle!

Bonne nouvelle au Canada avec ce don récent d’une île boisée vierge sur le lac Memphrémagog à l’ONG Conservation de la nature Canada.Kevstan/wikicommons
L’île Molson, sur le lac Memphrémagog.

Canada: donner une île

Peu de choses sont plus précieuses qu’une forêt vierge. C’est également vrai au Canada, qui arrive au troisième rang des pays quant à la perte de surface forestière, selon le Global Forest Watch. Mais il y a matière à se réjouir avec le don récent d’une île boisée vierge sur le lac Memphrémagog à l’ONG Conservation de la nature Canada.

Andrew Howick, un homme d’affaires montréalais, s’est en effet départi des 24 hectares de forêt qui couvrent l’île Molson. Il avait commencé à acheter des terrains sur l’île dès les années 1990, afin de protéger ses oiseaux aquatiques et sa flore diversifiée. Appuyé par des programmes offrant des avantages fiscaux, ce don mettra l’île à l’abri des promoteurs immobiliers et protégera ses milieux naturels pour les décennies à venir.

Bonne nouvelle en Angleterre avec ces dons de vêtements contre la pauvreté.22Images Studio/Shutterstock

Angleterre: des vêtements pour les réfugiées

La pauvreté s’accompagne de nombreux défis. Trier les vêtements envoyés aux points de collecte peut en faire partie. Convaincue que les réfugiées méritent plus qu’un sac de vieilles fripes, Sol Escobar, éducatrice à Cambridge et bénévole dans des camps de réfugiés à Calais, a eu une idée originale. En 2020, elle a créé Give Your Best, un site de «shopping» en ligne qui permet aux femmes dans le besoin de choisir parmi un éventail de vêtements donnés ceux qui leur plaisent. Il n’y a rien à débourser et les «achats» se font via une page Instagram. Les photos des articles sont mises en ligne par des bénévoles; les vêtements choisis sont expédiés gratuitement au Royaume-Uni. Depuis son lancement, plus de 7500 articles ont été envoyés à plus de 700 migrantes en situation précaire et demandeuses d’asile.

Bonne nouvelle avec ces deux infirmières de l’hôpital général des Philippines.MDV Edwards/Shutterstock

Philippines: l’héroïsme de deux infirmières

En mai dernier, deux infirmières de l’hôpital général des Philippines, à Manille, ont fait en sorte que personne ne soit oublié quand un incendie a gagné l’unité des soins intensifs de la maternité située au troisième étage.

Un peu après minuit, alors qu’elle donnait son bain à un nouveau-né, Kathrina Bianca Macababbad a appris qu’un incendie s’était déclaré au deuxième. Bravant les flammes, sa collègue et elle ont fait cinq voyages pour mettre à l’abri leur précieux chargement. Leur plus gros défi? Les prématurés intubés sous respirateur artificiel, que les infirmières ont dû transporter en les ventilant manuellement de leur main libre. Elles ont réussi à sauver les 35 jeunes patients que comptait cet étage de l’hôpital.

Bonne nouvelle en Italie grâce à un artiste de rue.Avec la permission de Pier Paolo Spinazzè

Italie: de la nourriture contre le racisme

Depuis 2014, le nombre de crimes haineux et d’actes racistes ne fait que croître en Italie, alimenté par les propos incendiaires des politiciens populistes par rapport à l’afflux de réfugiés et de migrants. À Vérone, on célèbre Pier Paolo Spinazzè, un artiste de rue qui se fait appeler Cibo («nourriture» en italien), pour sa riposte originale.

«Vérone est une ville magnifique, s’enthousiasme-t-il, mais elle a un gros problème avec l’extrême droite.» Lorsqu’il découvre une croix gammée ou un graffiti raciste sur un mur, il le recouvre aussitôt d’une illustration de ses mets préférés – du cupcake à la pizza.

