Si en haut lieu tous se disent préoccupés par cette vague de décrochages, l’aide que les jeunes professeurs reçoivent des commissions scolaires et du ministère de l’Education, du Loisir et du Sport (MELS) est, pour le moment, surtout… virtuelle.
Depuis 2005, ils ont accès au Carrefour national de l'insertion professionnelle en enseignement (CNIPE), un lieu d'échange et d'entraide sur Internet qui offre, entre autres, du cybermentorat, un forum de discussion en ligne et des ressources documentaires. Le CNIPE reçoit 80000$ par année du MELS, qui consacre aussi 10,5 millions à l'encadrement des stagiaires en formation pédagogique.
«La formation et l’accompagnement du personnel scolaire sont des priorités du plan d’action déposé en juin dernier», explique Stéphanie Tremblay, porte-parole du MELS.
La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy, songe de son côté à instaurer un système de mentorat en faisant appel à des professeurs retraités. «Mais, dit-elle, il faut d’abord que nous soyons mieux organisés.» Elle se réjouit que le MELS envisage de réduire à partir de 2009 le nombre d’élèves par classe pour faciliter l’intégration d’élèves en difficulté d’apprentissage. «Il s’agit d’une diminution appréciable de 20 pour 100!»
Sauf que ce plan d’action, qui prévoit le recrutement de 1000 nouveaux professeurs, ne touchera que «les classes des écoles les plus défavorisées du Québec» et uniquement celles des 2e et 3e cycles du primaire et de la 1re secondaire. «Il laisse quasi entière la question des balises et des limites à l'intégration», s’insurge Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.
Le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Pierre St-Germain, dénonce lui aussi ce plan d’action qui place «une fois de plus le fardeau sur les épaules des enseignantes et enseignants». L’argument selon lequel les professeurs qui ont des élèves intégrés dans leur classe auront plus de temps pour se perfectionner est pour lui une «très mauvaise nouvelle, puisqu’il laisse entendre que l’intégration massive et tous azimuts en classe ordinaire d’élèves ayant des difficultés d’apprentissage et de comportement se poursuivra et même s’intensifiera».
Selon lui, il y a d’obscures raisons économiques derrière le refus d’identifier ces élèves en difficulté: «Si l’élève n’est pas identifié, la commission scolaire n’est pas obligée de répondre à la demande de service de la part du professeur ou du parent. Elle économise ainsi de l’argent et évite les poursuites.»
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