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3 secrets de famille dévoilés

Trois émouvants témoignages de secrets de famille recueillis par notre journaliste.

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Nouveau départ

Nouveau départ

Ma mère, Jeanne, avait six ans environ lorsque sa mère Emily l’envoya, avec son frère, vivre dans une autre ville de Nouvelle-Écosse chez les parents de son mari décédé.

Elle ne la revit jamais. Ma  mère n’entreprit jamais de démarches pour découvrir ce qu’il était advenu de sa mère. Pour ma part, je souhaitais en savoir plus.

J’avais fini par trouver un contrat de mariage et un certificat de décès : Emily s’était remariée, avait fondé une seconde famille et avait vécu en Colombie-Britannique jusqu’à un âge avancé.

J’appris également qu’elle avait été l’un des « petits immigrés anglais » envoyés au Canada ; arrivée à 12 ans, elle avait connu au moins quatre familles d’accueil. Ces enfants étaient souvent considérés comme de la main-d’œuvre gratuite et pouvaient être rejetés sans raison valable. En me documentant sur les injustices que subirent ces enfants abandonnés ou orphelins, j’eus l’impression d’avoir trouvé un morceau du casse-tête. Je ne peux l’affirmer avec certitude, mais il est probable que les beaux-parents d’Emily l’aient considérée comme inférieure et poussée à leur donner ses enfants.

Je suis fière de descendre de cette femme pleine de cran, qui a dû repartir à zéro si souvent, mais qui a finalement réussi à vivre une belle et longue vie.

– Témoignage de Patricia Doherty, 52 ans, de Toronto

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Question d'identitéShutterstock

Question d’identité

Mon père avait une tante, que nous appelions « tante Meg ». Elle travaillait à Glasgow, en Écosse, et nous rendait régulièrement visite en Angleterre, où j’ai grandi.

À l’âge de la retraite, je me découvris une passion pour mon histoire familiale. J’appris dans une lettre d’un cousin vivant toujours au Royaume-Uni que mon père et le sien pensaient que Meg était en fait leur sœur aînée. « Vers la fin de sa vie, Meg le croyait aussi », écrivit-il.

Quelle nouvelle intéressante ! Papa était très attaché à Meg. Comme moi, mes frères et sœurs trouvent romantique l’idée qu’elle ait été peut-être la sœur cachée de notre père. Bien sûr, la réalité ne fut pas aussi romanesque pour ma grand-mère Annie qui n’avait que 15 ans et n’était pas mariée lorsque Meg naquit en 1897. Annie, la pauvre, demeura sans doute cachée à la maison jusqu’à la naissance du bébé, que sa mère présenta ensuite comme son propre enfant.

Sur le certificat de décès de tante Meg, la mention « irrecevable » figure à la place du prénom de la mère. Aucun proche vivant ne connaît la vérité avec certitude, mais c’est ce qui contribue à rendre la recherche généalogique si fascinante.

La mienne m’a procuré un sens profond des liens familiaux et de ma place dans le monde.

– Témoignage de Gayda Jackson, 67 ans, de Scarborough, en Ontario

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Analyses révélatrices

Analyses révélatrices

Ma décision de me soumettre à un test d’ADN a commencé à prendre forme à l’école secondaire. J’avais un emploi de pompiste à Nipigon, en Ontario, et les clients me demandaient si je faisais partie de la communauté autochtone qui vivait dans la région. Des années plus tard, un optométriste observa une ombre inhabituelle à l’arrière de mes globes oculaires. «C’est plutôt rare chez les Blancs», dit-il.

Mon père était polonais et ma mère ukrainienne, deux immigrants de première génération. Cependant, je n’ai pas été vraiment surpris, l’an dernier, lorsque les résultats d’un test ont indiqué que j’avais certainement des gènes amérindiens.

Ma mère avait 40 ans lorsque je suis né et avait déjà accouché de plusieurs enfants mort-nés. Un anthropologue en biologie de l’Université du Nouveau-Brunswick m’a aidé à interpréter les résultats d’analyse de mon ADN et a conclu que j’avais peut-être été adopté. Mes cousins de Pologne sont-ils encore mes cousins ? Dans l’espoir de trouver la réponse à cette question, je poursuis mes recherches.

Je sais cependant une chose : j’ai eu de la chance. Lorsque je séjourne à notre chalet près de Thunder Bay, je visite la tombe de mes parents une fois par semaine. Lors de mon dernier passage, je les ai remerciés de tout ce qu’ils avaient fait pour moi, que je sois ou non leur enfant biologique.

– Témoignage de Joseph Broczkowski, 68 ans, de Nackawic (Nouveau-Brunswick)