Le résultat a deux effets positifs. Si les extrémistes couvrent souvent de peinture à la bombe les joyeuses images de nourriture de l’artiste, ce dernier s’empresse alors de repeindre par-dessus les messages haineux, et leurs auteurs finissent d’habitude par se lasser. L’autre effet positif: à travers ces œuvres, les habitants de Vérone sont alertés sur la gravité du problème. «Avant que je m’y mette, les gens s’étaient habitués aux messages et finissaient par ne plus les voir. Aujourd’hui, ils les remarquent et commencent à comprendre.»

Pour Pier Paolo Spinazzè, la nourriture est un remède naturel à la haine – un langage qui réunit les gens et les cultures. «La nourriture, c’est l’union et le partage, souligne-t-il. Nous sommes tous égaux autour de la table – tout le monde mange.»

Gladys Kalema-Zikusoka a innové pour protéger ces magnifiques primates.Jo-Anne McArthur, avec la permission de CTPH

Ouganda: elle sauve les gorilles

Il n’y a pas si longtemps, les spécialistes craignaient la disparition des gorilles des montagnes avant la fin du siècle. Ces végétariens de 100 à 150 kilos qui vivent dans les forêts des montagnes de l’Ouganda, du Rwanda et de la République démocratique du Congo font face depuis 120 ans à de nombreuses menaces – braconnage, destruction de leur habitat, maladies humaines – qui mettent en péril leur survie. Il n’en restait que 600 en 1989. Ils sont aujourd’hui plus de 1000, grâce essentiellement au travail de Gladys Kalema-Zikusoka, vétérinaire spécialisée dans les espèces sauvages.

Gladys a commencé à travailler en 1996 à l’Uganda Wildlife Authority, ce qui lui a permis de soigner des gorilles des montagnes atteints d’une forme mortelle de gale transmise par les humains vivant en lisière des forêts. «Il était impossible de protéger les gorilles sans améliorer la santé de leurs voisins humains», explique-t-elle.

En 2003, elle lance l’ONG Conservation Through Public Health (CTPH), qui s’emploie depuis à sauver les espèces sauvages en améliorant les conditions de vie et le bien-être du peuple Twa qui vit dans ces régions. L’organisation enseigne l’hygiène, la planification familiale et la sensibilisation à la protection de l’environnement. À des familles qui se tourneraient autrement vers le braconnage, l’organisation ouvre des possibilités économiques comme l’entreprise sociale de vente de café. L’an dernier, Gladys Kalema-Zikusoka a été désignée par l’ONU Championne de la Terre. «Les populations cons­tatent que nous ne nous préoccupons pas seulement des animaux sauvages et de la forêt, dit-elle, mais que nous nous intéressons aussi à eux.»

Brugia,malayi,,a,roundworm,nematode,,one,of,the,causative,agentsKateryna Kon/Shutterstock

Tchad: une autre maladie en voie de disparition

Si la variole est la seule maladie humaine à avoir été totalement éradiquée, la dracunculose, ou maladie parasitaire du ver de Guinée, aux symptômes douloureux et souvent handicapants, pourrait bien être la deuxième. La contamination se fait par l’eau stagnante où vivent les larves. Une fois entré dans l’organisme, le ver y passe une année avant d’atteindre, dans certains cas, un mètre. Il lui faut ensuite jusqu’à six semaines pour traverser la peau.

Il y a 40 ans, quelque 3,5 millions de personnes dans 21 pays souffraient de la maladie. En 1986, la fondation Carter, une ONG dont l’objectif est d’améliorer les conditions de vie dans le monde, lançait auprès de différentes populations des campagnes d’éducation sur la prévention, notamment la filtration de l’eau potable. Au Tchad, par exemple, on incitait les habitants à attacher leurs chiens lorsqu’ils se trouvaient près de l’eau.

Depuis, les infections déclinent régulièrement. La fondation n’a relevé que 15 cas en 2021 (8 au Tchad), le chiffre le plus bas jamais répertorié.

Young Carrion Crow Looking Down At A Dead Fly.(corbeau) istockphoto.com/GlobalP; (cigarette) istockphoto.com/fabphoto

Suède: des oiseaux ramasse-mégots

Christian Günther-Hanssen savait bien que les corvidés – famille d’oiseaux dont font partie les corbeaux et les geais – sont très intelligents. En 2013, alors qu’il préparait un examen à l’université de Lund en Suède, il a été distrait par des cris de corbeau. Il a alors imaginé leur apprendre à se servir d’une machine distributrice.

