G.M.: Sidney Crosby est arrivé pour vous épauler en 2005, et vos partisans de Pittsburgh étaient très enthousiastes. Comment êtes-vous arrivé à concilier vos graves problèmes de santé avec le hockey? M.L.: J’étais très excité à l’idée de jouer, surtout avec Sidney. Mais l’équilibre était difficile à garder à cause des épisodes de fibrillation pendant les entraînements.
G.M.: Vous avez été hospitalisé en décembre 2005. Que s’est-il passé par la suite?
M.L.: J’ai consulté un autre médecin. C’est lui qui a diagnostiqué la fibrillation auriculaire.
G.M.: Qu’est-ce qui vous a incité à prendre votre retraite?
M.L.: Ce mois-là, j’avais assisté à un repas de Noël avec l’équipe dans un restaurant de Pittsburgh. Tous les gars étaient là, avec femmes et enfants. Mais j’ai dû leur fausser compagnie au milieu du repas, car je sentais poindre un nouvel épisode. C’est ce jour-là que j’ai décidé que ma santé était plus importante que le jeu.
G.M.: Treize ans plus tôt, vous aviez annoncé à votre femme que vous souffriez d’un cancer. C’était dur de lui dire que vous aviez une autre maladie?
M.L.: Oui, mais pas autant que la première fois. Le diagnostic de cancer est terrible – pour vous-même, pour votre famille, pour vos amis. Mais plus j’en apprenais sur la FA, plus j’étais confiant. J’étais convaincu que j’allais surmonter le problème. Il suffisait de trouver les bons médecins et la bonne chirurgie. Tout dépendait de ma volonté.
G.M.: Comment vos quatre enfants ont-ils réagi?
M.L.: Pas très bien. C’était doublement éprouvant: il fallait leur dire ce que j’avais et que je devais arrêter de jouer. Ils adoraient voir papa sur la glace, surtout mon fils. Parler à mes enfants a probablement été le moment le plus difficile.
G.M.: Vous sembliez littéralement écrasé à la perspective de raccrocher vos patins. Pourtant, ce n’était pas la première fois. En quoi était-ce différent cette seconde fois?
M.L.: Comprenez-moi: j’ai grandi dans l’amour du hockey. Je voulais jouer dans la LNH et gagner la coupe Stanley. C’était terrible de renoncer à tout cela, de se dire qu’on ne sera plus capable de s’entraîner, qu’on ne retrouvera plus jamais les gars sur la glace.
G.M.: Vous n’avez pas souvent parlé de votre fibrillation auriculaire. Pour quelles raisons?
M.L.: Parce que j’essaie de protéger ma vie privée. Et parce que je voulais d’abord résoudre le problème. Ensuite, il fallait voir de quelle manière je pourrais aider les gens atteints de FA, notamment en récoltant de l’argent – comme je l’ai fait avec ma fondation pour le cancer.
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