Aliments bio: en valent-ils le coût?

Quand on craint les résidus de pesticides dans les aliments, on a tout intérêt à opter pour les produits biologiques. Mais il faut savoir que ceux-ci ne sont pas nécessairement supérieurs sur le plan nutritionnel.

Aliments bio: en valent-ils le coût?

On peut désormais acheter ces produits non seulement dans des boutiques d’alimentation naturelle ou diététique, mais aussi dans les grandes et moyennes surfaces, qui en proposent une vaste gamme – fruits et légumes, mais aussi œufs, lait et produits laitiers, pain, biscuits et céréales, ainsi que viande et volaille. Les plats préparés ne sont pas en reste, tout comme la charcuterie et le vin. Bref, tout ce qu’il faut pour bien manger!

Ces produits sont vendus en général de 20 à 30 % plus cher que leurs homologues ordinaires. Malgré cela, ils sont de plus en plus consommés: selon les plus récentes enquêtes, 44 % des Français auraient acheté des produits biologiques en 2004, contre 37 % l’année précédente. Le marché augmente de près de 20 % par an (c’est l’accroissement le plus important du secteur de l’agroalimentaire). Leur place reste toutefois très modeste puisqu’ils ne représentent pas plus de 0,8 % des dépenses alimentaires globales des consommateurs.

De toute évidence, certains d’entre eux sont prêts à dépenser davantage pour des produits biologiques, qui, il faut le reconnaître, ont gagné en variété au fil des années. Mais en ont-ils vraiment pour leur argent?

Qu’entend-on par biologique?

Il ne faut pas les confondre avec les produits dits naturels ou du terroir, ou encore diététiques, ces derniers répondant à des définitions précises. Les produits biologiques, ou plus précisément issus de l’agriculture biologique, sont des denrées végétales ou animales obtenues grâce à un mode de production exempt de produits chimiques de synthèse, respectueux de l’environnement et finalement très exigeant.

Pour obtenir des produits biologiques, on ne peut employer aucun engrais chimique tel que des substances azotées, des phosphates ou de la potasse. La fertilité du sol est maintenue et améliorée grâce à des « engrais verts » (culture alternée de légumineuses, de plantes à enracinement profond’) ou encore avec des amendements organiques ou du compost. Par ailleurs, aucun produit phytosanitaire de synthèse n’est autorisé pour lutter contre les parasites ou les maladies. On doit recourir à la lutte biologique intégrée ou utiliser des préparations à base d’extraits végétaux et de substances naturelles expressément autorisées. L’emploi d’organismes génétiquement modifiés (OGM) est strictement interdit. Enfin, les animaux (vaches, porcs, volailles, agneaux) destinés à la production de viande biologique et d’œufs biologiques sont élevés en plein air, avec un vaste espace vital, nourris à 90 % au moins avec des fourrages et produits issus de l’agriculture biologique, cultivés en grande partie sur place, et ils ne reçoivent aucun antibiotique.

Les produits biologiques, qui répondent à des critères très précis doivent obligatoirement subir des contrôles rigoureux pour obtenir la certification délivrée tel qu’on peut la voir sur l’emballage.

Les aliments bio sont-ils plus nutritifs?

Beaucoup de consommateurs sont persuadés que les produits biologiques sont plus savoureux que les autres. En réalité, dans les tests réalisés à l’aveugle, les produits classiques sont souvent aussi bien notés qu’eux.

Les tenants du bio mettent régulièrement en avant la meilleure qualité nutritionnelle des produits. Pourtant, là encore, les résultats ne sont pas toujours concordants. Dans une étude récente menée en France avec le soutien de l’INRA, on note cependant que les productions biologiques ont souvent une teneur en matière sèche plus élevée (elles sont moins « forcées » et gonflées d’eau) et que leur densité nutritionnelle est supérieure: elles peuvent ainsi renfermer une plus grande quantité de micronutriments utiles, comme des polyphénols antioxydants, aux effets protecteurs avérés.

Les aliments bio sont-ils plus sûrs?

Certains détracteurs font remarquer que l’appellation «agriculture biologique» garantit, certes, le mode de production, mais non la qualité du produit final. Par exemple, en ce qui concerne les résidus, le risque de contamination par des pesticides présents dans l’environnement est évident: l’agriculture biologique ne représente encore que 1,9 % des surfaces agricoles en France! On peut toutefois être rassuré sur un point: une étude réalisée en France de 1993 à 2000, sur près de 15 000 échantillons de produits biologiques, montre que 93,7 % d’entre eux étaient totalement exempts de résidus de pesticides. Des mesures ont été prises afin de réduire encore ce taux. Ainsi, on peut considérer que les aliments biologiques ne renferment que peu ou pas de pesticides.

Ils sont également moins chargés en nitrates. C’est particulièrement sensible pour les carottes, les épinards et les laitues. Or les nitrates peuvent se transformer en nitrites, lesquels sont impliqués dans la formation de composés cancérogènes, les nitrosamines.

En revanche, il ne faut pas oublier que l’appellation « agriculture biologique » n’est pas une garantie contre les micro-organismes qui pourraient contaminer les aliments et causer des maladies: on doit prendre les mêmes précautions d’hygiène pour les utiliser et les consommer.

Conclusion

Les consommateurs qui adoptent une alimentation biologique en attendent souvent des avantages pour leur santé. Mais, à ce jour, aucune étude n’a pu démontrer encore qu’il y avait une relation de cause à effet. Cependant, pour ceux qui souhaitent manger plus sainement, avec moins de résidus, et qui veulent en même temps agir pour protéger l’environnement, l’alimentation biologique est sans aucun doute un début de solution.

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