Il a donc conçu un engin rudimentaire pour récompenser l’oiseau ramasseur de mégots de cigarettes. Le volatile doit d’abord comprendre qu’il y a des aliments savoureux dans la machine puisqu’ils n’en sortiront que s’il dépose un mégot dans un récipient particulier.

Un projet-pilote testera bientôt cette machine dans une petite ville de Suède. Des examens réguliers s’assureront que la manipulation de mégots ne cause pas de maladies aux oiseaux, qui bénéficieront vraisemblablement d’un meilleur régime que les restes de malbouffe qui traînent dans les rues.

Recuperer Les Dechets D EoliennesSvartKat/Shutterstock

Pologne: recyclage de déchets d’éoliennes

L’énergie éolienne est plus populaire que jamais. Le Conseil mondial de l’énergie éolienne note en effet une augmentation de 53% de la capacité de production d’électricité éolienne en 2020 comparativement à l’année précédente. La technologie n’est pourtant pas entièrement écologique. Environ 10 à 15% des composantes d’éoliennes, notamment les plus vieilles pales d’hélices en plastique, ne peuvent être recyclées quand vient le temps de les remplacer. Ces «déchets éoliens» finissent plutôt dans les décharges ou désagrégés sous l’effet de la chaleur et de produits chimiques.

Anmet, une société polonaise, a lancé en 2019 une filiale qui trouve de nouveaux usages aux vieilles pales d’éoliennes. La filiale AIRchitecture conçoit des modèles uniques de bancs publics, de tables à pique-nique, de jardinières et de chaises de jardin, tous résistants aux intempéries, ainsi que des objets plus volumineux comme des auvents et des quais de pêche. Ces turbines ont peut-être fait leur temps, mais elles ont trouvé une manière élégante et utile de finir leurs jours.

Coupe De Cheveux Pour Sans AbrisAvec la permission de Joshua Coombs

Angleterre: des coupes de cheveux pour les sans-abris

En 2015, en rentrant chez lui avec sa trousse de travail, Joshua Coombs a croisé un sans-abri. Spontanément, ce coiffeur du sud de Londres a offert de lui couper les cheveux. L’homme en est sorti transfiguré, mais c’est la conversation qu’il a eue avec lui que Joshua a retenue. Le coiffeur a alors entrepris de couper les cheveux, de raser ou de tailler la barbe à d’autres sans-abris, dehors et toujours gratuitement, tout en les écoutant raconter leur vie. Ces histoires, qui l’ont beaucoup ému, il a souhaité les partager. Avec l’accord des intéressés, il a commencé à les afficher, accompagnées d’impressionnantes photos «avant et après», sur le compte Instagram @‌dosomethingfornothing.

Ses billets en ont inspiré d’autres, comme ce coiffeur en Iran et ce vétérinaire de rue au Royaume-Uni, qui offrent à leur tour des services gratuits. «Nous pouvons avancer avec le sourire et un cœur généreux, dit Joshua Coombs, plutôt que de se fermer à l’autre sous prétexte qu’il est différent.»

Iqaluit au Canada.Tudoran Andrei/Shutterstock

Canada: conserver vivante la langue inuite

Miali Coley-Sudlovenick permet aux autochtones, où qu’ils se trouvent, de rester en contact avec leur culture. Depuis janvier, cette Inuite, consultante et enseignante d’Iqaluit dans le Nord canadien, donne ses cours en ligne en inuktitut.

Bien qu’elle soit parlée par près de 40 000 personnes, cette langue est menacée par des générations de colonialisme. Enfant, la mère de Miali était systématiquement réprimandée quand elle parlait inuktitut à l’école.

L’initiative suscite l’enthousiasme, non seulement chez les membres de sa communauté mais chez des étudiants sur tout le continent nord-américain. Miali Coley-Sudlovenick espère ainsi inciter d’autres enseignants de langues autochtones à se mettre à l’enseignement virtuel.

