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Il faut être vigilant lorsque vous achetez des vins faits au Canada.
par Sasha Chapman
La consommation de vin au Canada a nettement augmenté au cours du dernier siècle.
À en croire la publicité, décapsuler une bière bien fraîche serait le passe-temps favori des Canadiens. Un geste quasiment patriotique.
Comme tous les clichés, celui-ci recèle un fond de vérité. L’an dernier, nous avons englouti 245 bouteilles par tête de pipe. C’est beaucoup, mais moins qu’en 1976, où l’on en consommait une moyenne de 338. D’ailleurs, en 2009, l’industrie brassicole ne représentait plus que 46 pour 100 du marché de l’alcool, contre 53 pour 100 en 1993, année où les ventes ont atteint un niveau record.
Si nous consommons moins de bière, c’est en partie à cause du vin. Entre 1993 et 2005, la consommation par personne de la première a baissé de trois litres, alors que celle du second grimpait d’environ quatre litres. En 2009, l’industrie vinicole possédait 20 pour 100 des parts du marché de l’alcool. Nous sommes en train de devenir une nation de buveurs de vin.
L’histoire de ma famille illustre cette tendance. Mon grand-père, qui a vécu dans les années 1920, prenait, paraît-il, une bière le dimanche. Quant au vin, c’était une boisson que seuls les Français buvaient. Dans les années 1970, nous le réservions aux occasions spéciales. Nous en prenions à Noël ou quand mon oncle, un homme fabuleusement riche, passait en coup de vent entre deux voyages à Salzbourg, à Londres ou à New York. Et il était invariablement importé.
De nos jours, le vin est devenu une habitude, sinon quotidienne, du moins régulière. Une tendance qui, selon les démographes, reflète l’évolution des goûts et des moyens financiers des baby-boomers.
Mais il y a autre chose: nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher le vin que produisent nos viticulteurs. Partout, des présentoirs mettant en vedette les produits de vignobles locaux sont apparus dans les magasins de vins et spiritueux, et des séances de dégustations y sont organisées.
Cependant, un vin dit «canadien» n’est pas forcément élaboré entièrement au pays. Le règlement qui autorisait les producteurs à employer une certaine proportion de raisins provenant de l’étranger est encore valide. En Colombie-Britannique, on peut élaborer un vin composé entièrement de raisins importés et le vendre sous la mention «cellared in Canada» (vieilli au Canada). En Ontario, les vignobles importés sont autorisés à 75 pour 100 de contenu canadien.
L’importation de raisins permet aux viticulteurs de réduire leurs frais, particulièrement les coûts de la main-d’œuvre, nettement plus élevés ici que, par exemple, en Amérique du Sud. Mais un tas de gens achètent ces mélanges en pensant qu’il s’agit d’un produit authentiquement canadien.
Pour s’assurer qu’on a affaire à un vin produit au pays, mieux vaut donc éviter ceux qui portent la mention «vieilli au Canada».
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