Sélection du Reader's Digest - Sélection du Reader's Digest - Magazine Canada En Ligne : Cancer: des succès fulgurants
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Cancer: des succès fulgurants

 

par Claudia Cornwall


Grâce à des traitements novateurs très performants, on est en train de gagner la guerre contre le tueur numéro 2 au Canada.


 

En janvier 1999, Prue Boyd, alors âgée de 57 ans, apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur stromale gastro-intestinale (TSGI, ou GIST en anglais). L’infirmière de la Colombie-Britannique ne sait pas grand-chose sur ce type de cancer, mais découvre bientôt qu’elle devra s’armer de courage, car la maladie progresse rapidement. Le seul traitement possible: une opération qui a une chance sur deux de réussir. Faute de mieux, elle opte pour cette solution. Les médecins réussissent à retirer complètement la tumeur et se montrent optimistes. Mais, dès décembre, le cancer récidive et s’attaque au foie.

 

Malgré le pronostic sombre, Prue accepte de subir une deuxième opération en avril 2000. Cela n’empêche pas le cancer d’envahir son abdomen. A l’aube de 2001, on ne lui en donne plus pour très longtemps à vivre.

 

Refusant d’abandonner tout espoir, les médecins transfèrent la patiente à l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique, un centre de recherche et de traitement, où elle apprend qu’un nouveau médicament doit faire l’objet d’un essai clinique. Sans hésiter, elle se porte candidate et commence à prendre du Gleevec en juillet 2001.

 

Aujourd’hui, non seulement ses tumeurs ont diminué de volume, mais aucune autre n’a fait son apparition. “Je me porte comme un charme”, dit-elle. Maintenant à la retraite, elle jardine, fréquente le gymnase quatre fois par semaine, voyage et passe de merveilleux moments avec ses deux enfants et ses quatre petits-enfants.

 

“La rencontre entre le Gleevec et la TSGI a été le point de départ d’une histoire formidable”, commente le Dr Calvin Law, chirurgien oncologue au Centre Sunnybrook des sciences de la santé, à l’université de Toronto. Conçu initialement pour combattre la leucémie myéloïde chronique (LMC), le Gleevec inhibe la mutation génétique à l’origine de la prolifération des cellules cancéreuses de la moelle osseuse. “On a découvert que la même mutation génétique déclenchait la tumeur stromale gastro-intestinale”, explique le spécialiste.

 

Auparavant, un patient atteint d’une TSGI inopérable ou qui ne pouvait su-bir d’intervention pour des raisons de santé risquait, dans 50 pour 100 des cas, de décéder dans les 15 mois suivant le diagnostic. Grâce au Gleevec, cette personne peut allonger son espérance de vie de près de cinq ans. “On dépense souvent des milliards pour obtenir un gain de 2 ou 3 pour 100 en matière de survie, ajoute le Dr Law. Ce qui prouve combien le Gleevec est efficace.”

 

En avril 2007, on a même interrompu un essai clinique sur l’action du Gleevec lorsqu’il est pris après l’ablation de la tumeur. “Le taux de récidi-ve du cancer avait tellement diminué au sein du groupe expérimental (sous Gleevec), explique l’oncologue, qu’un comité de surveillance a estimé injuste de ne pas en faire profiter les sujets du groupe témoin (qui prenaient un placebo). On a donc prescrit le médicament à tout le monde.”

 

Le cancer n’équivaut plus à une sentence de mort, souligne Michael Wosnick, directeur général de l’Institut national du cancer du Canada. Au cours des années 1940, soit à l’époque de la fondation de l’Institut, 25 pour 100 des patients survivaient à cette maladie comparativement à 60 pour 100 aujourd’hui. “On a encore beaucoup de pain sur la planche, reconnaît-il, mais on ne redoute plus autant le cancer.” Si certaines formes restent incurables, d’autres se traitent facilement ou s’apparentent même à des maladies chroniques comme le diabète et se gèrent relativement bien. C’est le cas de la tumeur dont souffre Prue Boyd: elle peut la stabiliser en prenant du Gleevec quatre fois par jour.

 

“Ces progrès sont dus à l’adoption de modes de vie plus sains par la population, ajoute Michael Wosnick, mais aussi à une meilleure compréhension des causes du cancer, tant au niveau cellulaire que moléculaire. Nous sommes de plus en plus capables de personnaliser les soins et de concevoir des traitements spécifiques. Le temps où l’on traitait tous les types de cancers de la même façon est révolu.”

   

   

 

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