Guy Ackermans, avec la permission de la fédération néerlandaise des fermes de soins. Guy Ackermans, avec la permission de la fédération néerlandaise des fermes de soins.
Si elles prodiguent des soins, ces fermes contribuent également à maintenir les liens sociaux.

Pays-bas: des soins à la ferme

Tous les ans, dans le monde, environ 10 millions de personnes âgées sont atteintes par une forme de démence. Et avec le vieillissement de la population, ce taux ne va cesser de croître. Grâce à ses «fermes soignantes», les Pays-Bas apportent cependant un complément novateur aux centres d’hébergement et de soins de longue durée pour aînés.

Il existe plus de 1300 de ces fermes aux Pays-Bas, dont un tiers pourvoient aux besoins de personnes atteintes de démence. Elles proposent aux aînés de passer au moins deux jours par semaine à la campagne où ils peuvent à loisir s’occuper du poulailler, cueillir des légumes ou se livrer à d’autres activités. Dans ce décor naturel, ils sont actifs et profitent du bon air tout en étant valorisés par l’interaction avec les employés et les bénévoles.

Des professionnels de la santé interviennent suivant les besoins de chacun. «Ces fermes offrent les mêmes services que dans un centre, sans le poids institutionnel», explique Maarten Fischer, directeur de la Fédération néerlandaise des fermes de soins.

Certaines fermes qui accueillent des personnes souffrant de déficience intellectuelle ou de dépendances, ou qui ont un casier judiciaire, gagnent aujourd’hui en popularité dans d’autres pays. Maarten Fischer reçoit régulièrement des appels d’organisations du Japon, de Suisse, de Corée du Sud et d’ailleurs. «Le don a un rôle important à jouer dans l’estime de soi et la guérison, mais la majorité des bénéficiaires de soins ne sont plus en mesure de donner, note-t-il. À la ferme, tout le monde met la main à la pâte.»

Récifs coralliensDamsea/Shutterstock

Polynésie française: au secours des récifs coralliens

Les récifs coralliens soutiennent au moins le quart de la vie marine; un demi-milliard de personnes en dépendent pour leur subsistance. Pourtant, environ la moitié des récifs coralliens dans nos océans sont morts ou agonisent en raison de facteurs comme la pollution et le réchauffement climatique.

Un groupe de Polynésiens s’est engagé à les restaurer. Titouan Bernicot, 24 ans, a compris dès l’adolescence que la vie marine était en train de disparaître autour de l’île de Moorea où est installée sa famille. En 2017, il a donc créé Coral Gardeners, une association qui cultive des coraux dans des jardins sous-marins, puis, quand ils sont assez forts pour survivre dans des conditions moins protégées, les replante sur les récifs qui entourent Moorea.

Coral Gardeners en a déjà replanté plus de 15 000 et prévoit atteindre un million d’ici 2025.

Entrance,to,the,zinc,and,lead,minePierluigi.Palazzi/Shutterstock

Nigeria: prévenir l’empoisonnement au plomb chez les enfants

En 2010, des centaines d’enfants sont morts ou ont été touchés par des lésions cérébrales dans l’État de Zamfara, au nord du Nigeria. Des habitants de la région vivaient d’exploitation aurifère à petite échelle et, en traitant les dépôts d’or, envoyaient dans l’eau et le sol le plomb qu’ils contenaient. Les jeunes enfants s’intoxiquaient en portant leurs mains poussiéreuses à leur bouche.

Grâce à un effort conjoint des ministères et des agences internationales mené par Médecins sans frontières, des vies ont pu être sauvées. Plus de 8000 enfants ont été testés pour une intoxication au plomb et la grande majorité a eu besoin de traitements. Les zones de déchets lourdement contaminées ont été excavées. Les mineurs de la région sont désormais formés aux pratiques moins dangereuses, comme le traitement des dépôts aurifères loin des habitations.

Les cas d’intoxication ont pratiquement disparu et aucun décès n’est à déplorer chez les enfants depuis l’année dernière.

Sandra Lowe Hopital HerissonsSandra Lowe, avec la permission de Hope for Hedgehogs

Angleterre: un hôpital pour hérissons

Les Anglais aiment tellement les hérissons que ceux-ci sont présents jusque dans le folklore et les contes. Mais leur population n’est plus qu’aux deux tiers de ce qu’elle était en 2000, selon People’s Trust for Endangered Species. L’aménagement des terres n’a cessé de perturber leur habitat. Ces créatures couvertes d’épines sont également vulnérables aux pesticides, aux parasites, aux produits anti-limaces et aux pièges à rongeurs.

Sandra Lowe, infirmière psychiatrique à la retraite de Gateshead, se porte au secours des hérissons malades ou blessés. «En plus d’être adorables, ce sont de vrais aides pour les jardiniers car ils se nourrissent de ravageurs», souligne-​t-elle. Elle a installé son hôpital en 2018 dans sa buanderie, pour donner un coup de main aux organismes de sauvetage de la région qui peinaient à répondre à la demande. Depuis, les installations ont pris de l’expansion dans d’autres locaux. Les hérissons ont besoin de médicaments, parfois d’une amputation (un vétérinaire prend le relais pour les soins spécialisés). Ils sont ensuite soignés et rééduqués avant d’être relâchés dans la nature. «Je ne pourrais rien si j’étais seule.» La retraitée compte sur des bénévoles et des donateurs. L’an dernier, ils sont venus en aide à 186 hérissons. Tous n’ont pas survécu, mais le taux de réussite est élevé. «Chaque hérisson que nous relâchons serait mort si nous ne l’avions pas pris en charge», note Sandra.

Exosquelette Du Roboticien Jean Louis ConstanzaAVEC LA PERMISSION DE WANDERCRAFT
L’exosquelette permet aux patients de se déplacer plus librement.

France: du fauteuil roulant à l’exosquelette

En Occident, une personne sur cent se déplace en fauteuil roulant, soit plus de 11 millions d’individus en Europe et en Amé-rique du Nord seulement. Le roboticien français Jean-Louis Constanza est le père de l’un d’eux. Quand il était plus jeune, Oscar, son fils de 17 ans, lui avait demandé de réaliser un robot pour l’aider à marcher. À l’époque, des entreprises fabriquaient déjà des exo­squelettes bioniques dont les handicapés profitaient. Malheureusement, ils avaient aussi besoin de béquilles pour conserver leur équilibre et couraient donc le risque de tomber. « La marche humaine et ses mouvements représentent les défis les plus com-plexes de la robotique », note Jean-Louis Constanza.

Il y a 10 ans, il s’est associé avec deux autres ingénieurs, dont l’un avait des proches atteints de la même infirmité qu’Oscar et travaillait sur un exosquelette auto-équilibré laissant les mains libres. Le trio a fondé Wandercraft et présenté un prototype fin 2016. Trois ans plus tard, l’entreprise vendait des exosquelettes à des instituts de réadaptation, dont les patients pouvaient enfin profiter des avantages de la position debout, comme une meilleure posture et moins de plaies de lit.

Soutenue par un groupe d’investisseurs, l’équipe vise désormais un exosquelette personnel qui puisse être porté à la maison ou à l’extérieur, donnant ainsi plus de liberté au sujet. «L’effort en vaut la peine. Nous voyons le sourire des gens qui se tiennent de-bout pour la première fois dans leur exo. Leur vie change en un clin d’œil.»

Douleur des femmes: les femmes sont-elles condamnées à souffrir?Quality Stock Arts / Shutterstock

États-Unis: l’école des femmes derrière les barreaux

Le taux d’incarcération des femmes est plus élevé aux États-Unis que dans n’importe quel autre pays fondateur de l’OTAN, mais on leur offre moins de programmes d’apprentissage qu’aux hommes détenus. Un nouveau groupe de l’institut de justice éducative du MIT tente de corriger ce retard.

L’année dernière, dans le cadre d’un projet-pilote appelé Brave Behind Bars, 30 femmes incarcérées dans diverses prisons de Nouvelle-Angleterre ont pu suivre en personne ou en ligne des cours d’informatique et de développement des compé-tences professionnelles.

Ces formations aideront à leur réinsertion sociale; selon un rapport de l’institut de réflexion à but non lucratif RAND, le risque de récidive des délinquants diminue de 43% s’ils prennent part à un programme éducatif.

Dans un témoignage, une détenue qui a suivi le programme a écrit: «Cela m’a aidée à croire en moi-même et en mes capacités.»

Crushed Green Water BottleISTOCKPHOTO/DEVONYU

Afrique du Sud : des écoliers traquent le plastique

Quand le directeur de création Ruben Hazelzet a déménagé des Pays-Bas en Afrique du Sud en 2016, il a été ébloui par la beauté des paysages, mais consterné par tout le plastique flottant à la surface de la mer et des cours d’eau. Chaque année, environ 79 000 tonnes de rebuts plastiques sont rejetées dans les eaux sud-africaines. Et Ruben Hazelzet a aussi découvert que le peu qu’on disait de ce problème ne s’adressait jamais aux enfants.

En 2019, il a donc inventé le héros Captain Fanplastic et élaboré un programme scolaire – baptisé chasse au trésor – pour mon-trer aux écoliers qu’ils pouvaient facilement contribuer à changer les choses. Son programme a été appliqué dans des écoles pri-maires sud-africaines et néerlandaises; depuis 2020, il est disponible en ligne. Ruben Hazelzet espère ainsi toucher 173 000 écoliers d’ici la fin de l’année 2023.

Bonne nouvelle: on peut réparer à la place de jeter!ronstik/Shutterstock

Autriche: réparer à moindres frais

Qui n’a jamais jeté une lampe ou une cafetière parce que sa réparation aurait coûté trop cher? En 2020, la ville de Vienne a lancé le Reparaturbon (bon de réparation) pour éviter ce geste. Les citoyens paient la moitié de la réparation de leurs appareils électroniques, vélos, meubles et vêtements, jusqu’à concurrence de 130$; la municipalité éponge le reste. Ce n’est pas une pre-mière en Autriche, mais la formule viennoise est plus simple : le client n’a pas à conserver la facture, à remplir un formulaire ou à attendre un remboursement.

En avril 2022, le gouvernement fédéral autrichien a créé une subvention pour la réparation des appareils électroniques qui couvre la moitié du coût jusqu’à concurrence de 260 $. Selon des projections, quand le programme se terminera en 2026, 400 000 articles devraient avoir été réparés plutôt que jetés.

Hussein Mohamud Hussein Ex Refugie Amour Foot SoccerAvec la permission de Hussein Mohamud Hussein

Angleterre: un ex-réfugié partage son amour du soccer

Hussein Mohamud Hussein est arrivé dans le sud-ouest de Londres en 1999. Il avait neuf ans et fuyait la Somalie. L’apprentissage d’une autre langue et l’adaptation à un nouvel environnement ont été durs.

Adolescent, il a vécu dans la rue et dormi dans les autobus circulant la nuit jusqu’à ce qu’un enseignant de son école lui donne le soutien dont il avait besoin. «Mon seul bonheur dans la vie, c’était de voir des gens jouer au soccer et de leur demander de m’inclure», se rappelle-t-il.

En 2016, Hussein a créé un club local de ballon rond, le Streatham FC, et a invité des enfants défavorisés à jouer. En deux ans, le nombre de membres est passé de moins de 15 à plus de 150. Devinant que les familles de ces enfants
pouvaient avoir besoin d’aide, Hussein a ensuite fondé une association charitable, la East African Association, qui offre par exemple des cours d’anglais, d’entraînement physique et de rédaction de CV.

Le financement est toujours ardu, mais les résultats sont là.

Certains des premiers membres du club sont des adolescents à présent et suivent une formation pour de-venir entraîneurs à leur tour. «Nous les avons rendus autonomes et j’en suis immensément fier.»

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Contenu original Selection du Reader’s Digest